
PISTES :
2. Before There Was (5:00)
3. First Life (4:38)
4. Earthscape II (1:26)
5. Impact (5:38)
6. Earthscape III (2:03)
7. Imcommunicado, Prisoner Of Silence (6:37)
8. Missing Link (4:53)
9. Earthscape IV (1:56)
10. The Augmented Animal (7:13)
11. Conspiracy (6:18)
12. Earthscape V (2:42)
13. The Planet Is Fine (6:04)
14. Signs (6:25)
15. Earthscape VI (2:22)
16. What There Will Be (4:35)
17. Earthscape VII (4:49)
FORMATION :
Matt Cash
(chant)
Stephan Kernbach
(claviers)
Christian Becker
(basse)
Thorsten Hannig
(batterie)
Henning Pauly
(guitares)
----------------------------------------------

PISTES :
1. Cities Part 1 (7:10)
2. Cities Part 2 (4:46)
3. Cities Part 3 (4:42)
4. Cities Part 4 (6:07)
5. Cities Part 5 (1:06)
6. Cities Part 6 (4:54)
7. Cities Part 7 (9:26)
8. She Looks Like You (4:52)
9. Eama Hut (9:51)
10. Never Leave The Past Behind (10:18)
11. Hot To Cold (6:33)
12. Last Chance To See (10:12)
FORMATION :
Henning Pauly
(guitares, banjo, basse, claviers)
Matt Cash
(chant)
Stephan Kernbach
(claviers)
Christian Becker
(basse)
Eddie Marvin
(batterie)
INVITÉS
Michael Sadler
(chant)
Mike Keneally
(chant, guitare)
Sean Andrews
(basse [9])
Steve Katsikas
(saxophone)
Victoria Trevithick
(chant)
Maya Haddi
(chant)
Jody Ashworth
(chant)
Edward Heppenstall
(chant)
CHAIN
"Reconstruct"
États-Unis - 2003 - Progrock Records - 79:32
".Exe"
2004 - Progrock Records - 79:56
Vous souvenez-vous de Henning Pauly ? Cet américain, instrumentiste surdoué et cheville ouvrière du projet Frameshift, avec James Labrie (voir la chronique du n°53), dont une suite est d'ailleurs prévue, est également le leader du groupe de hard-prog Chain, auteur à ce jour de deux albums. Pour le premier, sorti l'an dernier mais commencé il y a quelques années, il était entouré de Matt Cash au chant, de Stephan Kernbach aux claviers, de Christian Becker à la basse et de Thorsten Hannig à la batterie, Henning Pauly lui-même étant en charge des guitares et de la production. Si ce dernier est le principal auteur de la musique, le groupe a également largement participé à son élaboration, tandis que des intervenants extérieurs ont apporté leur pierre aux paroles.
Concept album, Reconstruct explore l'histoire de notre planète, de sa naissance jusqu'aux perspectives futures de l'évolution de la vie, en s'inspirant entre autre de Darwin (rappelons-nous que Unweaving The Rainbow de Frameshift était quand à lui basé sur un livre de Richard Dawkins, néo-darwiniste célèbre). Dix-sept compositions sont au programme, dont une, «Earthscape», se décline en sept scènes : à base surtout de sons synthétiques, de vocalises féminines, d'accompagnements électriques et de voix explicatives électroniques, elles remplissent essentiellement une fonction narrative, permettant de souffler après et avant les choses sérieuses; à cet égard, les «Earthscape V» et «Earthscape VII», plus développés, sont sans doute les plus réussis, tandis que le «Earthscape VI» a une parenté très marquée avec King Crimson. Si le propos est clairement hard-prog, il s'agit d'un hard-prog bien garni, avec un gros travail rythmique de la batterie, de nombreux arrangements de claviers (le beau piano ou les envolées de synthétiseur de l'instrumental «Before There Was») et même d'orchestre, avec des structures très évolutives et contrastées (le trop court «What There Will Be»).
