BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques

Alter Ego pochette

PISTES :

1. Gamma (0:45)
2. Take Off (6:10)
3. A Secret Wish (5:29)
4. Carpe Diem (6:51)
5. Wish That I Was Special (4:45)
6. Controlling (3:21)
7. When Worlds Collide (6:57)
8. Wake Me Up (3:38)
9. Alter Ego (4:57)
10. Again (5:15)

FORMATION :

Christian Külbs

(chant, basse)

Jürgen Moßgraber

(claviers, vocoder)

Jürgen Kaletta

(guitares)

Christof Doll

(batterie, percussions)

EXTRAITS AUDIO :

ARILYN

"Alter Ego"

Allemagne - 2007

QuiXote - 48:13

 

 

Deux ans après Virtual Reality, un second album intéressant, sans être incontournable (voir la chronique dans notre n°62), le groupe allemand remet le couvert et en offre, avec cet Alter Ego fort bien nommé, la suite logique, voire prévisible. Le style honoré est en effet exactement identique, et on y décèle globalement les mêmes points forts et les mêmes faiblesses. Arilyn mêle toujours avec dextérité des mélodies plutôt néo prog - sur les refrains en particulier - à des arrangements plus musclés, tirant vers le hard prog, le tout largement lardé de tranches floydiennes, guère éloignées de ce que peuvent faire leurs compères de RPWL.

Les soli de guitare sont planants, parfois un peu trop économes («Take Off»), tout comme certaines introductions ou passages instrumentaux : la séquence centrale de «Carpe Diem», avec ses vocalises, sa guitare plaintive et son orgue Hammond bien appuyé, est un modèle du genre; on pense entre autre à certaines compositions de Pendragon ou d'Ayreon. L'énergie déployée est communicative, avec une batterie dynamique juste comme il faut, la moelle mélodique palpable, aussi bien pour les titres balancés que pour les ballades, et les accompagnements de claviers à coloration space rock, aux teintes variées (années 70 et 80, essentiellement, avec quelques touches électro en prime), apportent quant à eux une profondeur certaine. L'évanescent «A Secret Wish» ou le calibré «Controlling» et son thème principal à la fois aérien et conquérant, peuvent difficilement laisser indifférent, possédant même un certain potentiel commercial.

Toutefois, le chant de Christian Külbs, généralement efficace, se révèle parfois à la limite de la justesse. L'ambition instrumentale est également mesurée, le clavier ne s'accordant ainsi que de modestes soli, et le passage orientalisant sur le titre éponyme demeure une initiative isolée. C'est aussi en cela qu'Arilyn reste dans la sphère d'un néo progressif relativement calibré, en ayant toutefois réussi à réunir un public de fans. Un quasi instrumental de près de sept minutes est cependant présent : «When Worlds Collide», réminiscent du Eloy époque Metromania, ne possède que deux vers au vocoder, et voit se succéder une séquence rythmée puis un interlude plus atmosphérique, avant un substantiel solo de claviers. On aimerait donc voir dans l'avenir ce que donnerait le groupe avec des objectifs accrus...

Jean-Guillaume LANUQUE

(chronique parue dans Big Bang n°67 - Automne 2007)