
PISTES :
1. Terra Di Maggio (16:10)
2. La Nascita Della Luna (6:22)
3. En Haute De Crete (4:16)
3. La Bionda Treccia (4:32)
4. Il Tempo Sei Tu (3:16)
5. La Visione Della Dolce Pioggia (17:19)
FORMATION :
Annalisa Gastaldo
(chant)
Rinaldo Doro
(claviers)
Enrico Perrucci
(claviers)
Gianni Catalano
(batterie)
Aldo Mari
(guitare)
Lele Tosches
(basse)
CALLIOPE
"Il Madrigale Del Vento"
Italie - 1996
Vinyl Magic - 52:47
Et de trois pour le groupe de Turin ! Calliope publie en effet en ce printemps déclinant Il Madrigale Del Vento, qui succède à La Terra Dei Grandi Occhi (1992) et à Citta Di Frontiera (1993). Inutile de vous parler en long et en large de la carrière de ces vaillants italiens, puisqu'une conséquente chronique leur fut consacrée (cf. Big Bang n°2) à l'occasion de la sortie de leur second opus. Les changements, de personnel notamment, ont été légion depuis lors, ce qui nous conduit bien sûr à privilégier le présent. Trois membres incontournables du Calliope des deux premiers albums ont aujourd'hui disparu; Massimo Berruti (chant), Mario Guadagnin (guitare) et Enzo Martin (basse), qui étaient sans conteste (rétrospectivement, c'est facile à affirmer...) à l'origine du style 'musclé' jusqu'alors proposé, ont ainsi cédé respectivement leur place à Annalisa Gastaldo, Aldo Mari et Lele Tosches. La première écoute du présent album nous apporte un élément d'information supplémentaire : le changement constaté ne se contente aucunement d'être formel, la musique actuelle n'a que peu à voir avec sa devancière...
L'adjectif "musclé" utilisé un peu plus haut est à présent à bannir du vocabulaire destiné à éclairer les contours (et atours) de Il Madrigale Del Vento. Soyons clairs : Calliope s'est paré de nouvelles valeurs artistiques, qui lui donnent un visage superbe et inédit (en tout cas radicalement différent de celui arboré sur Citta Di Frontiera).
Finie cette énergie débordante orchestrée par un chant oppressant et des guitares rageuses, place maintenant au règne de la sérénité mélodieuse... Le vétéran Rinaldo Doro, fondateur du groupe, a repris le contrôle des opérations artistiques (comme jamais il ne l'avait fait jusqu'alors, même sur le premier album), et fait de ses claviers (et de ceux de Enrico Perrucci, encore un nouveau venu) des leaders incontestés mais démocratiques. Les autres instrumentistes (dont un violoniste invité) ne sont donc aucunement placés sous l'éteignoir (travers typique de ce genre de domination), et concourent à leur tour à faire de Il Madrigale Del Vento cette réussite autant imprévue que superbe. Les six compositions sont les éléments indissociables d'une mosaïque progressive dominée par des teintes baroques et symphoniques.
Très à l'aise quand il s'impose la concision, Calliope prend néanmoins une dimension supérieure en s'élançant dans les méandres de morceaux plus conséquents. Les deux suites permettent ainsi à leur auteur d'exprimer des nuances mélodiques et harmoniques avec une compétence trop peu concrétisée jusqu'à aujourd'hui.
Le délice auditif est donc permanent, d'autant plus que le chant d'Annalisa est au diapason d'un propos instrumental sans faille. Pour vous situer le niveau de cet album, je suis tenté (allons-y...) de le comparer, tant en ce qui concerne la forme que le fond, aux œuvres majeures de Nuova Era, c'est à dire Dopo L'infinito et Io E Il Tempo. Cette référence, dont l'importance (quant au risque de décevoir qui lui est associé) ne m'est pas inconnue, est utilisée ici avant tout pour extraire Il Madrigale Del Vento de la masse des albums de qualité (il y en a de plus en plus) auxquels il manque ces touches de 'génie' que Calliope appose ici (et parcimonieusement néanmoins) au grand jour. Je prend donc le parti de lever toute ambiguïté et de faire de la présente œuvre une nouvelle référence.
Je voudrais conclure promptement afin de ne pas vous paraître excessivement enthousiaste, et de risquer par la même de vous effrayer. Le cœur et la raison sont pourtant bel et bien associés présentement pour vous convier à découvrir rapidement cette fresque progressive tout à la fois ambitieuse et accessible.
Un petit bijou que votre discothèque arborera avec fierté.
Olivier PELLETANT
(chronique parue dans Big Bang n°16 - Été 1996)

