BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques


PISTES :

1. Anthem Of The Seventh Day
2. The Promised Land
3. Sword Of Goliath
4. Holy Spirit Fire
5. Psalm 61
6. What Kind Of Love
7. The Highway
8. Forever I Am
9. On The Threshold Of Eternity

FORMATION :

Randy George

(guitares électrique et acoustique, claviers, basse, bodhran)

Wil Henderson

(chant, basse, flageolet)

Dan Lile

(batterie, percussions)

INVITÉS

Rick Wakeman

Neal Morse

Phil Keaggy

Jeremy Cays

Lisa Green

AJALON

"On The Threshold Of Eternity"

États-Unis - 2005

Threshing Floor - 69:09

 

 

Ajalon est un lieu cité dans l'Ancien Testament, que ce trio américain a délibérément choisi comme patronyme. Il s'agit en effet d'un groupe chrétien qui ne fait pas mystère de son prosélytisme. Les titres des morceaux parlent d'eux-mêmes : la Terre Promise, l'épée de Goliath, le feu du Saint-Esprit, Psaume 61, Je suis éternel... Si le bassiste et chanteur Will Henderson et le batteur Dan Lile sont des noms qui ne vous diront rien, il n'en est pas de même pour le guitariste et claviériste Randy George, complice de Neal Morse pour Testimony et One. On retrouve d'ailleurs l'ancien leader de Spock's Beard au chant sur le plus long titre. Parmi les autres invités et camarades de foi, figurent également le chanteur et guitariste Phil Keaggy (de One) et Rick Wakeman en personne ! Bien sûr, si nous vous entretenons de cet album dans nos colonnes, c'est qu'il présente tout de même un intérêt pour les amateurs de progressif.

La musique proposée est d'une grande limpidité, du fait d'une production soignée, et l'ambiance globale est joyeuse, communicative. Les musiciens sont également très professionnels, comme le démontre d'emblée l'instrumental «Anthem Of The Seventh Day», à la guitare électrique flamboyante, accompagnée d'une flûte celtique du plus bel effet. Cependant, les autres morceaux sont des chansons, et la plupart présentent des structures finalement assez classiques à base de couplets et de refrain. Ces derniers sont d'ailleurs percutants, ce qui rapproche Ajalon d'un prog-FM de luxe, avec des arrangements bien développés de basse, piano, etc. («The Promised Land», «Sword Of Goliath», «What Kind Of Love» ou l'acoustique «The Highway»). On peut également déceler les influences d'un Kerry Livgren en solo (avec des parties instrumentales étoffées et des soli de guitares fréquents) ou du Yes des années 80 pour l'aspect vocal.

Mais un titre comme «What Kind Of Love», qui évoque le massacre du lycée de Columbine, prend une toute autre dimension avec les deux soli successifs de Wakeman, d'abord au Minimoog, puis à l'orgue électronique dans une veine proche des Six Wives Of Henry VIII. De même, les deux dernières compositions, «Forever I Am» (10 minutes) et le titre éponyme (16 minutes) présentent des architectures plus variées, ce qui les rapproche des œuvres de Neal Morse. Passages de guitare acoustique, ampleur progressive à travers le piano et les claviers (au son très «emersonien» sur «Forever I Am»), chaleur vocale, font de ces morceaux des moments fort agréables, nourris d'une relative et partielle langueur mais atteignant quelques moments de très haute intensité. Signalons qu'un dixième titre bonus est une reprise (sans génie particulier) de «You And Me» des Moody Blues. Abstraction faite des textes, Ajalon, marriant avec brio accessibilité et profondeur instrumentale, vous apportera donc un réel contentement musical...

Jean-Guillaume LANUQUE

(chronique parue dans Big Bang n°59 - Octobre 2005)