
PISTES :
1. UFO (6:26)
2. Smog Alado (4:11)
3. Miragem (4:54)
4. Pássaro De Luz (2:28)
5. Caño (1:59)
6. Último Entardecer (9:29)
7. Controvérsia (1:57)
8. Depois do Fim (6:31)
9. Mirante Das Estrelas (6:11)
FORMATION :
Jane Duboc
(chant)
Márcus Moura
(flûte, accordéon)
Mario Neto
(guitares écoustique et électrique)
Mr. Paul
(percussions)
Delto Simas
(basses acoustique et électrique)
Marco Verissimo
(batterie)
Sergio Villarim
(claviers)
EXTRAITS AUDIO :
BACAMARTE
"Depois Do Fim"
Brésil - 1983
Rarity - 44:31
Le réseau progressif, bien que souterrain, bénéficie aujourd'hui d'une organisation qui, à défaut d'être professionnelle, n'en est pas moins d'une grande efficacité. A notre niveau, celui de la presse spécialisée, la bonne circulation de l'information est une nécessité; et, ô bonheur, impossible objectivement de dire que ce n'est pas le cas ! En ce qui concerne les nouveautés (issues des nations phare de notre mouvement), il nous est désormais assez facile (sauf cas très précis et récurrent de labels introvertis...) de glaner les dates de parution et de préparer en conséquence des chroniques de qualité (si ce n'est pas le cas, nous n'avons donc que peu d'excuses...).
Ainsi, il n'est à présent plus rare de connaître de longs mois à l'avance la date de sortie de tel ou tel album. Forcément, les découvertes imprévues et excitantes (hormis première œuvre sortie de nulle part, comme par exemple The Flower King de Roine Stolt en 1994) ont tendance à se faire moins nombreuses, l'attente exacerbée engendrant même à l'inverse son lot de déceptions... Les plus belles surprises semblent donc dorénavant se situer du côté des rééditions (celles au moins qui sont passées à travers les mailles des descriptions excessivement louangeuses des fanzines; chacun d'entre vous possède plusieurs exemples, j'en suis sûr...) : constat quelque peu inquiétant puisque le filon est logiquement sur le point de s'épuiser.
Ainsi, à propos de surprise, Bacamarte en est une sacrée ! Je serais même tenté de dire, pour utiliser une parabole des plus explicites, que Depois Do Fim ("après la fin") est une bombe que les terroristes du bon goût ne doivent surtout pas manquer de faire exploser aux abords de toute oreille respectable...
Un peu d'histoire : les origines de Bacamarte remontent à 1974, date à laquelle les très jeunes (13 et 14 ans respectivement !) Mario Neto (guitares) et Sergio Villarim (claviers), tous deux originaires de Rio De Janeiro et partageant la même passion pour le rock progressif célébré par Yes, Genesis, Gentle Giant ou King Crimson, débutent leur collaboration. En 1977, ils enregistrent une première démo, qui est logiquement refusée par toutes les maisons de disques contactées. Dépités, nos deux compères restent inactifs quelques temps, avant de réactiver Bacamarte en 1982, recrutant Marcus Moura (flûte et accordéon), Delto Simas (basse), Marco Verissimo (batterie) et Mr Paul (percussions). Ils enregistrent alors ce qui demeure à ce jour le seul album de Bacamarte, et qui sort donc l'année suivante. Il se vendra finalement, notamment grâce à un marché japonais très enthousiaste, à plus de 10.000 exemplaires !
Depois Do Fim, bien que globalement plus acoustique, ressemble à s'y méprendre au divin premier album éponyme (sorti lui aussi en 1983) de Quantum, autre (célèbre celle-là) formation brésilienne (cf. Big Bang n°3 et 7). Cette simple remarque devrait d'ores et déjà vous avoir mis dans tous vos états, cependant je vais poursuivre pour les plus sceptiques d'entre vous. Ces deux groupes ont ceci en commun de proposer une musique divinement symphonique, sur laquelle viennent se poser, tels de frêles moineaux aux pattes tarabiscotées, de délicats murmures jazzy.
Les atmosphères rencontrées au détour des neuf (huit pour l'album originel et un avant-goût du futur second album - cf. interview) compositions (de 1:57 à 9:29) de cette réédition suggèrent une gamme de sentiments très étendue qui vous atteindra forcement à un moment ou un autre...
La découverte de telles merveilles relativise finalement l'aura de groupes comme Dogma ou Anima, dans la mesure où ils possèdent une sacrée hérédité musicale. Ceci n'est cependant que babillage, visant à démontrer que le Brésil, par son éclatante présence dans chacune des décennies ayant porté les musiques progressives, est une nation incontournable de notre mouvement. Que les choses soient bien claires...
Pour conclure sur Depois Do Fim, il me faut vous préciser que le chant, assuré en portuguais par la talentueuse Jane Duboc (qui plus tard se fit opérer et devint bassiste du groupe français Drama : humour bien sûr !!), fait de délicieuses apparitions sur quatre titres. Tout ceci pour vous dire que le rock progressif n'est jamais aussi bon que quand les parties vocales n'excèdent pas un tiers de la durée totale d'un album. C'est donc le cas ici, pour notre plus grand bonheur.
Olivier PELLETANT
Trois questions à Mario NETO :
Que s'est-il passé pour Bacamarte après la sortie de Depois Do Fim ?
Eh bien, en 1983 et 1984, nous avons donné un grand nombre de concerts, avec un line-up légèrement modifié, comprenant William Murray (basse) et Mario Leme (batterie), ainsi qu'une chanteuse prénommée Miriam, dont j'ai hélas oublié le nom de famille. Cette dernière prenait en fait des cours de chant avec Jane Duboc. Jane n'était présente sur Depois Do Fim qu'à titre d'invitée, et n'est apparue qu'une seule fois sur scène avec nous. Il me faut préciser qu'elle est assez connue ici, au Brésil, comme chanteuse de variété... Bref, nous donnions des concerts, et grâce notamment au soutien de Fluminense, une station de radio très populaire, nous obtenions un certain succès. Mais nous avons fini par nous essouffler, et confrontés à la perspective de devoir rendre notre musique plus commerciale, nous avons préféré jeter l'éponge...
Qu'êtes-vous devenus ensuite ?
Oh, comme tous les groupes qui se séparent, nous avons suivi des voies assez diverses : enseigner la musique, travailler comme producteur, ou changer complètement d'activité. Pour ma part, je n'ai jamais cessé de composer...
Cela veut-il dire qu'une reformation de Bacamarte serait envisageable ?
C'est même déjà fait ! Bacamarte a repris du service, avec moi-même, Sergio Villarim, Wiliam Murray et un nouveau batteur de 25 ans, Renato Texeira. Nous avons déjà donné deux concerts à Rio au début de l'année, pour célébrer la sortie de la réédition de Depois Do Fim. Par ailleurs, nous avons enregistré un nouvel album intitulé Sete Citades ("sept villes"). Il devait à l'origine sortir en mars, mais pour des raisons 'commerciales', nous avons trouvé plus sage d'attendre la fin de cette année. Il sortira également chez Rarity. D'ici là, vous en avez un avant-goût en bonus sur le CD de Depois Do Fim, un morceau dont la composition remonte en fait à très longtemps mais que nous n'avons enregistré que l'année dernière.
(Merci à Aloisio Campelo, Jr pour la traduction)
(chronique et entretien parus dans Big Bang n°16 - Été 1996)


