
PISTES :
1. a) Overture b) Once Upon a Time
(8:21)
2. Sunrise (9:17)
3. Crossroad (7:57)
4. Nothing (3:42)
5. Temptation (4:40)
6. Escape (10:30)
7. Still got my Faith in You (4:02)
8. Solution (7:26)
9. Nothing Comes Everything (8:06)
10. Final (13:00)
FORMATION :
Vartan Mkhitaryan
(chant, guitares, percussions)
Alexey Bildin
(basse, chœurs, saxophones)
Oleg Sergeev
(claviers, chœurs)
Andrey Golodukhin
(batterie, chœurs)
APPLE PIE
"Crossroad"
Russie - 2007
Mals - 76:28
Les Russes viennent de prendre une sérieuse avance sur tous les autres pays quant à la maîtrise du clonage. Les brebis ou autres animaux ? Enfantin ! Les bébés humains ? Ridicule ! Non, ce que les Russes de Koursk sont parvenus à faire, c'est à cloner un groupe de musique en totalité ! Si vous ne me croyez pas, précipitez vous sur cette galette. Apple Pie est en effet la réincarnation parfaite (merci au dieu de Neal !) du Spock's Beard d'antan. Avec une production qui égale quasiment celles de leur inspirateurs, Vartan Mkhitaryan (chant et guitare), Alexey Bildin (basse, chœurs et saxophone, poste qu'il occupe également au sein de Little Tragedies), Oleg Sergeev (claviers et chœurs) et Andrey Golodukhin (batterie) réalisent un premier (!!) album qui véhicule la même énergie, la même bonne humeur, le même esprit positif que les Américains. Et la proximité va plus loin, puisque les sons des instruments sont également très proches, batterie et claviers en tête. Quant aux lignes vocales et au chant, ils évoquent par moments le grain de celui de Neal Morse, souligné de temps en temps par quelques choristes féminines. Enfin, l'architecture de Crossroad ressemble fort par endroits à celle de disques entrés désormais dans l'histoire du prog : ainsi, on a droit à une entrée en matière, «The Begining», qui débute par une ballade acoustique avant d'embrayer sur un long développement instrumental de plusieurs thèmes emboîtés distillant des ambiances contrastées, et le disque se termine avec la dite ballade, exactement comme pour Snow !
Mais que ces nombreux points communs ne vous dissuadent pas d'écouter la mixture de ces jeunes russes, car le résultat est au moins aussi bon que leurs modèles, avec une générosité qui ne peut que faire plaisir ! La majorité des titres atteignent ou dépassent les huit minutes, à l'exception de deux jolies ballades et d'un morceau qui sonne comme du Deep Purple cuivré, sans oublier la présence d'un instrumental d'une durée aussi longue ! «Escape», «Sunrise» et autre «Final» mêlent pop, jazz rock, hard et progressif vintage avec une assurance confondante. De quoi apprécier plus encore les performances des musiciens, tant les séquences instrumentales sont nombreuses. Le batteur possède un groove communicatif, et son aisance comme sa volubilité sont partagées par le guitariste, à l'aise aussi bien dans le blues rock que dans un registre plus musclé, dont chaque intervention fait mouche, tandis que le claviériste se pose en parfait émule de Rick Wakeman en diversifiant ses instruments (piano, moog, orgue hammond). Quant au sens de la mélodie et du lyrisme, ils ne font pas défaut, loin de là, même si à l'écoute de l'ensemble, le tout l'emporte sur les parties. Bien sûr, en dehors de l'originalité réduite, on peut également faire quelques reproches mineurs à Apple Pie : chœurs moins techniques que ceux de Spock's Beard, une basse au rendu moins fort, un manque d'arrangements orchestraux... Mais ce serait là faire la fine bouche, car le sentiment dominant ne peut être qu'une joie admirative de la part des amateurs du style ! Alléluhia !
Jean-Guillaume LANUQUE
(chronique parue dans Big Bang n°66 - Été 2007)