Les chansons se révèlent souvent plus classiques dans leur construction et dans leurs lignes directrices, évoquant à la fois Dream Theater et Deep Purple («First Life»), sans soli démonstratifs (celui de guitare de «Impact»), mais sans non plus que la voix de Matt Cash, somme toute relativement banale, suscite un enthousiasme délirant. Le clavier introductif de «Signs», répété par la suite, s'apparente pour sa part à celui de «The Final Countdown» d'Europe, une preuve parmi d'autres de la diversité dont sait faire preuve Chain. Un titre comme «Incommunicado Prisoners Of Silence», moins musclé, se révèle plus attractif, tout comme «Conspiracy» et ses solides passages de claviers ou «The Augmented Animal», mais là aussi, les parties instrumentales séduisent souvent plus que le chant (à l'exception du second titre). De même, «Missing Link» est une agréable ballade acoustique accompagnée d'une flûte légère, tandis que «The Planet Is Fine», dominé par le piano, évoque par son refrain une pop-rock de luxe, avec un solo de guitare lyrique au final. Intéressant, ce Reconstruct l'est incontestablement, mais sa production, impeccable, souffre également d'une nette froideur...
Pour le second album, Henning Pauly a conservé les mêmes musiciens autour de lui, à l'exception de Thorsten Hannig, remplacé par Eddie Marvin. Il a invité par ailleurs un certain nombre d'intervenants extérieurs, dont plusieurs choristes féminines, ainsi que le talentueux Mike Keneally (sur «Last Chance To See») et, autre surprise, Michael Sadler, frontman de Saga, pour une reprise de «Hot To Cold» plus alambiquée que l'original dans les arrangements ! Pour le reste des morceaux, les sept premiers composent une seule longue suite de près de quarante minutes, «Cities», tandis que les autres tournent autour des dix minutes, à l'exception de «She Looks Like You», une ballade d'environ cinq minutes qui débute au piano et s'amplifie en se densifiant. Si l'on reconnaît d'emblée le style de Chain et la production quelque peu clinique, un certain nombre de progrès ont été fait par rapport au premier album. Ainsi, l'ajout de chanteuses extérieures constitue un plus indéniable, et on peut globalement noter une efficacité accrue des lignes vocales : le beau et raffiné «Last Chance To See» en est sans doute le meilleur exemple, tout comme la délicate complainte de «Cities 1» et «Cities 3».
Le long épique «Cities», justement, qui mêle toujours à plaisir claviers (brillante alternance de piano et synthétiseurs), guitare électrique et arrangements orchestraux avec souffle, est d'ailleurs une réussite, en particulier sur le plan instrumental, sans doute la plus éclatante du groupe sur deux disques; une basse plus en évidence, l'intervention d'un saxophone sur «Cities 1», des vocalises indiennes parentes de celles de Reconstruct, ou quelques notes de banjo, tout est là pour offrir une mixture fort séduisante dans l'ensemble. Mais son point faible reste le chant de Matt Cash, qui dérape de temps en temps lorsqu'il force trop sur sa voix («Cities 7»), ou se trouve mal secondé par des chœurs un tantinet trop lourds sur «Cities 2» et «Cities 6». Reconnaissons tout de même qu'il ne s'agit là que de détails, d'autant qu'on a droit sur «Cities 5» à un joli exercice de chants en canon pendant un peu plus d'une minute. «Eama Hut» est également une réussite, en plus agressif, avec un très bon thème joué parallèlement à la guitare et au clavier, tandis que «Never Leave The Past Behind», très imposant, tire sa force d'un thème vocal profond et de longs développements instrumentaux, dont un excellent solo de clavier.
Avec ce second disque, Chain s'impose comme un groupe de hard-prog que l'on ne peut plus ignorer.
Jean-Guillaume LANUQUE
(chronique parue dans Big Bang n°56 - Décembre 2004)

