BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques


PISTES :

1. Again Autumn (5:21)
2. Af (5:02)
3. The Feebleminded Man (20:59)
a. The Feebleminded Man
b. Understanding
c. The Mad Dancer
d. After
e. Stone Cold
4. The Chapter (7:35)
5. Riding The Deep (5:28)
6. Thinkin' All (6:13)

FORMATION :

Alessandro Bugliani

(piano, claviers)

Claudio Franciosi

(claviers)

Andrea Griselli

(batterie)

Fulvio Mele

(basse, chant)

Andrea Mignani

(guitares, flûte)

CAGE

"87/94"

Italie - 2005

Muséa - 50:42

 

 


Il est toujours agréable de faire la découverte d'un groupe sorti de nulle part qui réussit à impressionner dès la première écoute. En fait, Cage, la formation italienne dont il est question, n'est pas à proprement parler nouvelle. Comme le titre de ce premier CD l'indique, il s'agit ici d'une compilation de titres composés entre 1987 et 1994, mais enregistrés en 2003 (oui il aura donc fallu encore deux ans pour qu'il nous parvienne !). Cage s'est donc formé dans la ville de Carrara, au nord de l'Italie, en 1987, et a depuis construit petit à petit un répertoire, écumé nombre de festivals et tremplins rock italiens, publié un single en 1992 et un premier album en 1993, The Feebleminded Man (avec une suite de vingt minutes que l'on retrouve sur ce CD). Après quelques changements, la formation s'est stabilisée autour de deux claviéristes, Alessandro Bugliani (compositeur presque exclusif de la musique et des textes) et Claudio Franciosi, avec un guitariste, Andrea Mignani (également flûtiste), un bassiste-chanteur, Fulvio Mele, et un batteur, Andrea Griselli. Après le premier album, chaque membre du groupe a voulu expérimenter de nouvelles choses, notamment dans le domaine du jazz, et ce n'est qu'en l'an 2000 qu'ils se sont retrouvés autour d'un projet commun essentiellement centré sur le progressif.

Bien leur en a pris, car la musique que nous propose cet album est une totale réussite, le seul bémol à relever tenant à des parties chantées (heureusement rares) en anglais pas vraiment à la hauteur. Une fois de plus, le chant dans un groupe de progressif pêche par son manque de personnalité, mais dans le cas présent, il serait vraiment regrettable de passer à côté de l'album pour cette unique raison. Le premier morceau (il y en a 6, de 5:00 à 20:57) est d'ailleurs instrumental, et on se délecte déjà de parties de piano cristallines, de ce démarrage emphatique au possible avec une superbe guitare. On baigne dans une atmosphère délicieusement années 70, avec une pointe du néo-progressif des années 80. Cette ambivalence perdurera tout au long de l'album, avec des claviers dignes des maîtres italiens que sont Le Orme ou Banco, piano, orgue et Moog en tête, une guitare souvent lyrique et chaleureuse, mais aussi un côté plus immédiat, plus rock, des arpèges de guitare renvoyant directement au Marillion des premiers albums. Bien sûr la longue suite capitalise tout le bien qu'on peut penser de ces talentueux musiciens, avec des joutes passionnantes entre les claviéristes (vraiment très beau piano) et le guitariste, et un final qui monte en puissance exactement comme on le souhaite... Ah oui bien sur, nos amis de la botte n'inventent sans doute rien, mais qui cela peut-il bien déranger lorsque le résultat atteint ce niveau ? Certainement pas votre serviteur, qui se retient de crier au chef d'œuvre eu égard à ce chant défaillant (mais pas rédhibitoire, entendons-nous bien).

En tout cas, la surprise est de taille et on a plus que hâte d'entendre à nouveau ce groupe sur des compositions actuelles (ils y travaillent apparemment de pied ferme). Bien sûr, la découverte du moment !

Christian AUPETIT

(chronique parue dans Big Bang n°59 - Octobre 2005)