BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques


PISTES :

1. Calico (4:48)
2. Circles In The Rain (4:59)
3. Ashes Ashes (4:23)
4. Tapestry (4:15)
5. The Hurting Place (5:19)
6. Mona Lisa (4:01)
7. Paradox I (6:59)
8. Busy Signals (3:05)
9. Calico (reprise) (1:57)

FORMATION :

Bruce Brophy

(guitares)

Hawk

(basse, guitares)

John Morgan

(guitares, basse)

Scott Andrew Smith

(basse)

Bob De Voe

(basse)

Tige Ashton De Coster

(basse)

Matthew Jay

(chœurs, claviers, piano, batterie, percussions)

David Andrews

(claviers, batterie, percussions, piano, trompette)

Rich Adams

(saxophone soprano, clarinette)

Dean Stark

(chant)

Nancy Kaye

(chant)

Douglas Paasch

(chœurs, chant)

Patrick Mc Cabe

(chœurs, guitare acoustique, chant)

Scott Boal

(chant)

Rev. Raymond Schaefer

(chant)

Karin Menloe

(chant)

Katie Benner

(chant, batterie, percussions)

BOX OF CRAYONS

"Colourblind Chameleon"

États-Unis - 1997

WMMS - 39:51

 

 

Voilà typiquement le genre d'album qui, noyé dans la masse des sorties, ne semble pas apporter grand-chose à la première écoute, et qu'on aurait pourtant tort d'oublier si vite. Car cette nouvelle formation (il semble d'ailleurs difficile de parler de groupe puisqu'on y compte pas moins de dix-sept intervenants !) se révèle, comme le laissait présager son nom et le titre de ce premier album, un véritable caméléon aux multiples couleurs.

Inclassable, la musique l'est incontestablement. Et comme chaque couleur est différente, les neuf morceaux (de 1:57 à 6:59) sont tous dissemblables, si l'on excepte le premier, «Calico», repris en fin d'album. On a donc droit à une sorte de patchwork musical qui voit se rencontrer un esprit «chanson» («Calico», en duo chant/guitare acoustique), un néo-prog très mélodique à la Cyan («Circles In The Rain»), des ambiances orchestrales «gothico-symphoniques» (la longue introduction instrumentale de «Paradox - Part 1»), ou des bizarreries que ne renieraient pas leurs compatriotes de Squonk Opera («Ashes, Ashes»).

Et encore, ne croyez pas cette description complète, il y a encore, plein d'autres choses que je laisse le soin aux plus curieux d'entre vous de découvrir ! L'instrumentation très riche utilisée est d'ailleurs assez éloquente sur la diversité d'esprit de ces musiciens sans étiquettes, puisqu'à côté des instruments de base du rock (guitare, basse, batterie, percussions), on trouve une multitude de claviers, du saxophone, de la trompette, du vibraphone, de la clarinette, des bruitages en tous genres et du chant (masculin en général et féminin surtout sur un titre).

Un seul morceau est instrumental, mais il est excellent («Tapestry»), improbable croisement entre la musique d'un film épique, du rock et des ambiances plus acoustiques et feutrées. Les performances vocales sont elles aussi remarquables, mais là encore, la voix ne sert pas qu'au chant (elle peut être murmurée, parlée...). Ce groupe semble continuellement déjouer les prévisions et on ne sait jamais à quoi s'attendre. C'est sans doute ce qui explique ma relative négligence à la première écoute. Si je n'avais eu à chroniquer cet album, peut-être l'aurais-je déjà oublié ! Comme quoi il faut toujours se méfier des premières impressions...

On pourrait croire que cette formation cherche sa voie en tentant d'emprunter à divers styles, mais vu la maîtrise avec laquelle ses musiciens concoctent leurs morceaux, on peut être sûr que cette démarche est volontaire. Si vous aimez être bousculé dans vos écoutes et surtout si vous n'aimez pas toujours rester les deux pieds dans le même sabot, vous vous devez de jeter une oreille (ou deux !) attentive à cet album. Les Américains n'arrêtent pas de proposer de superbes opus dans tous les styles en ce moment. Au niveau de la créativité et de la réussite, ils sont en train de laisser beaucoup d'autres nations loin derrière.

Christian AUPETIT

(chronique parue dans Big Bang n°22 - Septembre/Octobre 1997)