BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques


PISTES :

1. Sane (4:27)
2. Sit Back Down (6:36)
3. Veins (4:02)
4. System (4:02)
5. Fold (4:38)
6. Lights (18:29)
7. I Will Fade (3:09)
8. Headlights (3:32)
9. Programmed (5:45)
10. Black (2:52)
11. Taste Of Blood (4:34)

FORMATION :

Pollard Berrier

(chant)

Danny Griffiths

(guitare, basse)

Darius Keeler

(claviers)

MUSICIENS ADDITIONNELS

Dave Penney
(guitare, chant)

Maria Q
(chant)

Steve Harris
(guitare)

Pete Barraclough
(guitare)

Dom Brown
(guitare)

Mike Hurcombe
(guitare)

Smiley
(batterie)

Matt Martin
(batterie)

Lee Pomeroy
(basse, Mellotron)

Steve Watts
(orgue Hammond)

Adrian Northover
(saxophone alto)

Phil Walton
(saxophones ténor et bariton)

Caroline Hall
(trombone)

Glen Gordon
(trompette)

Jane Hanna
(cor)

ARCHIVE

"Lights"

Royaume-Uni - 2006

Warner - 62:09

 

 

Après le sublime You All Look The Same To Me en 2002, Noise avait été une demie-déception deux ans plus tard, en emmenant le groupe vers une musique trop froide et clinique, et presque dénuée de la beauté diffuse qui faisait précédemment tout son attrait. Ce constat, visiblement partagé avec moi par le duo fondateur Dan Griffiths et Darius Keeler, a abouti au départ du chanteur Craig Walker (c'est lui qui voulait durcir le son), et Archive revient donc avec un album situé à mi-chemin entre son second opus Take My Head et le troisième mentionné plus haut.

Cela tombe bien, puisque chacun dans son genre est une petite merveille. Lights reprend ainsi les bases très pop de l'un (les entêtants «Sane», «System» ou «Programmed») et, plus encore, les vagabondages symphonico-planants de l'autre. Passés maîtres dans l'utilisation de multiples claviers vintage d'une autre époque (orgue et Mellotron en tête), nos deux compères ont fait cette fois très fort. Certes, l'épique «Lights», avec ses 18 minutes, n'atteint sans doute pas la profondeur et la richesse de son alter-ego «Again» sur You All Look The Same To Me, mais quel sublime thème répétitif (basé sur quelques notes seulement - rappelez-vous que les Pink Floyd en ont fait beaucoup des comme ça eux aussi...), quelle superbe progression lancinante, et quel magnifique hommage (encore !) à Ennio Morricpne sur la fin du morceau. Et ce son ! Le délicat jeu percussif, toujours dans la partie finale, est une merveille à écouter !

Mais plusieurs autres titres sont tout aussi bons même si leur durée revient à des «normes» plus en vigueur chez le commun des mortels : «I Will Fade», chanté par Maria Q (de retour dans le groupe) est une merveille de douceur ; «Headlights», une somptueuse chanson d'amour baignée de grandioses nappes de mellotron ; «Taste of Blood», conclusion de l'album au parfum nostalgique, qui culmine sur une lente montée d'orgue et de cor... hélas coupée brutalement (auraient-ils eu peur de sonner «trop beau» ?). Et les titres restants sont à la croisée des chemins, tel «Black» au début robotique et irritant mais qui se poursuit ensuite sur un thème lyrique et mélancolique, ou «Sit Back Down», chanson pop au début qui mue en planerie floydienne à la fin...

La voix des deux nouveaux chanteurs (Pollard Berrier pour l'essentiel, et Dave Penney sur deux titres) est excellente, moins grave et plus dans la mouvance pop que ne l'était celle de Walker. Et les invités sont redevenus très nombreux (instruments à vent, cuivres, en plus des instruments typiques du rock). Lights fait donc joliment oublier la parenthèse Noise, et apparaît même au final comme un album plus constant dans la qualité que You All Look The Same To Me.

Je rêvais de mélodies dans ma dernière chronique (allez la relire dans le numéro 53), ils m'ont entendu ! Si vous aimez les claviers symphoniques, la beauté de thèmes épurés et n'êtes pas fermés au monde de la pop, Archive, le plus français des groupes anglais, est un «must».

Christian AUPETIT

(chronique parue dans Big Bang n°62 - Été 2006)