
PISTES :
1. Ascension (5'12)
2. Jeux Drôles (3'58)
3. Pleine Lune (4'28)
4. Longue Distance (4'32)
5. Arc-En-Ciel (2'15)
6. Mirage (5'38)
7. Citadelle (7'44)
8. Le Marchand De Sable (7'04)
9. Patience (3'12)
10. Bonne Nouvelle (2'35)
11. Récréation (5'02)
12. Exil (6'38)
FORMATION :
Jean-Pascal Boffo
(guitares)
Laurent Gautier
(contrebasse)
Hervé Rouyer
(batterie)
Gérard Delesse
(saxophone soprano)
JEAN-PASCAL BOFFO
"Offrande"
France - 1995
Muséa - 52:54
Excellente surprise que celle de voir le guitariste lorrain donner si vite de ses nouvelles (un an et demi, c'est bien court en comparaison des cinq ans qui avaient séparé Rituel et Nomades !), malgré son emploi du temps chargé comme soliste de Christian Décamps & Fils, groupe qu'il vient d'ailleurs de quitter en termes pas franchement amicaux avec l'ex-chanteur d'Ange.
Il est incontestable que Boffo est plus que jamais, à l'heure actuelle, en pleine possession de ses moyens, capable de produire des disques d'une facture totalement professionnelle (tout ici est parfait, du magnifique digipack à la qualité d'enregistrement somptueuse, en passant par un travail d'arrangement très peaufiné). Faut-il alors s'étonner de voir le guitariste s'éloigner quelque peu des rivages progressifs pour les contrées plus hospitalières (commercialement parlant) de la musique instrumentale de qualité ?
On peut en effet reprocher à Boffo les défauts de ses qualités, à savoir une propension à rechercher la perfection formelle au risque, parfois, d'un côté légèrement aseptisé et lisse. De l'élégance des chorus de saxophone soprano de Gérard Delesse à la majesté de la section rythmique formée par le nouveau venu Gautier Laurent (contrebasse) et le toujours aussi remarquable Hervé Rouyer (batterie), sans oublier le raffinement des arpèges acoustiques et interventions solistes électriques du maestro, les douze compositions (de 1:04 à 7:44) d'Offrande proposent une musique instrumentale légèrement teintée de jazz, très agréable et accessible, mais souffrant parfois d'une excessive linéarité.
On mettra néanmoins à part le magnifique morceau de clôture, "Exil" (6:38), qui s'inscrit dans une veine plus typiquement progressive, et dans lequel Boffo, secondé par le seul Hervé Rouyer (il y tient également la basse électrique), est au sommet de son art, offrant une prestation soliste proprement époustouflante de puissance émotionnelle. Une voie que l'on souhaiterait le voir explorer davantage à l'avenir.
Ayant délaissé les atmosphères parfois arides de Nomades, Jean-Pascal Boffo a su en conserver, sur ce nouvel album qui en constitue la suite logique, la force mélodique et la sophistication. Et même si l'on est en droit d'attendre plus (qu'il renoue, en fait, avec l'ambition de Carillons ou de la suite-titre de Rituel), n'est-ce pas là l'essentiel ?
Aymeric LEROY
(chronique parue dans Big Bang n°15 - Printemps 1996)

