
PISTES :
1. Save Our Souls (2:48)
2. Panem And Circensce (29:13)
3. Intermezzo (2:43)
4. Farewell To 20th Century (27:13)
5. Conclusion (10:45)
FORMATION :
Mihaly Borbely
(saxophone)
Peter Pejtsik
(violoncelle, basse, chant, claviers)
Judit Andrejszki
(chant)
Pál Makovecz
(trombonne)
Otto Racz
(hautbois)
Balazs Winkler
(trompette, percussions, claviers)
Tamas Görgényi
(chant)
Gabor Egervári
(flûte, chant)
Ferenc Torma
(guitares, basse)
György Reé
(clarinette)
Monika Szabó
(flûte)
Ferenc Szabó
(batterie, percussions)
Laszlo Koós
(chant)
Zoltan Lengyel
(piano)
Csaba Klenján
(saxophone)
Vilmos Horváth
(basson)
AFTER CRYING
"6"
Hongrie - 1997
Periferic Records - 73:44
Avec la parution, en 1996, de De Profundis, les Hongrois d'After Crying se sont enracinés durablement dans le paysage progressif. Leur manière très personnelle d'injecter à leur musique des éléments issus des recoins les plus divers de la tradition classique a su attirer un large public de mélomanes désireux d'étendre leur champ d'investigation au-delà des canons habituels du rock progressif.
Après notre rétrospective très exhaustive du n°19, il peut sembler a priori difficile de chroniquer 6 sans risquer plus d'une fois la redondance. Pourtant, ce nouvel album est loin d'être une redite de son prédécesseur : les brillants atouts dont faisait montre De Profundis, 6 les reprend à son compte tout en les développant et, mieux, en leur donnant une forme plus rock, et plus que jamais progressive.
Dès l'introduction instrumentale «Save Our Souls» (2:48), l'auditeur est mis en condition : flûte, trompette, violoncelle, percussions et cordes s'unissent pour créer une musique orchestrale capiteuse et envoûtante, où les mélodies superbement arrangées sont sublimées par la magie des sonorités mêlées. Mais ce n'est encore rien, ou presque, en comparaison de ce qui suit : la première des deux longues suites de l'album, «Panem Et Circenses» (29:13), qui est aussi son incontestable pièce de résistance.
On y découvre en effet un After Crying plus énergique que jamais, ou plus exactement un After Crying dont les énergies individuelles sont mieux fédérées que jamais, et qui prend ainsi toute sa dimension : celle d'une sorte de 'big band' progressif, où de plus les cinq musiciens du groupe (et un batteur invité) sont rejoints par une multitude inégalée d'invités, notamment une section de cuivres et un ensemble à cordes. La puissance développée, subtil mélange de sonorités acoustiques et électriques, est réellement prodigieuse et ouvre au groupe une infinité d'horizons et d'atmosphères qu'il ne se prive d'ailleurs pas d'explorer tout au long de l'album.
Soyons honnêtes : le format «suite» a ici quelque chose de musicalement artificiel. Toutefois, la cohérence qu'il revendique peut-être un peu fallacieusement, vaut à l'échelle de l'album, et distingue 6 des œuvres précédentes d'After Crying dont le côté «laboratoire», non dénué d'attraits par ailleurs, entamait parfois excessivement l'unité. Sans renoncer à varier autant que possible les plaisirs, le groupe parvient à intégrer ses appariés divers à un plan d'ensemble qui les crédibilise et les tire vers le haut.
Une autre des qualités de 6 est plus inattendue : il s'agit du chant en anglais. On a souvent dit dans ces pages que les groupes gagnaient à s'exprimer dans leur langue d'origine, il n'y a pas lieu de remettre en cause ce principe, mais After Crying pourrait bien être l'exception qui confirme la règle. Le hongrois est une langue que l'on peut trouver, contrairement au suédois par exemple (mais c'est évidemment un jugement personnel) monotone et peu expressive. Son utilisation renforçait parfois, chez After Crying, un côté un peu froid et académique. Le recours à l'anglais, outre les raisons invoquées dans l'entretien ci-contre, donne plus d'impact aux parties chantées du groupe, qui ne sont plus autant d'ennuyeux tunnels entre deux éclats instrumentaux. L'impression est d'autant plus forte que les rares occasions où After Crying renoue avec le hongrois sont deux récitatifs poétiques assez pénibles.
