BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques


PISTES :

1. The Abbey (2:23)
2. Conference (2:54)
3. Sheaps And Goats (15:19)
4. 1327 (11:06)
5. The Cross ... (1:23)
6. And The Rose (5:43)
7. Exile (5:20)
8. Season Song (4:23)
9. Leviathan (7:24)

FORMATION :

Claudio Cepeda

(basse, guitare acoustique, chœurs)

Ricardo Lima

(claviers, guitare acoustique, chant)

Frederico Paulo (Fredinho)

(batterie, percussions)

Zé Lima

(guitares électrique et acoustique)

INVITÉS

Marco Aurêh
(flûtes)

Alex Frias
(basse synthétiseur [8])

Ricardo Lima
Alex Frias
Claudio Cepeda
(chœur grégorien)

ANIMA DOMINUM

"The Book Of Comedy"

Brésil - 1999

Autoprod. - 56:26

 

 

Si je vous précise d'entrée que The Book Of Comedy est parfaitement produit et bénéficie d'un emballage formel du meilleur goût (superbe pochette, et livret non moins), vous allez vite effectuer une première déduction : ce CD n'a pas été édité par le label PRW... Si j'ajoute que la section rythmique officiant sur cet album fait preuve d'une grande légèreté et d'une parfaite assise, vous risquez maintenant d'imaginer qu'Anima Dominum n'est finalement peut-être pas d'origine brésilienne...

Trêve de  plaisanterie, The Book Of Comedy possède bel et bien des atouts qui le distinguent de bon nombre d'albums provenant du même pays. Et outre ceux précédemment cités, le brio dont témoigne le guitariste se doit également d'être avancé pour faire de Anima Dominum une formation de tout premier plan. Ah oui, précisons que celle-ci est l'émanation (et plus encore le prolongement artistique) de Anima, groupe qui avait publié deux albums jusqu'alors et dont on retrouve ici deux membres. Ces derniers (Zé Lima et Frederico Paulo) tiennent d'ailleurs à préciser qu'il ne s'agit pas d'un simple changement de nom, mais réellement du début d'une nouvelle phase pour le groupe. Et nous pouvons nous réjouir de cette évolution. : sympathique formation au départ, Anima Dominum est devenue un élément incontournable du paysage progressif actuel.

Je vous parlais tout à l'heure des qualités découvertes sur The Book Of Comedy, sans mentionner les claviers qui sont pourtant à la base du symphonisme si emblématique des contrées latines. Ceux-ci sont loin d'être mauvais, mais s'avèrent légèrement en retrait par rapport à la guitare, flamboyante croyez-moi. Leurs apparitions sont donc moins fréquentes, notamment en solistes (car le nappage des compositions est bel et bien omniprésent). Néanmoins, chacune des mises en vedette des claviers est pleine d'à-propos, et il suffit d'écouter le langoureux mellotron œuvrant sur «1327» (11:06) pour rendre caduque toute velléité de critique un tant soit peu négative...

The Book Of Comedy a donc toutes les chances d'être l'album symphonique (plus proche par exemple des sinuosités de Tempus Fugit que de l'évidence mélodique de Dogma) de cet automne. Car même si le chant semble parfois un peu languissant, Anima Dominum (aussi à l'aise dans l'acoustique - piano, flûte... - que l'électrique) l'inclut avec brio dans le concept choisi (l'album est inspiré du «Nom De La Rose» de Umberto Eco, j'allais oublier de le dire). Au point que le raffinement et la force mélodique de l'œuvre apparaissent inébranlables, pour l'auditeur féru de symphonisme certes mais pas seulement. Un peu moins flamboyant que Nexus, mais peut-être plus varié, Anima Dominum prend à son tour la direction de la catégorie 'révélation de l'année'. Bravo !

Olivier PELLETANT

(chronique parue dans Big Bang n°32 - Octobre 1999)