
PISTES :
1. The Rising Of The Black Sun (5:44)
2. The Weirding (15:27)
3. Silent Sleep (10:41)
4. The River Under (8:41)
5. Ouroboros (17:23)
6. Broken Glass (3:45)
7. The Dawning Of Ophiuchus (5:29)
8. Beyond To Slight The Maze (11:36)
FORMATION :
Richard Vaughan
(guitare, Mellotron, echoplex, chant)
Conor Riley
(Mellotron, arp odyssey, orgue, guitare, chant)
Stuart Sclater
(basse)
David Hurley
(batterie, percussions, flûte)
Brian Ellis
(guitare, Moog, chant)
EXTRAITS AUDIO :
ASTRA
"The Weirding"
États-Unis - 2009
Rise Above Records - 78:48
Astra, version californienne, à ne pas confondre avec Astra, groupe de métal prog italien !
Ce début de chronique me rappelle quelque chose mais je ne sais plus quoi. Nevermind, comme disait Kurt. A propos de ce premier album d'Astra et de ses longues envolées symphonico-cosmico-psychédélique, la voix de la sagesse cosmique a dit un jour qu'il s'agissait d'une «œuvre, sans concession ni complexe, ne pouvant assurément laisser indifférents tous les membres de notre communauté musicale». Si je ne suis pas toujours complètement en phase avec toutes les paroles qui viennent du Cosmos, je souscris pleinement à celles concernant The Weirding. En plein dans le mille. Mais comment pouvait-il en être autrement ? Qui d'autre que l'écho du Cosmos pouvait il nous parler avec une telle justesse de la musique en partie « cosmique » d'un groupe appelé Astra ? Big Bang peut être ! Mais ne vous méprenez pas : dans symphonico-cosmico-psychédélique, il y a aussi symphonico. Donc dans Pink Floyd-Hawkwind-Grobschnitt, il y a aussi Barclay James Harvest (parfois, pris d'un doute vertigineux, pour ne pas dire cosmique, je me demande si je suis bien clair dans mes propos).
Reprenons : BJH, oui mais pas celui lénifiant et grand public de «Berlin». Davantage le BJH des premiers albums, guitares en fusion, plus hurlantes (fuzz et wha-wha) que lacrymales.
Mais non ! Reprenons depuis le DEBUT ! Bon, alors voilà : Astra... San Diego, Californie... Richard Vaughan (guitares, vocaux), Conor Riley (guitares, claviers con mucho Mellotron y Moog, vocaux), Stuart Sclater (bass)... ensemble depuis 2001... rejoints en 2006 par le batteur (et flûtiste ?!) David Hurley et un sorcier de la guitare psyché, Brian Ellis... The Weirding (2009), premier album très prometteur... communauté musicale pas indifférente du tout..., belle pochette d'inspiration Roger Dean... ce qui, associé à une sympathique et très explicite allusion au yessien Tales From Topographic Oceans (sur le morceau «Beyond To Slight The Maze») nous fait entrer de plein pied dans la cour des grands. Des grands élèves, pas encore en mesure de dépasser les maîtres, ça oui ! Avec ses clins d'œil à des groupes phares des seventies à la pelle, son style rétro, ses principales influences prog (Pink Floyd 69) ou moins prog (Black Sabbath 70) pas toujours bien digérées, une production un peu écrasée, touffue (sans parler du son de batterie, back to 1970), ses longues chevauchées semi-improvisées, parfois à la limite de la sortie de route, et qui gagneraient certainement à être écoutées en concert (substances prohibées en option), ses thèmes comme la mort et l'introspection (sic), à coup sûr The Weirding ne risque pas de nous laisser indifférents. Pour l'unanimité, c'est moins sûr. Adoration sans coup férir pour certains (l'album a reçu jusque là un excellent accueil critique), risque de rejet total à prévoir pour d'autres. Choisis ton camp camarade ! En cas de rejet, fais le sans méchanceté car la méchanceté ne serait qu'un témoin de ton impuissance stérile à changer le cours des choses.
Ce disque est comme il est (tautologie), quelques défauts, plein de qualité. Pour ma part, je choisis le camp des «j'accroche bien» : Œuvre truffée de pièges psychédéliques (inversion musicale, renversement de thème, mélodie qui descend chaque fois que le thème original monte etc), remplie de références mélancoliques (merci aux Mellotron, Arp Odyssey et autres claviers vintage) comme si de temps en temps, une modulation, un silence, une note tenue, nous disait : «je renferme un message dédié au passé glorieux du rock progressif; découvre-le». The Weirding m'a tout de suite séduit par son aspect ludique et décomplexé (cf. la parole cosmique, plus haut). Tous ses effets, produisant de bonnes vibrations dans l'air, semblent peut être un peu bizarre au début mais quand on s'y habitue, on finit par les trouver tout à fait naturels pour ne pas dire modernes, et quoiqu'il en soit, doux et apaisants, procurant une tranquille lucidité.
Alain SUCCA
(chronique parue dans Big Bang n°73 - Septembre 2009)