La seconde suite, «Farewell To 20th Century» (27:13) (le «the» a du s'égarer en cours de route...) est moins enthousiasmante que la première : beaucoup de moments forts évidemment (le contraire eût été étonnant sur une telle durée), mais l'ensemble est plus inégal, et surtout assez décousu. Peut-être à l'image de ce vingtième siècle chaotique auquel After Crying semble si impatient de dire adieu. On en retiendra cependant l'utilisation plus conséquente qu'auparavant, et très bien intégrée au style du groupe, de la lutherie synthétique, et le rafraîchissant interlude acoustique de «Enigma II» dans lequel flûte et hautbois offrent un duo plein de délicatesse.
L'album s'achève sur le bien-nommé «Conclusion» (10:45), sous-titré «hommage à Keith Emerson». Effectivement, les clins d'œil à ELP n'y sont pas rares, mais sont assez intelligemment intégrés à l'ensemble pour ne pas sombrer dans les lourdeurs habituelles de l'exercice. D'autant que le propos littéraire du morceau est plus large : une belle invitation au rêve et à l'idéalisme. La musique, signée par un Peter Pejtsik plus accessible qu'à son habitude (ses morceaux sont généralement les plus touffus, Balasz Winkler étant responsable des moments les plus mélodiques) est au diapason (classisante et symphonique), faisant de cette pièce, dont on craint d'abord la possible mièvrerie avant de savourer la majestueuse montée en puissance, une belle introduction à l'univers d'After Crying pour le profane.
Pas de doute : même s'il faudra peut-être à certains plusieurs écoutes pour se laisser totalement conquérir, 6 est bel et bien l'œuvre la plus achevée à ce jour d'After Crying. Elle est aussi, malgré certaines apparences, plus accessible qu'un De Profundis davantage imprégné d'influences modernistes et autres expérimentations, en dépit de quelques pièces plus évidentes. Bref, voici à l'évidence un pas supplémentaire et important d'After Crying vers la plénitude de son art.
Aymeric LEROY
Entretien avec Tamas GÖRGÉNYI et Peter PEJTSIK :
Avec «De Profundis», After Crying avait montré qu'il pouvait survivre sans Csaba Vedres. «6» entérine-t-il selon vous un nouveau départ ?
TG : Cela pourrait se concevoir de cette manière, mais je dirais plutôt qu'il s'agit du dernier combat héroïque auquel nous survivrons, triomphants je l'espère, sans armure et sans armes. Réaliser un album d'After Crying est toujours une entreprise à taille humaine, cela prend entre huit et dix mois pendant lesquels nous devons également mener à bien d'autres activités pour nourrir nos familles. En Hongrie, on est soit un esclave, soit un négrier, il n'y a pas de juste milieu, enfin pas encore... Nous vivons une période d'incertitude par rapport à l'avenir du groupe. Avec cet album, nous nous sommes acquittés d'une dette de près de vingt ans. Nous avons toujours voulu parler ce langage, et il est enfin, je crois, arrivé à maturité.
Pourquoi être revenus aux textes en anglais, après trois albums en hongrois ?
TG : Il y a trois raisons, indissociables les unes des autres. Nous pensons que le contenu littéraire de cet album s'adresse au monde entier, pas seulement à notre peuple. Nous voulons que nos oeuvres communiquent quelque chose, pas seulement du bruit. Et l'anglais est non seulement la langue universelle, mais aussi la langue du rock, qui est lui-même un langage universel. Il est très important pour nous que les gens comprennent exactement ce que nous essayons de leur dire. Et puis enfin, nous vendons beaucoup plus d'albums à l'étranger qu'en Hongrie, et ce n'est pas un mince argument...
Contrairement à «De Profundis» qui comprenait une multitude de morceaux de durées très diverses, «6» est bâti autour de deux longues suites d'une trentaine de minutes chacune. Comment ce choix s'est-il imposé ?
