BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques

About Time pochette

PISTES :

1. Between The Lines (8:47)
2. For Bumble (13:21)
3. Pandora (6:09)
4. The Enemy Within (12:13)
5. Children Of The Night (8:33)

FORMATION :

Huw Lloyd-Jones

(chant)

Ian Hodson

(claviers)

Simon Rogers

(guitare)

Ralvin Thomas

(basse)

Mark Hall

(batterie)

EXTRAITS AUDIO :

ALSO EDEN

"About Time"

Royaume-Uni - 2007

Autoprod. - 49:05

 

 

La mouvance néo prog n'en finit décidément pas de témoigner de son incroyable et inépuisable vitalité, et on a du mal à recenser la totalité des combos qui officient dans ce créneau. Also Eden fait partie des derniers arrivés sur la scène britannique, et risque malheureusement, en dépit de son talent, de manquer quelque peu d'originalité pour réussir à se distinguer. Sa formation est tout ce qu'il y a de plus classique : un guitariste, Simon Rogers, un claviériste, Ian Hodson, un bassiste, Ralvin Thomas, un batteur, Mark Hall, et un chanteur, Huw Lloyd Jones.

Quant à sa filiation, elle n'est pas difficile à identifier, tant les années 80 sont mises à l'honneur, aussi bien en ce qui concerne les sonorités des instruments que pour certains plans («Between The Lines» reprend ainsi un accord présent sur le Script For A Jester's Tear de Marillion). Outre le groupe de Fish, on pense donc à IQ, Aragon et à Pallas, essentiellement du fait de la proximité du timbre de Jones avec celui d'Alan Reed. Pour autant, dans ce créneau particulièrement balisé, Also Eden réalise un travail relativement méritant, en choisissant, plutôt que des morceaux calibrés et aux durées concises, de se risquer à l'exercice des longues suites : deux des cinq titres tournent ainsi autour des treize minutes, les trois autres affichant près de huit minutes en moyenne.

Globalement, ce sont les claviers qui se révèlent les plus convaincants, avec quelques soli de moog comme on les aime, mais également de bien jolies introductions instrumentales, que ce soit sur «Between The Lines», ambiance space rock à la Ayreon, ou pour «The Enemy Within», avec sa légère brise de Mellotron. Simon Rogers privilégie quant à lui des envolées lyriques et atmosphériques, ponctuellement plus rageuses, mais sans parvenir à égaler le feeling d'un Steve Rothery ou d'un John Mitchell. De même, les mélodies portées par Jones sont assez inégales, les couplets s'avérant trop souvent superficiels, à la différence de quelques thèmes isolés qui dégagent davantage de souffle (le final de «For Bumble» ou le refrain du plus dynamique «Children of the Night», avec même une dose de double grosse caisse !), et on pourrait occasionnellement lui reprocher de laisser trop peu d'espace aux séquences purement instrumentales.

En fait, le principal problème d'Also Eden, en dehors de son absence assumée d'innovation, tient à un caractère trop sage, trop en retenu, fade, pour tout dire, et l'on aimerait voir ce que donnerait la formation à l'épreuve de la scène. Sans doute faudra-t-il viser, pour un second effort studio, à enrichir les arrangements, à densifier l'inspiration et à doper la production, un peu plate, avec un mixage pas toujours bien équilibré (les chœurs sont par exemple trop en retrait). Reste cependant un album agréable, qui saura sans aucun doute procurer de bons moments aux inconditionnels de néo prog.

Jean-Guillaume LANUQUE

(chronique parue dans Big Bang n°67 - Automne 2007)