
PISTES :
1. Non Puoi Fingere (12:17)
2. Il Marinen Forgia Il Sampo (7:48)
3. Il Tempo A Venire (3:23)
4. Cavalcando Tra Le Nuvole (7:04)
5. Questo Destino (14:57)
6. Il Tempo A Venire (1:15)
FORMATION :
Roberto Giordano
(claviers, chant)
Aldo Bergamini
(guitares, claviers, chant)
Paolo Ferrarotti
(batterie, chant)
Massimo Di Lauro
(violon, claviers)
Franco Fava
(basse)
IL CASTELLO DI ATLANTE
"Quintessenza"
Italie - 2004
Electromantic - 46:54
Encore un groupe Italien tentant de retrouver la magie de Per Un Amico de PFM, diront certains ! Si les mêmes pensent que le but d'un bon groupe de rock est d'être spontané tout en défrichant les espaces sonores vierges, ils pourront assurément négliger Quintessenza. Car il est vrai que depuis son premier opus en 1992, Il Castello Di Atlante suit sans sourciller un itinéraire de rock symphonique harmonieux et chaleureux, mais prévisible et sans la démesure qui caractérisait parfois la musique de ses aînés des seventies (notamment PFM et Banco). Et puis, il y a les amateurs de longue date du groupe qui se demandent ce que Quintessenza leur apportera de plus ?
Ces amateurs convaincus ont sans doute, comme moi, trouvé Sono Il Signore Delle Terre A Nord charmant avec ses thèmes tour à tour enjoués ou mélancoliques, L'Ippogriffo plus synthétique ou anguleux alors que Come Il Seguitare Delle Stagioni renouait avec plus de raffinement et des compositions élaborées... Eh bien, Quintessenza, comme son nom l'indique, vise à pousser un peu plus loin l'alchimie en quatre morceaux conséquents (de 7 à 15 minutes) et deux courtes respirations. Le claviériste a apparemment trouvé les proportions idéales entre tous les ingrédients, à commencer par les dialogues entre les divers solistes. Les thèmes sont clairement et délicatement exposés dès «Non Puoi Fingera», et alternent accalmies et relances, allegro des chœurs et staccatos rythmiques; le morceau suivant est du même goût à peine plus direct et sobre. Vient ensuite, contrastant parfaitement, «Il Tempo Avenire» interprété au piano électrique dans un registre très bucolique à la Celeste. Le groupe se défoule alors et arbore une allure festive dans «Cavacando Tra Le Nuvole» doté de solos convaincants, puis il revient dans «Questo Destine» (15 minutes) à une fresque à l'esprit très symphonique, aux épanchements les plus suaves et langoureux avec force chœurs et Hammond... On n'est pas loin de l'épure évoquée dans le titre !
Aussi, bien que Quintessenza n'ajoute rien à l'histoire du prog, en exprimant une musique certes balisée, on saura apprécier le perfectionnisme qu'il dégage tout au long de ses compositions. Je pense que les amateurs vont se régaler et pour tous les autres sans a priori, qui seraient tentés par l'expérience, je les y encourage car aborder un artiste par son œuvre la plus aboutie est somme toute logique.
Philippe LOMBARD
(chronique parue dans Big Bang n°54 - Juillet 2004)

