
PISTES :
1. Solmhinärm (5:38)
2. Ersatz (8:15)
3. Bleu Cerise (7:35)
4. Ayahusca (6:07)
5. Oceane (4:00)
6. Kossmokardak (16:18)
7. La Blonde (7:22)
Pistes bonus :
8. DDar #1 (6:33)
9. DDar #2 (7:22)
FORMATION :
Didier Pégeron
(batterie, programmations, guitares [8,9])
Guillaume Fenoy
(guitares, piano [3], chant [7])
Roman Gayral
(basse, trompette et piano [3])
Sébastien Gramond
(claviers, piano, synthétiseurs, Mellotron, orgue, violon [3])
INVITÉS
Emmanuelle Cattin
(violoncelle [1])
Thierry Reocreux
(contrebasse [1])
Nicolas Janot
(direction [1])
Raphael Cartellier
(saxophones ténor et soprano, flûte, mandoline [3])
Elsa Klajnberg
(chant [7])
Olaf Schweitzer
(violon [1])
Jason Mènoc
(violon [1])
Martine Fagot
(violon alto [1])
Mathilde Chavent
(violon alto [1])
Lucie Cheveyre
(violoncelle [1])
EXTRAITS AUDIO :
4/3 DE TRIO
"Ersatz"
France - 2004
Muséa - 69:49
Sorti en 1999, Faiblesse nous invitait à découvrir une jeune et talentueuse formation iséroise (cf. BB30). Quelques mois plus tard les quatre musiciens qui la constituent se séparaient en plein enregistrement de leur second album. C'est un événement tragique, le décès accidentel du batteur Didier Pégeron en octobre 2001, qui poussera Guillaume Fenoy (guitares), Sébastien Gramond (claviers) et Romain Gayral (basse) à se retrouver pour remettre l'ouvrage sur le métier et rendre hommage à leur ami disparu.
La réalisation de Ersatz s'est donc faite en deux temps. Aux parties de basse et de batterie, captées sur bandes alors que 4/3 de Trio était encore au complet, ont été ajoutés les guitares et les claviers ainsi que divers autres instruments (cordes, vents, percussions...) tenus par des invités. Le résultat se présente sous la forme de huit compositions (de 4 à 16 minutes), assez différentes les unes des autres, et célèbre un progressif audacieux mais accessible qui pioche dans divers styles et courants musicaux. On pense ainsi souvent à Taal comme sur «Solmhinarm» et son mélange entre électrique (la guitare vigoureuse) et acoustique (les cordes). Cette référence au collectif poitevin (sans trop savoir s'il existe un lien de cause à effet entre ces deux formations) est la première qui vient à l'esprit mais la multiplicité des influences est telle qu'il est bien difficile de trouver les mots adéquats pour décrire la musique découverte ici.
Si cet album n'est pas des plus cohérents, il n'est pas désordonné au point de prendre des allures de fourre-tout. On sent que les musiciens ont cherché à donner le meilleur d'eux-mêmes, la dispersion constatée étant largement compensée par un enthousiasme peu commun. Les trois premiers morceaux de Ersatz sont riches et variés, mêlant progressif (symphonique et crimsonien), fusion, jazz, heavy rock... ; les sonorités sont chaleureuses et multiples, notamment celles des claviers, analogiques (piano, orgue Hammond, Mellotron) ou synthétiques. Une pièce de guitare acoustique fait office de calme avant la tempête, une suite de 16 minutes très musclée (on pourrait même dire aux accents 'metal'). De conception plus classique, «Kossmokardak», c'est son nom, met en évidence la virtuosité des quatre musiciens et peut-être même un peu trop. Plus de nuances et de respirations seraient appréciables dans cette course effrénée entre guitares (en tête) et claviers. Le dernier titre, plus léger et aérien, voit l'apparition du chant et s'avère être le moins convaincant... si l'on met de côté les deux bonus, compositions du batteur Didier Pégeron, sur lesquelles il malmène la six-cordes. Celles-ci, très 'brutales' et monolithiques n'ont que peu d'intérêt et leur présence n'est justifiée qu'au regard de la disparition de leur auteur.
4/3 de Trio fait un 'retour' réussi et s'inscrit dans la lignée de ces formations progressives françaises pratiquant le brassage des genres et refusant les compromis. Inspiration mélodique, maîtrise technique, audace, ferveur sont les principaux qualificatifs qui viennent à l'esprit à l'écoute de cet Ersatz. Un album de très bonne tenue, qui n'est en rien, comme son nom l'indique, un piètre produit de remplacement.
Yann CARREAU
(chronique parue dans Big Bang n°54 - Juillet 2004)


