
PISTES :
1. Shadows From The Past
2. Me, Myself And I
3. Human Being
4. Restless Sleep
5. From Father To Son
6. Resurrection
7. Circles
8. Rebirth
9. Hear My Words
FORMATION :
Titta Tani
(chant)
Emanuele Casali
(claviers)
Andrea Casali
(basse, chant)
ASilvio D'Onorio De Meo
(guitare)
Filippo Berlini
(batterie)
EXTRAITS AUDIO :
ASTRA
"About Me : Through Life And Beyond"
Italie - 2006
Burning Star Record - 52:52
La veine percée il y a une quinzaine d'années par Dream Theater est loin d'être épuisée, au vu du nombre de nouveaux disciples apparus l'an dernier. A côté des Polonais de Sandstone et de T.A.O., ou des Brésiliens de Thessera, Astra est un quintette italien, qui a commencé à jouer ensemble dès 2001, sous la forme d'un groupe uniquement instrumental. Seul rappel de cette période, le court «Restless Sleep», qui propose une interprétation sympathique et enlevée, sur un mode plus électrique, d'un thème classisant. C'est avec le recrutement de Titta Tani, vocaliste du groupe DGM (combo de hard-prog néo-classique), que la formation acquiert son line-up définitif. Pour ce premier album, nul doute n'est en tout cas permis quant à l'influence majeure d'Astra, Dream Theater, à tel point que quelques morceaux hésitent entre l'hommage direct et la copie («Resurrection» et «Circles» évoquent ainsi en partie le doublé «The Mirror» / «Lie» d'Awake, disque dont About Me... est le plus proche).
Reste qu'on ne peut nier au groupe de le faire avec un grand professionnalisme et une production assez proche de celle des Américains (la basse n'est ainsi pas assez mise en valeur). Titta Tani porte en particulier avec un certain brio des refrains plaisants, soulignés par des chœurs très clairs : si son charisme n'égale pas celui d'un Russel Allen, il se rapproche de ce dernier par sa capacité à passer d'un registre agressif et éraillé à un autre plus proche de Mark Boals et autres ténors néo-classiques («Me, Myself and I» flirte d'ailleurs avec ce dernier genre). Le guitariste Silvio D'Onorio De Meo et le claviériste Emanuele Casali délivrent également des prestations de qualité, en duo ou en solo, sans en faire trop, servis par des arrangements percutants et racés. Les séquences instrumentales sont bien sûr souvent assez techniques, mais elles parviennent à produire un bon rendu mélodique, légèrement emphatique.
«Resurrection» est ainsi une réussite des plus probantes : après une ouverture à l'ampleur assurée par les claviers, on passe successivement par des vocalises gutturales appuyés sur des riffs lourds, et des lignes de chant plus aériennes, le tout étant brisé par une délicate partition de piano (ce dont Casali se fend trop rarement), sans oublier un solo de guitare lyrique pour le final. Un maniement des contrastes qu'illustrent également bien «Rebirth» ou «Hear My Words», et qui évite l'écueil de l'ennui. Le côté plus romantique du Théâtre du Rêve n'est pas négligé non plus, comme en témoigne la ballade «From Father To Son», aux atours orchestraux, tout à fait digne de figurer à côté d'un «The Answer Lies Within». Notons à ce propos qu'une dixième piste cachée propose une brève chanson piano - voix qui aurait pu être étendue en une jolie ballade. Un bien bon album dans le genre, savamment dosé, mais qui séduira surtout les amoureux de Dream Theater. On ne peut dès lors que conseiller à Astra de développer davantage les éléments plus personnels de son style (quelques influences jazzy ou électro, entre autres) pour donner la pleine mesure à des capacités techniques indéniables.
Jean-Guillaume LANUQUE
(chronique parue dans Big Bang n°65 - Avril 2007)