TG : Je vois «De Profundis» et «6» comme des films que nous projetons dans l'esprit de l'auditeur. Cela signifie qu'ils ont tous deux des structures et concepts très stricts. Chaque note, effet, mot ou accent doit en quelque sorte lutter pour justifier sa place sur le CD. Nous avons travaillé pendant dix mois sur «6». Les textes et les musiques se sont nourris mutuellement au cours de cette période. Je compare ce processus à la sculpture d'une statue. Au départ, vous avez un bloc de pierre. L'oeuvre finale existe en quelque sorte déjà dans la pierre. Le problème est de la libérer du matériau superflu qui la recouvre encore. La manière d'y parvenir fait l'objet d'une longue réflexion. Chaque album d'After Crying commence par être un bloc de pierre, en l'occurrence des fondements philosophiques et théologiques, dont nous extrayons la statue, l'œuvre finale...
PP : J'ai toujours souhaité, personnellement, concevoir des pièces de longue durée comme des suites ou des cycles, composés de plusieurs mouvements, et je continue à travailler dans cette direction. Mais il a fallu trouver une manière de le faire qui soit propre à After Crying, qui n'utilise pas les schémas classiques en la matière. Je ne pensais pas forcément que ce serai possible, et je crois que l'existence de ces suites doit beaucoup à Tamas. C'est lui qui visualise immédiatement les liens thématiques possibles entre différentes sections. Et ces liens ne sont pas uniquement de nature musicale.
«6» sonne davantage comme un travail de groupe que «De Profundis» ou «Fold Es Eg» où alternaient toutes sortes de configurations instrumentales. Est-ce l'illustration d'une plus grande cohésion au sein d'After Crying ?
TG : Quand nous commençons à travailler sur un album, ce n'est jamais avec des idées de cet ordre en tête. Certes, nous expérimentons, mais plutôt chacun de notre côté. Quand il s'agit de faire un disque, l'expérimentation n'a selon moi plus sa place. C'est un peu comme la chirurgie, quand on fait des essais, c'est d'abord sur des animaux, pas directement sur les hommes. Lorsque nous incluons une pièce pour piano seul, ou un duo hautbois-violoncelle, sur un album, ce n'est jamais par simple souci d'originalité ou de nouveauté, mais parce que nous voulons créer quelque chose de vrai, d'authentique et de cathartique. L'originalité d'After Crying est l'émanation d'une pensée, d'une approche et de goûts collectifs. Et cela dure depuis bientôt dix-huit ans...
Pour ce qui est de la cohésion du groupe, je dirais qu'elle évolue de façon inversement proportionnelle au nombre de cheveux sur nos têtes... Plaisanterie mise à part, plus nous vieillissons, plus nous devenons avisés et sceptiques et, j'espère professionnels. C'est surtout le cas depuis que nous sommes cinq. Il y a toujours des conflits, des désaccords sérieux, mais nous pouvons en discuter de façon plus honnête que jamais auparavant. Nous sommes tous conscients qu'After Crying est quelque chose qui nous dépasse, individuellement. C'est une 'créature' qui est plus que la somme de ses parties...
Les textes et le chant jouent un rôle important dans After Crying. Pensez-vous que la musique ne peut pas parfois se suffire à elle-même ?
TG : A l'exception d'«0verground Music», je ne crois pas que nous ayons jamais mis trop de chant dans nos albums. Sur «6», neuf titres sur quatorze font intervenir la voix humaine sous une forme ou une autre. Nous ne pouvons pas imaginer un album d'After Crying sans chant ou textes. En tant que groupe, nous ne sommes pas intéressés de faire une musique purement instrumentale. Selon moi, la musique instrumentale est l'oeuvre d'un seul compositeur. L'absence de voix humaine ne peut se justifier que par la solitude. Qu'une personne seule ne parle pas n'a rien d'anormal, mais une collectivité silencieuse évoque pour moi une conspiration...
Toujours au sujet du chant, pourquoi ne pas faire appel plus souvent à l'excellente Judit Andrejski ?
