
PISTES :
1. Morning Song (7:07)
2. Coming Back To Life (4:41)
3. The Eye Of The Storm (12:53)
4. It Struck Me Every Day (3:35)
5. Crossing the Bar (5:42)
6. When Night Is Almost Done (16:53)
FORMATION :
Fabio Zuffanti
(basse, guitares électrique et acoustique)
Roberto Rigo
(claviers)
Simona Angieloni
(chant)
Pierpaolo Londo
(batterie)
Carlo Barreca
(flûte)
Fabio Centarini
(guitare électrique)
ARIES
"Aries"
Italie - 2005
Mellow records - 51:30
Fabio Zuffanti a peut-être trouvé la solution pour «gagner» de l'argent avec le progressif malgré les faibles ventes générées habituellement par notre genre musical de prédilection... Sa recette ? Publier à tour de bras des albums avec différentes formations offrant tout autant de styles distincts. Cette attitude pourrait évidemment être mal perçue si le talent de Zuffanti n'était pas ce qu'il est, à savoir étonnant et multiforme. Le bonhomme apparaît ainsi comme l'égal des plus grands musiciens passés et actuels du mouvement progressif. Au point qu'en découvrant la présentation de ce premier album d'Aries sur le site de Mellow Records («L'album de 2005. Un véritable chef-d'œuvre !»), je n'ai pas douté une seule seconde que cette audacieuse affirmation puisse être vrai...
Fabio Zuffanti, quelques semaines seulement après avoir participé au somptueux opus de Finisterre, côtoie une nouvelle fois les plus hautes sphères progressives en composant la totalité des six morceaux (de 4 à 17 minutes) de Aries. Album d'obédience anglo-saxonne, ce dernier transcende le style visité par des groupes comme feu Karnataka, Iona ou Mostly Autumn, s'engageant dans un symphonisme altier et fécond en rebondissements. Altière, la musique du présent opus l'est assurément, ne serait-ce que par le charme gracile du chant de Simona Angioloni, dont la voix n'est pas sans rappeler celle de Joanne Hogg (Iona). Néanmoins, c'est au niveau des parties instrumentales, nombreuses et jouissives, que Aries prend une dimension inespérée. Nous voilà ainsi confrontés, outre les références évoquées plus haut, à un progressif doublement «camélien», celui de Harbour Of Tears pour certaines ambiances «irlandaises» (évoquant un folk atmosphérique) et de Dust And Dreams pour la puissance mélodique et l'ambition instrumentale. Evidemment, Aries ne renie pas ses racines latines, et offre à ses compositions un souffle épique et baroque typique de l'Italie progressive. Accessible mais ambitieuse, la musique ciselée de Aries, faite de solos ébouriffants (guitares et claviers) et de séquences plus pastorales, démontre une nouvelle fois combien le courant progressif est riche de ses diverses ramifications.
Que dire de plus ? Il est bien évidemment possible de prendre chaque morceau et d'en décrire les atouts (et ils sont nombreux !). Mais ce serait forcément biaiser l'impression d'ensemble que laisse l'écoute de ce superbe Aries; une impression de plénitude tant au niveau du bonheur procuré que de la cohérence de cette œuvre qui pourrait bien, en effet, s'avérer l'une des plus réussies de l'année en cours...
Olivier PELLETANT
(chronique parue dans Big Bang n°57 - Avril 2005)

