
PISTES :
1. A Band Of Deborahs (Not Debbies) (4:24)
2. Dancing On A'A (4:48)
3. Ptinct (4:20)
4. Readymen (6:14)
5. Birdgam (4:17)
6. Electric Altamira (4:47)
7. Swamp (7:09)
8. Peter Gunn (1:53)
9. Ray (4:34)
10. Sirius The Scorching (5:28)
11. The Pearly Eyed March (4:02)
FORMATION :
Michael Bierylo
(guitare, programmations midi, percussions)
Ken Field
(saxophones, flûte, percussions, synthétiseur)
Erik Lindgren
(piano, claviers, sample, programmations rythmiques, percussions)
Rick Scott
(synthétiseurs, percussions)
BIRDSONGS OF THE MESOZOIC
"Dancing On A'A"
États-Unis - 1995
Cuneiform - 52:30
Je ne vous étonnerai pas, chers lecteurs (et lectrices), en vous précisant que Birdsongs Of The Mesozoic évolue dans un style musical assez avant-gardiste et expérimental. Sa signature chez Cuneiform (en 1987, ça ne nous rajeunit pas !), en témoigne. Après 15 ans d'existence, le quatuor américain nous propose donc son huitième album (et quatrième sur le label de Steve Feigenbaum), œuvre d'une formation stabilisée depuis 1992 par l'arrivée de Michael Bierylo (guitare, percussions), rejoignant les deux anciens, Rick Lindgren (synthés, percussions, piano) et Rick Scott (synthés, percussions), et le saxophoniste Ken Field arrivé en 1988.
Au long de ces onze plages (de 1:53 à 7:09) nous est proposée une musique que l'on peut assimiler à l'école des "musiques nouvelles européennes" (popularisée par des groupes comme Art Zoyd, Univers Zéro ou Henry Cow), celle qui pratique une fusion entre les recherches de la musique contemporaine (Varese, Penderecki, Schoenberg...) et les sphères arides du free-jazz ou du neo-bop (Steve Lacy, Michel Portal...).
Parfois hermétiques, ces morceaux, au-delà d'une certaine âpreté primaire, savent néanmoins se faire prenants et charmeurs. La complexité des structures musicales, la virtuosité instrumentale des quatre musiciens forcent le respect, pour une œuvre ambitieuse, mature et bien maîtrisée dans la forme. Malheureusement (ou heureusement pour les amateurs), en se voulant être d'avant-garde, avec tout ce que ce terme suppose de créativité et d'originalité, Dancing On A'A ne déroge pas aux règles établies du genre, qui l'enferme dans un carcan stylistique; ce genre de musique ayant une certaine tendance à s'institutionnaliser, aux dépens évidemment d'une véritable recherche créative inédite.
Parfois froide, cette musique souffre aussi de la présence excessive du saxophone de Ken Field. Bien qu'étant un excellent instrumentiste, celui-ci se montre trop exubérant au point d'en devenir parfois exaspérant. Sans être l'auteur d'aucune composition, il impose aux morceaux sa couleur souvent trop jazz et dénature les titres les plus classisants par son jeu trop typiquement américain, qui ne semble pas très à l'aise dans un esprit plus européen (question de culture !).
Un bon album malgré tout (à réserver cependant aux plus aventureux d'entre nous) qui nous fait souhaiter que le groupe parvienne à gommer dans le futur ses quelques défauts et à aérer sa musique par des émotions plus vraies (elle aurait tout à gagner en chaleur).
Olivier PAUTONNIER
(chronique parue dans Big Bang n°14 - Hiver 1995-96)

