BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques

Beyond Twilight - For The Love...

PISTES :

1. In The Eyes Of My Soul (First Movement) 0.00-0.49 min.
2. Creep Evil 0.49-1.48 min.
3. Sleeping Beauty – The Journey
4. Purity
5. Sleeping Beauty – Connected
6. Tongue Angel
7. I Moved
8. Blackened In My Eyes
9. Temptations
10. Fiery Woman
11. Sweet Irony
12. Conversation Of The Dead
13. The Perfect Heart
14. The Perfect Heart Part II – Think
15. The Key – Imagine
16. The Perfect Heart Part III (modulated Instrumental)
17. The Black Widow
18. The Key Part II – Naked Truth
19. The Kiss Of The Wind
20. Dark Wild Rage
21. Temptations Part II – Return (modulated)
22. I Know Why The Caged Bird Sings
23. Cold As Blue
24. The Awakening
25. Cold As Blue – Like A Candle You Start To Drip
26. Bilingues Cavendi. One Should Beware Of The Double-tongued
27. The Awakening Part II – The smile
28. The Awakening Part III – Opening The Curtains To A Beautiful Sunny Morning Watching The Singing Birds
29. In The Eyes Of My Soul (First Movement Modulated With Irony)
30. Past The Magic
31. Past The Magic Part II (Rhythmic Laughter)
32. Nightwandering On Needles
33. In The Eyes Of My Soul (Second Movement Modulated With Irony)
34. In The Eyes Of My Soul (Second Movement)
35. 6 Seconds Past 6
36. Organ Scientistic Formula (1)
37. Nightwandering On Needles Part II – The Answer
38. 6 Black Roses - Ship Of Rowing Slaves
39. Autumn Fog Message
40. Sleeping Beauty Returns - The Black Box Of Reverse (Forward)
41. The Black Box of Reverse
42. In The Eyes Of My Soul (Third Movement)
43. In The Eyes Of My Soul – For The Love Of Art And The Making (Finale)

FORMATION :

Finn Zierler

(claviers)

Björn Jansson

(chant)

Anders Ericson Kragh

(guitare)

Jacob Hansen

(guitare rythmique)

Anders Lindgren

(basse)

Thomas Freden

(batterie)

BEYOND TWILIGHT

"For The Love Of Art And The Making"

Danemark - 2006

Replica Records - 37:50

 

 

Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'avec cet album, Beyond Twilight nous surprend de bien belle manière. Il avait en effet fallu patienter quatre ans entre The Devil's Hall of Fame et Section X (voir les Big Bang n°42 et 58), et voilà que Finn Zierler, réputé pour son goût des expériences extrêmes afin de stimuler sa verve créative, est parvenu à composer le troisième opus du groupe et à l'enregistrer en moins d'un an ! Changement notable dans la structure de la formation, Björn Jansson remplace Kelly Carpenter au poste de chanteur. Mais ce qui retient avant tout l'attention avec ce nouveau disque, c'est que le concept s'articule à travers une seule pièce de trente-sept minutes, découpée en quarante-trois pistes allant de huit secondes à trois minutes. En outre, son maître d'œuvre précise qu'on peut la lire en mode aléatoire, ce qui fait que ces quarante-trois morceaux recomposent à chaque fois un paysage musical aux reliefs variés.

La démarche est éminemment progressive, et le contenu proposé fait de For The Love Of Art And The Making le meilleur album de Beyond Twilight à ce jour, le plus abouti et le plus complexe. Les thèmes récurrents se répondent sur plusieurs pistes, et l'ensemble est d'une grande richesse. On passe ainsi de compositions emphatiques, à base de chœurs (les prenants «In The Eyes Of My Soul», «I Know Why The Caged Bird Sings» et «Fiery Woman»), à des chansons tantôt lourdes (les deux «Sleeping Beauty», «Tongue Angel», «Dark Wild Rage», «6 Black Roses»), tantôt plus intimistes («Purity», «The Perfect Heart», «Cold As Blue»), voire plus inclassables («Past The Magic» aux échos de cirque). Entre les deux, de multiples ambiances instrumentales se déploient, utilisant souvent des arrangements orchestraux et le piano («Temptations»), très présents dans l'ensemble, et parfois proches de l'orchestre de chambre («6 Seconds Past 6»). On a même droit à un morceau dominé par l'orgue (le bien nommé «Organ Scientific Formula»), sans oublier quelques interventions solistes, qui à la guitare plaintive («Autumn Fog Message»), qui aux claviers («I Moved» et ses sons gorgés d'effets).

A travers l'ensemble de ces pistes, on retrouve en tous les cas clairement le style propre de Beyond Twilight, un hard prog sombre et à l'atmosphère plombée, aux rythmiques souvent modérées, qui se trouve ici transfiguré par la recherche sonore. Les seuls bémols que l'on peut repérer sont la voix de Björn Jansson, parfois trop criarde («Blackened In My Eyes»), et qui ne parvient pas à nous faire oublier Jorn Lande, ainsi que la batterie occasionnellement excessivement saccadée («Sleeping Beauty»). Un disque indispensable pour tous les amateurs de hard prog, et qui hisse définitivement Beyond Twilight au rang des incontournables du genre.

Jean-Guillaume LANUQUE

(chronique parue dans Big Bang n°62 - Été 2006)