
PISTES :
1. All Be The Same (3:05)
2. No Space To Spare (4:23)
3. Zonked (3:21)
4. The Mist (4:47)
5. Fools And Silent Callers (4:58)
6. Sad Soul (6:49)
7. Feel It (6:47)
8. Dab Nekan (3:39)
9. Last Of Many (10:42)
FORMATION :
Mattias Ankarbrauth
(batterie, percussions)
Tobias Wulff
(guitares)
Magnus Nilsson
(chant, flûte)
Joakim Jönsson
(guitare, chant)
Nils Andersson
(basse)
THE CARPET KNIGHTS
"Lost And So Strange Is My Mind"
Suède - 2005
Transubstans Records - 47:59
Méconnu jusqu'à lors, Transubstans Records, division du label Record Heaven, est en train de se forger une petite réputation. Parallèlement à la réédition de raretés, suédoises pour la plupart (Radiomöbel, Rag I Ryggen, Mr Brown...), il s'attache à nous faire découvrir de nouveaux groupes scandinaves inspirés par les courants psychédélique et progressif de la fin des années 60 et des années 70. Ainsi, parmi les divers albums publiés en 2005, trois vous sont présentés dans le numéro de Big Bang que vous tenez entre les mains (surtout ne le lâchez pas avant de l'avoir terminé !).
The Carpet Knights, formé en 1998 à Malmö, a subi divers changements de line-up et enregistré plusieurs démos avant de réaliser Lost And So Strange Is My Mind. Le chant et les guitares, avec deux préposés à l'instrument, en constituent l'ossature et se voient régulièrement épaulés par une flûte agile. Les claviers sont quant à eux laissés au repos, excepté sur le dernier titre où le piano électrique a droit à un petit solo. Cette absence n'est toutefois aucunement pénalisante, le groupe ayant choisi la voie d'un rock tour à tour heavy ou folk, délicat ou tourmenté, qui renvoie à des formations comme King Crimson ou Jethro Tull.
Contrairement à bon nombre de ses compatriotes, The Carpet Knights n'utilise donc pas de Mellotron. Si la musique qu'il compose et interprète ne contentera (probablement) pas le féru de symphonisme, elle n'en demeure pas moins, de par sa richesse et ses contrastes, destinée au mélomane progressif. Au gré des plages, on navigue entre calme, mélancolie d'un côté et agitation, remous (le rock à tendance heavy) de l'autre. L'inspiration est avant tout seventies mais le groupe n'oublie pas de lui donner un souffle actuel. On pense par moments à Anekdoten (sans Mellotron, hein !) pour les guitares et les ambiances sombres, Qoph pour la dimension psyché ou Book Of Hours pour la rugosité et la légère touche grunge (vraiment légère, ne vous inquiétez pas).
Que dire de plus sur cet album ? A-t-il des défauts ? Oui, bien évidemment. On ne peut parler d'œuvre pleinement aboutie, notamment d'un point de vue interprétation, tant vocale qu'instrumentale. La mise en place est perfectible, les musiciens semblant encore se chercher. Le chant, pour sa part, est un peu trop monotone. Bref, il manque un brin de professionnalisme et de maturité. Le temps devrait se charger d'améliorer tout ça.
En dépit de ses faiblesses, Lost And So Strange Is My Mind demeure hautement sympathique, raffiné, à la fois complexe et mélodique, et s'écoute d'un bout à l'autre sans que l'attention de l'auditeur ne fléchisse. Certains morceaux sont plus réussis que d'autres mais aucun ne fait figure d'intrus ou de bouche-trou. Rien n'est à jeter dans ces 48 minutes. On ne peut pas en dire autant de tous les albums.
The Carpet Knights. Transubstans. Deux noms à retenir.
Yann CARREAU
(chronique parue dans Big Bang n°61 - Avril 2006)