TG : Je suis sûr que la voix de Judit apparaîtra sur tous nos albums futurs, la sienne ou celle d'autres chanteuses, mais je ne pense pas qu'une chanteuse puisse avoir sa place au sein d'After Crying au-delà d'un morceau ou deux de temps en temps. Un groupe de rock fonctionne comme une communauté structurée et régie d'une manière dont les femmes ont souvent du mal à s'accommoder. Faire la musique que nous faisons s'apparente à une guerre, et sans doute est-ce davantage dans la nature des hommes de partir au combat. Une femme dans After Crying serait un peu comme une femme au milieu d'un champ de bataille. La voix féminine, lorsque nous l'utilisons, ne représente jamais le sexe féminin en tant que tel, mais plutôt un ange...
On entend sur certains titres de «6» un ensemble à cordes. Comment est née cette collaboration ? Est-elle vouée à se poursuivre, par exemple sur scène ?
TG : Nous avons toujours fait appel à divers musiciens additionnels, instruments à vent, cuivres, quatuor à cordes etc. Pour «6» nous avons monté un ensemble à cordes plus conséquent, mais nous n'avons pas encore eu l'occasion de l'avoir avec nous sur scène. Évidemment, nous n'avons qu'une envie, c'est de donner des concerts avec un orchestre symphonique, ou au moins un orchestre de chambre complet, mais pour des raisons évidentes d'ordre financier, ce n'est pas possible pour l'instant...
Cet album voit également After Crying utiliser de façon plus poussée l'électronique, ce qui est assez nouveau. Est-ce également quelque chose que vous souhaitez approfondir ?
PP : Si vous voulez dire utiliser des sons et des moyens jamais utilisés jusqu'ici par After Crying, alors je vous réponds oui, définitivement oui. C'est ce que nous avons toujours essayé de faire depuis que le groupe existe. Si vous ne parlez que de l'électronique, je ne peux rien vous répondre de définitif, car c'est quelque chose que nous ne contrôlons pas vraiment. Nous essayons d'utiliser tous les moyens à notre disposition pour nous exprimer, à condition que nous soyions capables de les 'apprivoiser'. Expérimenter avec des rythmes rap ou techno, un orchestre symphonique ou de la poésie grecque antique, nous le faisons et cela peut parfois donner un bon résultat, comme «Modern Idok» sur l'album précédent mais souvent cela reste au stade d'expérimentations et ne s'intègre pas dans notre musique. Nous espérons faire des choses plus acoustiques, et aussi plus électroniques, à l'avenir. Nous avons déjà de nouveaux morceaux que nous jouons en concert mais qui n'ont pu être intégrés à l'album. Quoi qu'il en soit, vous, comme nous d'ailleurs, serez sûrement surpris par les futurs albums d'After Crying...
L'une des deux longues suites de l'album s'intitule «Adieu au vingtième siècle». Le quittez-vous sur une bonne impression ?
TG : Pas vraiment, pour être honnête. Nous ne sommes que moyennement sensibles à ce que ce siècle a pu apporter à notre civilisation. Nous avons l'impression que celle-ci est en train de mourir car elle a perdu ses fondements éthiques. Partout dans le monde, les gens se sentent coupable car ils se sont détournés de Dieu et ont laissé s'installer cette ploutocratie. Le monde a été très près de disparaître à plusieurs reprises au cours de ce siècle. Nous ne pensons pas que ce soit le cas aujourd'hui, mais ce n'est pas impossible. Nous aimons vivre dans ce monde, mais c'est chaque jour plus difficile, et nous ne voyons pas vraiment de changement positif à l'horizon. Nous espérons donc un miracle du vingt-et-unième siècle, tout en faisant de notre mieux pour empêcher le monde de continuer dans cette direction qui nous mène tout droit au désastre.
Lors du dernier festival progressif de Budapest, vous avez pu jouer avec John Wetton. Pouvez-vous nous raconter cette rencontre ?
