
PISTES :
1. Y (7:19)
2. Identy Crisis (5:09)
3. Dark At The End Of The Tunnel (1:25)
4. Illusions (3:34)
5. Of Mortal Constraints (2:58)
6. Operation Midnight Climax (11:22)
7. Nine Against Ten (6:38)
8. Neutrino Flux (2:50)
9. Fine Lines Between Science And Art (3:02)
10. Unconsoled (3:04)
11. W (6:10)
FORMATION :
Joseph Walker
(guitare électrique, solo de synthétiseur [11])
Patrick Gaffney
(batterie)
Mike Galway
(basse)
Dan Britton
(claviers, guitare acoustique, chant, guitare électique [5, 6, 10])
CEREBUS EFFECT
"Acts Of Deception"
États-Unis - 2006
Autoprod. - 53:37
Avec un peu de retard dû à la transmission de l'information, nous vous entretenons de ce disque d'un groupe étatsunien de haute volée, au livret squelettique, ce qui reflète bien la priorité des musiciens : la musique, rien que la musique. Leur pochette est d'ailleurs particulièrement bien choisie, puisque comme ce détail d'un tableau du génial Jérôme Bosch, leur mixture est foisonnante. Cerebus Effect, c'est Joseph Walker à la guitare électrique, Patrick Gaffney à la batterie, Mike Galway à la basse et Dan Britton aux claviers et au chant. Déjà auteur d'un premier album studio, Dark Matter, et d'un live, le groupe enfonce le clou avec cet Acts Of Deception bien mal nommé.
En effet, sous des atours partiellement symphoniques, le propos est très typé jazz-rock, avec des claviers qui se révèlent extrêmement présents, la guitare étant, comme sur «Y», un accompagnateur à l'égal de la section rythmique. Mais il faut dire que ce premier titre est très proche d'un progressif plus classique, un Marillion dopé aux amphétamines, les soli de claviers se rapprochant quant à eux davantage du jazz, tout comme la basse volubile, tandis que la guitare se réveille dans la dernière ligne droite pour un solo aussi court qu'enfiévré. Mais dès le second morceau, «Identity Crisis», le propos est plus incisif, saccadé, avec un chant à la limite de l'audible, proche de celui d'un Magma, en plus rapide. La musique est à l'unisson, très technique tout en réussissant à conserver un fil mélodique facile à suivre. La plupart des autres morceaux, souvent compris entre trois et quatre minutes, déclinent la même tendance, du fusionnel «Illusions» au plus alambiqué «Nine Against Ten», qui inclut toutefois une séquence moins speed, en passant par «W», plus chargé en soli de guitare, avec toujours une certaine gravité sous tendue et un final qui explose dans tous les sens. «Fine Lines Between Science and Art», à l'ouverture industrielle, est pour sa part essentiellement dominé par des breaks de percussions presque incongrus.
Le sommet de cette alchimie jamais indigeste, ce sont les onze minutes de «Operation Midnight Climax», dont les soli de claviers se succèdent pour un rendu véritablement hypnotique, avec de surcroît une guitare très charnelle, aussi bien en électrique qu'en acoustique. Mais le groupe sait aussi ménager quelques pauses, comme avec «Of Mortal Constraints», moment plus apaisé mais à la mélodie d'une grande sensibilité, qui gonfle pour devenir de plus en plus inquiétante, ou le délicat «Unconsoled», presque trop simple pour Cerebus Effect ! Seules les deux improvisations, «Dark At The End Of The Tunnel» et «Neutrino Flux», sont plus dispensables car plutôt gratuites. On ressort de l'écoute de cet album à la fois confondu par tant de maîtrise technique et subjugué par la capacité à ne jamais partir dans des développements non contrôlés tout en créant des atmosphères magnétiques, ce qui rend cet Acts Of Deception pratiquement indispensable.
Jean-Guillaume LANUQUE
(chronique parue dans Big Bang n°63 - Automne 2006)

