BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques

Quentadharkën pochette

PISTES :

1. Hsieh (7:30)
2. La Ultima Expedicion (4:50)
3. Encantamiento (2:50)
4. Tierra Boreal (9:03)
5. La Espiral (7:53)
6. Alumbrado (1:37)
Quentadharken:
7. Los Origenes (5:05)
8. Los Hechos (3:08)
9. La Batalla (4:17)
10. Final (4:41)
11. Coda (4:20)
Pistes bonus :
12. Labirintos de Piedra (5:25)
13. Bocins de L'Emporda (3:40)
14. Venus Antigua (3:20)
15. Amos del Aire (3:14)

FORMATION :

Robert Santamaria

(claviers, instruments orientaux, harpe, guitare acoustique, percussions, accordéon)

Carlos Gallego

(guitare électrique, percussions)

Marta Segura

(chant)

Mireia Sisquella

(saxophones)

Manel Mayol

(flûtes)

Robert Abella

(violon)

Pau Zanartu

(batterie)

Alan Chehab

(basse)

INVITÉS

Victor Estrada
(guitare Espagnole)

Kerstin Kokocinski
(hautbois)

Luis Blanco
(vibraslap)

EXTRAITS AUDIO :

AMAROK

"Quentadharkën"

Espagne - 2004

Muséa - 71:15

 

 

Déjà présenté à plusieurs reprises dans les pages de Big Bang, ce groupe catalan mené de main de maître par Robert Santamaria (lui-même d'origine vénézuélienne) signe déjà son sixième album. Et à l'instar de mon camarade Olivier Cruchaudet qui signait la chronique de leur précédent opus (Mujer Luna, voir numéro 48), je ne tarirai pas d'éloges sur eux. Car en dépit d'un nom mal choisi (la référence à Mike Oldfield n'est guère représentative, et il y a toujours le risque de les confondre avec le groupe Polonais, également très prolifique, mais dans un genre bien différent), Amarok propose une musique en tous points enthousiasmante et cette formation mérite assurément d'être plus connue qu'elle ne l'est actuellement.

Tout comme ses plus proches prédécesseurs, Quentadharkën (qu'on peut traduire par «chanson des ténèbres vaincues») offre un festival de fusion ethnique et rock, avec quelques pointes de jazz et un résultat très progressif dans l'esprit et dans la forme. Le premier morceau illustre parfaitement ce constat. La richesse instrumentale et la diversité de l'inspiration sont impressionnantes, et l'énergie et la vitalité débordent à chaque seconde. Il faut dire qu'Amarok est constitué de six musiciens et une chanteuse (excellente, et qui s'exprime en espagnol), plus cinq invités, et tout ce beau monde aime visiblement jouer, souvent tous en même temps. En plus des habituels instruments du rock (guitare, basse, batterie), on note du saxophone (je ne suis pas un fervent adepte de cet instrument, mais ici, j'avoue que toutes ses interventions sont excellentes !), des claviers, diverses percussions, de l'accordéon (tous ceux-là pris en charge par le leader de la formation, vraiment un talentueux touche à tout), et de la flûte, du hautbois, du violon ou encore de la guitare espagnole.

Les titres (au nombre de 15, de 1:37 à 9:03) alternent ou mélangent passages acoustiques et électriques, calme et emportement, musiques traditionnelles (inspirées des cultures hispaniques, arabes et même plus orientales) et puissance du rock. L'inspiration se maintient tout au long de l'album à un très bon niveau, mais on doit à la vérité de signaler qu'une certaine baisse de régime intervient tout de même sur la longueur, et notamment en fin d'album. En fait, il semble qu'Amarok (tout comme c'était le cas sur l'album précédent) maîtrise encore mal la construction d'un album. Dommage en effet de conclure sur plusieurs pièces assez courtes et à dominante acoustique, alors que l'album part sur les chapeaux de roue dès l'introduction. Peut-être faudrait-il raccourcir un peu (71 minutes, c'est sans doute un peu trop long), et surtout mieux agencer les pièces les unes par rapport aux autres.

Mais qu'à cela ne tienne, je m'en voudrais de ternir le tableau plus que de raison. La musique inscrite sur Quentadharkën est suffisamment prenante pour ne pas s'arrêter trop longtemps sur ces petits défauts, plus formels qu'autre chose. Amarok mérite, si ce n'est déjà fait, un large détour. Voilà de la musique pour se réchauffer le cœur et le corps en attendant l'hiver !

Christian AUPETIT

(chronique parue dans Big Bang n°55 - Octobre 2004)