
PISTES :
1. The Rescue
a. Introduction (5:28)
b. To The 7th House of Huitzilopochtli (8:30)
c. The Rescue (7:27)
2. The North
a. Northern Place (7:56)
b. All The Way From Nowhere (5:53)
3. The Mirror's House
a. Marcato (5:46)
b. The Mirror's House (Convex Fun) (13:17)
4. Transparent Symbols (3:14)
5. Another Night (4:38)
FORMATION :
Dino Carlo Brassea
(chant, flûte)
Jose Antono Bringas Caire
(batterie, percussions)
Alfonso Vidales
(claviers)
Francisco Hernandez
(chant, guitare)
Rodolfo Gonzalez Quiroz
(basse)
CAST
"Beyond Reality"
Mexique - 1996
Autoprod. - 62:02
Décidément, l'hyperactivité de Cast semble ne jamais devoir s'interrompre... Il y a de cela quelques années, nous constations d'ailleurs le même phénomène pour Asgard, avant que le groupe italien ne ralentisse spectaculairement sa productivité (on a même cru, un moment, qu'il avait mis un terme à ses activités...).
Heureusement, nos amis mexicains semblent à l'abri d'une telle mésaventure, tant ils s'avérèrent pugnaces au cours des quinze ans qui séparèrent leur réunion de la publication de leur premier album. Pour en savoir plus (ou vous rafraîchir la mémoire), je vous invite à lire (ou relire) l'article leur étant consacré dans notre numéro 15...
Nous y avions découvert un Cast talentueux, n'ayant cependant pas encore réussi à donner une forme réellement satisfaisante à ses hautes compétences. Certes, les progrès sont visibles d'albums en albums (nous en sommes aujourd'hui au sixième en trois ans !!!), mais la formation mexicaine sort encore et avant tout de l'ordinaire dans le milieu progressif pour le rythme effréné de ses publications... Devra t-on alors attendre longtemps avant de découvrir une œuvre définitivement affranchie de cette (involontaire mais énervante) course au records ?!?...
Beyond Reality, comme chacun de ses devanciers, est ainsi le témoin de nombreux progrès. Sans être l'album de la révélation (on connaît l'autorité artistique de son auteur depuis longtemps déjà), il s'agit néanmoins d'un tournant dans la carrière du groupe mexicain.
Voici enfin une oeuvre qui sait rester attractive tout au long (ou presque...) de son propos, partagé démocratiquement entre parties chantées et instrumentales. Les quatre (cinq si l'on inclut le titre bonus, qui est la reprise du "Another Night" de Camel, enregistrée pour la compilation Harbour Of Joy) compositions (21:35, 13:49, 19:04 et 3:14), divisées en huit sous-sections, forment en effet un tout, qui à défaut d'être totalement harmonieux, n'en est pas moins cohérent. Finis les moments d'égarement (à part le dernier morceau "Transparent Symbols" (3:14) qui n'est rien d'autre qu'une bien pâle chanson : voilà l'origine du 'presque' de tout à l'heure), que l'on retrouvait sur les autres albums de façon régulière (et décroissante)... Le rock néoprogressif symphonique habituellement honoré par Cast devient ainsi de moins en moins 'néo' et de plus en plus symphonique.
Les sonorités, des claviers du leader (unique compositeur) Alfonso Vidales notamment, évoquent pour leur part davantage encore que par le proche passé les années 70. Cependant, tous les musiciens (y compris le batteur, José Antonio Bringas Caire, le plus en retrait techniquement) sont à associer dans la progression ressentie, chacun semblant maîtriser de mieux en mieux son instrument pour l'insérer dans une réelle dynamique de groupe. Voici indéniablement une formation soucieuse de prêcher une parole, certes bonne, mais avant tout empreinte d'honnêteté et de simplicité. Ne cherchez donc pas dans sa musique une quelconque forme d'esbroufe ou de frime. C'est cela l'avantage avec Cast : le ramage ressemble au plumage.
Pas de surprise négative à attendre donc de ces joyeux mexicains. Et même s'il est de nombreuses formations plus talentueuses que cette bande de copains, Beyond Reality est à mon sens un album à posséder. Effectivement, il porte en lui les signes d'une sage maturité qui, si elle risque de ne jamais engendrer de chef-d'œuvre, n'en est pas moins la garante d'une profonde humanité...
Engagé bien malgré lui dans une course au record, Cast a finalement remporté celle (et n'y voyez surtout aucune portée péjorative) du consensus artistique...
Olivier PELLETANT
(chronique parue dans Big Bang n°17 - Automne 1996)

