BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques

Arilyn - Virtual Reality

PISTES :

1. Beta (0:47)
2. Chaos (5:51)
3. Rise ‘N’ Sorrow (6:05)
4. Reality (8:05)
5. Run (5:24)
6. Fall From Here (5:12)
7. Unreal (6:24)
8. Break Out (5:29)
9. Time Went Backwards (5:51)
10. Virtual Reality (6:23)
11. Encourage Me (8:00)

FORMATION :

Christian Külbs

(chant, basse)

Jürgen Moßgraber

(claviers)

Jürgen Kaletta

(guitare)

Christof Doll

(batterie)

ARILYN

"Virtual Reality"

Allemagne - 2006

Quixote - 63:37

 

 

Arilyn est une jeune formation d'Outre Rhin, déjà auteur d'un album en 2002, Tomorrow Never Comes, qui nous avait alors échappé. Si ce premier effort discographique célébrait de manière assez mitigé le genre du space rock, ce nouvel opus n'en garde plus que certains atours pour délivrer une musique plus proche du néo prog le plus classieux. Dix compositions (plus une introduction aérienne de moins d'une minute) sont au menu de Virtual Reality, toutes très bien mises en valeur par une production de grande classe. La section rythmique est dynamique et assurée, en particulier la batterie, mais le gros de l'instrumentation réside dans la guitare, qui suscite la pulsion très rock, voire hard, de l'ensemble, et les claviers, qui tissent un accompagnement extrêmement présent et délicat, à base de sons très spatiaux (ils sont ainsi essentiels à la mélodie de «Rise'n'Sorrow» ou à l'intérêt de «Time Went Backwards»).

Mais ce qui joue pour beaucoup dans l'ancrage néo progressif de cette galette, c'est le chant de Christian Külbs, également bassiste : malgré certaines limites, son timbre se révèle attachant, et décline avec brio une structure relativement calibrée, avec des refrains qui font mouche. Cette efficacité, qui ne rime pas pour autant avec facilité (sauf peut-être sur «Run», «Encourage Me» et «Break Out», à la section instrumentale peu convaincante), rapproche Arilyn de leurs compatriotes de Sylvan. Comment résister en effet aux prenants «Chaos», à «Fall From Here» qui, malgré un début poussif, révèle ensuite son cœur mélodique, ou au soutenu «Unreal», au refrain imparable et à l'excellente envolée de clavier ?

Outre le soin particulier apporté aux arrangements, les soli présents, lyriques à la guitare, mais surtout au clavier («Run», «Fall From Here», «Virtual Reality»...), donnent un surcroît d'intérêt à bien des compositions. Le sommet, dans cette optique, est «Reality», avec ses huit minutes de chant doux amer et sa séquence instrumentale illuminée par un solo de saxophone endiablé. Certes, toutes les compositions ne possèdent pas la même force, et le quatuor possède encore une marge de progression. Toujours est-il qu'avec ce Virtual Reality, Arilyn s'impose avec évidence et fluidité comme un représentant lumineux du néo prog avec qui il faudra désormais compter.

Jean-Guillaume LANUQUE

(chronique parue dans Big Bang n°62 - Été 2006)