BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques

Par les Fils de Mandrin Live pochette

PISTES :

1. Par Les Fils De Mandrin (5:12)
2. Au Café Du Colibri (7:32)
3. Ainsi S'En Ira La Pluie (8:49)
4. Autour Du Feu (5:07)
5. Saltimbanques (3:41)
6. Des Yeux Couleur D'Enfant (4:55)
7. Atlantis - Les Géants De La Troisième Lune (7:11)
8. Hymne A La Vie (I. Cantique/II. Procession/III. Hymne) (13:28)
9. Touchez Pas A Mon Ciné (6:49)
10. Gargantua (6:00)
11. Le Bal Des Laze (7:56)
12. Jusqu'Où Iront-ils ? (7:46)
13. Culinaire Lingus (5:27)
14. Benoît Solo (2:58)
15. Quasimodo (12:55)
16. Les Grands Espaces Bleus (9:32)
17. Docteur Man (5:26)

FORMATION :

Christian Décamps

(chant, claviers, guitare acoustique)

Tristan Décamps

(chant, claviers)

Caroline Crozat

(chant)

Hassan Hajdi

(guitares)

Thierry Sidhoum

(basse, guitare acoustique)

Benoit Cazzulini

(batterie)

ANGE

"Live Tour 2003-2004.
Par les Fils de Mandrin" (DVD)

France - 2006

Muséa - 120mn

 

 

En dehors du doublé chroniqué dans le numéro 49 de Big Bang et qui illustrait, l'un des concerts des années 70 et du Zénith de 85, l'autre un spectacle complet de la tournée Sève qui Peut, le plus célèbre groupe de progressif français avec Magma n'avait curieusement pas fait l'objet d'édition en DVD. C'est désormais chose faite, et ce live enregistré en Belgique le 8 novembre 2003, au début de la tournée consacrée à la relecture de l'album Par les Fils de Mandrin (voir le compte-rendu du concert d'Epinal dans le n°56), est l'occasion d'immortaliser enfin l'actuelle formation angélique, une des meilleures techniquement toutes époques confondues. Si l'image n'est pas d'une qualité exceptionnelle, avec de surcroît une caméra qui n'est pas toujours où il faut au bon moment (certains soli de guitare passent ainsi à la trappe), le son très clair rachète ce petit défaut. De plus, le jeu de lumières s'avère particulièrement soigné et réussi.

Musicalement, tout est très bien en place, la section rythmique spécialement active et Hassan Hajdi délivrant toujours des soli de guitare éclatants. Quant au chant, si Christian Décamps n'a plus sa voix d'antan et les possibilités de variation afférentes, se trouvant parfois limité, il est secondé à merveille par Caroline Crozat (qu'on peut rapprocher en partie, dans le domaine de la variété, de Liane Foly). Le résultat est extrêmement séduisant sur «Au café du colibri», «Touchez pas à mon ciné» ou sur le final impressionnant du classique «Hymne à la vie». En ce qui concerne les titres joués ce soir là, le gros morceau est bien sûr l'intégrale de Par les Fils de Mandrin, avec de nombreux effets de mise en scène (le clown triste de «Ainsi s'en ira la pluie», la fête de «Autour du feu») et des versions alternatives très attractives, comme un «Atlantis» légèrement moins mystique et pompeux, plus axé ici sur un clavier volubile, œuvre du talentueux Tristan. C'est d'ailleurs le fils de Christian qui est la vedette de son désormais classique «Bal de Laze», sur lequel il témoigne à la fois de son feeling au piano et de sa sensibilité remarquable au chant; chacune de ses interventions vocales est d'ailleurs émouvante, et il se livre même à un échange amusant avec la guitare d'Hassan Hajdi sur la fin de «Quasimodo». En dehors de ce clin d'œil à l'album A propos de..., les seules autres citations des années 80 sont donc l'extrait sus-cité de Moteur ! et «Les grands espaces bleus», beau témoignage en l'honneur des années glorieuses du groupe et de ses fans, dans une version menée de voix de maître par Tristan, Christian et Caroline assurant les chœurs. Le reste de la sélection, outre le préhistorique «Docteur Man» en énergique rappel, est plus récent : «Quasimodo», tiré de 3ème Etoile à Gauche, et pas moins de trois extraits de Culinaire Lingus, alors le dernier disque en date. On trouve donc «Gargantua», peu convaincant ici, l'inquiétant «Jusqu'où iront-ils ?» et le morceau éponyme. Il faut y ajouter un sympathique solo du nouveau batteur, Benoît Cazzulini. Si ce concert est globalement de bonne facture, on regrettera néanmoins d'une part l'absence du moindre bonus (en dehors du concert en 5.1), et d'autre part la non inclusion d'un second DVD proposant un concert plus ancien de la même formation...

Jean-Guillaume LANUQUE

(chronique parue dans Big Bang n°61 - Avril 2006)