
PISTES :
1. Periscope (6:11)
2. In The End (4:58)
3. The Hidden Riddle (5:51)
4. Going Under (6:27)
5. The Cage Of Me (7:08)
6. No Guidelines (6:23)
7. Inner circle (7:03)
8. Iskenderun (5:30)
9. Blink Of An Eye (12:29)
10. Chameleon Carnival - Live! (5:12)
FORMATION :
David Fremberg
(chant)
Johan Reinholdz
(guitares)
Fabian Gustavsson
(basse)
Thomas Lejon
(batterie)
Martin Hedin
(claviers)
ANDROMEDA
"Chimera"
Suède - 2006
Replica Records - 59:04
Depuis son premier album, Extension of the Wish, suivi par II = I (voir les n°42 et 50 de Big Bang), nous vous avons dit tout le bien que nous pensions de ce groupe de hard-prog d'un haut niveau technique, qui n'échappait pas à une certaine aridité mais possédait a priori tous les éléments pour s'imposer parmi les grands du genre. Chimera est donc le troisième opus du groupe, et à l'image du titre choisi, signifiant aussi bien une légende qu'un monstre, il présente deux facettes, cette fois plus harmonieuses que jamais : ambition instrumentale et accessibilité mélodique. Ce dernier point est d'autant plus soigné que les neuf morceaux sont tous des chansons dynamiques, dotées de refrains parfois facilement mémorisables mais au potentiel de séduction inégal : un des meilleurs exemples de solidité harmonique est l'excellent «Periscope», mais on peut également citer «Going Under» et «In The End», presque un tube ! Bien que la voix de David Fremberg ne fasse pas partie des plus marquantes du genre, elle assure convenablement en étant en outre parfois modifiée («Going Under») et secondée par des chœurs («The Hidden Riddle»), si ce n'est que le groupe parvient difficilement à maintenir cette qualité sur tout l'album.
Ce côté plus immédiat s'accompagne néanmoins toujours de nombreux breaks et d'amples développements instrumentaux («Inner Circle»), au premier rang desquels il convient de citer les soli respectifs du claviériste Martin Hedin et du guitariste Johan Reinholdz, aux instruments bien équilibrés, qui évitent globalement l'écueil du nombrilisme. Ce dernier n'hésite pas à ralentir le rythme pour davantage de lyrisme («No Guidelines»), et troque même occasionnellement sa guitare électrique pour une acoustique (sur le doux «The Hidden Riddle»), un changement bien agréable. De même, Martin Hedin diversifie légèrement ses sonorités de claviers, et propose une introduction planante tout en finesse sur «Inner Circle». La section rythmique n'est pas en reste, avec un travail très fouillé du batteur Thomas Lejon, qui se démarque à lui seul très clairement d'un heavy metal stéréotypé. Même si la production de Martin Hedin, toujours d'une remarquable clarté, a tendance à demeurer un peu trop froide, l'impact émotionnel de Chimera est supérieur à celui des deux précédents disques.
Si chaque titre mérite le détour, il faut faire une mention particulière à «The Cage of Me», dont les huit minutes, introduites par quelques délicates notes de guitare, contiennent une des séquences vocales les plus musclées de l'album et des parties instrumentales avec quelques arrangements inattendus (sons de castagnettes), et surtout à «Blink of an Eye», aussi lourd que contrasté, avec de vrais moments paisibles, et qui se termine par un long et pur passage de piano. De même, «Iskenderun» et ses accents légèrement orientaux surprend en partie, même si la suite renoue très vite avec du Andromeda plus prévisible, tout comme la ballade «The Hidden Riddle», aux délicats arpèges. Chimera, très bon album de hard-prog, devrait suffire pour faire admettre à tous ceux qui n'en étaient pas encore convaincus qu'Andromeda fait définitivement partie des plus grands, en dépit de la progression du chant qui n'est pas encore le principal point fort du groupe : reste à voir si sur scène, la chaleur est un peu plus présente qu'en studio...
Jean-Guillaume LANUQUE
(chronique parue dans Big Bang n°61 - Avril 2006)