TG : Il a donné un très beau concert solo, s'accompagnant à la guitare acoustique, en 'guest star' du festival. Il nous a impressionnés à bien des points de vue. Nous avons joué avant lui, puis après sa prestation nous sommes revenus pour jouer «Starless» avec lui. Il est arrivé la veille du concert, a donné quelques interviews, et nous a rejoints dans notre petite salle de répétition. Il était très fatigué et, comme nous, pas très à l'aise. Il a choisi l'une des deux basses qui traînaient par là, car il avait eu la même à une époque. Lui et le groupe ont commencé à jouer «Starless». Au début, il était très nerveux, mais au bout de quelques minutes il avait retrouvé ses marques et s'est mis à sourire. Une fois le morceau terminé il a dit que c'était bon, que ça suffirait pour le lendemain. Le festival lui-même ne s'est pas très bien passé à cause du temps. Il n'avait pas plu à Budapest depuis un bon mois, pas une goutte. Mais pendant les trois jours du festival, ça n'a pas arrêté ! Entendre John chanter «Heat Of The Moment» dans ces circonstances avait un côté amusant. Peter a failli jouer un morceau avec lui, mais pour les mêmes raisons ce ne fut pas possible. Mais ce fut un grand privilège de rencontrer un artiste hors du commun comme lui.
Je crois que vous n'avez pas eu la même chance avec Keith Emerson...
TG : Effectivement. Grâce à votre aide précieuse, nous avions pu rentrer en contact avec Will Alexander, le manager et technicien de Keith. Malheureusement, la rencontre n'a pas pu avoir lieu comme prévu. Lors de la balance, Will nous a donné à chacun un 'pass' pour la soirée après le concert, mais il n'a pas su nous dire où elle se déroulerait. Le concert fut superbe malgré une sonorisation très moyenne. Puis nous sommes allés attendre là où Will pensait que se déroulait la soirée. Nous avons attendu, attendu.,. Et puis rien. Nous sommes rentrés chez nous très déçus. Quelques jours plus tard, nous avons appris qu'elle avait en fait eu lieu à l'hôtel où était descendu le groupe, et que nos badges nous auraient bel et bien permis d'y aller. Quelle déception !
Comme sur les morceaux inédits du double CD «Elso Evitzed», le batteur présent sur «6», Ferenc Szabo, est un invité. Pensez-vous reprendre un jour un membre permanent à ce poste ?
TG : Intégrer un nouveau musicien au groupe est un processus très difficile, et je pense qu'il est très difficile pour un musicien de s'intégrer à After Crying. C'est même presque impossible maintenant, car les racines du groupe remontent à près de vingt ans.
PP : En dehors de cela, nous avons en commun des idées très précises sur la musique et l'art en général. Je ne veux pas dire que nous sommes d'accord sur absolument tout, mais que nous avons une base commune pour traiter les problèmes qui se posent à nous. Il est difficile de décrire exactement quelles sont ces idées, même d'un point de vue musical, ce qui explique d'alleurs pourquoi nos albums sont si différents les uns des autres.
TG : Après le départ de Laszlo Gacs, nous avons donné quelques concerts avec Bela Ferge, qui a joué sur certains titres de «Elso Evitzed», mais ce n'était que temporaire. Nous avons ensuite cherché un batteur pour jouer sur «6», et nous en avons finalement trouvé un particulièrement expert et talentueux, Ferenc Szabo. Il a fait du très bon travail, et nous jouons avec lui depuis, en invité. Mais je ne peux pas dire si c'est voué à durer...
PP : Devenir membre d'After Crying est, comme l'a dit Tamas, un processus complexe et souvent long. Mais d'un autre côté, si vous consultez les crédits de nos albums, vous verrez que des noms reviennent régulièrement parmi les invités, et que certains musiciens collaborent avec nous depuis sept ou huit ans. C'est une autre manière de faire partie d'After Crying. Et parfois un invité peut intégrer l'équipe permanente, comme ce fut le cas par le passé avec Balasz Winkler.
Quels sont maintenant les projets d'After Crying ?
TG : Eh bien, nous sommes un peu épuisés après avoir enregistré plus de trois heures de musique nouvelle au cours des deux dernières années, tout cela en plus de nos autres activités... Nous avons quelques concerts de prévus en Hongrie au printemps, et nous sommes invités au festival progressif de Rio de Janeiro qui se déroulera cet été. Notre seul véritable projet, en dehors de cela, est de trouver quelques jours pour nous retirer tous les cinq dans un endroit calme et paisible, pour discuter de tout sauf de musique, et boire autant de whisky et de bière que possible ! Malheureusement, je crains fort que ça ne soit pas possible...
(chronique et entretien parus dans Big Bang n°24 - Janvier/Février 1998)

