
PISTES :
1. Echoes (6:13)
2. Tiny Lights (3:11)
3. Red Words (4:28)
4. Too Few Feet (5:10)
5. Long Shot (4:25)
6. Charlie (3:58)
7. At Shore (4:45)
8. Peeping Tom (5:09)
9. The Dogfather Has Entered The Lift (4:36)
FORMATION :
Karl Riis Jacobsen
(chant)
Omar Emanuel Johnsen
(guitare)
Trond Lunden
(guitares électrique et acoustique)
Audun Halland
(Fender Rhodes, orgue, synthétiseurs)
Patrick Wilder
(basse, violoncelle, contrebasse)
Jarle Pettersen
(batterie, percussions)
Jon Trygve Olsen
(saxophone)
EXTRAITS AUDIO :
CIRCLES END
"Hang On To That Kite"
Norvège - 2004
Karisma Records - 42:48
Avec une pochette à la laideur totalement assumée et un album de seulement 42 minutes, on ne peut pas dire que Circles End caresse son auditoire dans le sens du poil. Même s'ils ne partent pas vraiment à leur avantage pour tout mélomane habitué aux fresques de Roger Dean et aux longues suites à tiroirs, ces jeunes Norvégiens (25 ans de moyenne d'âge) n'en proposent pas moins l'une des plus belles surprises de la rentrée. Après la réalisation d'un EP éponyme en 1998 puis d'un véritable premier album, In Dialogue With The Moon, auto-produit en 2001, le groupe s'invite dans les pages de Big Bang grâce à leur label Karisma et leur tout nouvel album Hang On To That Kite. Celui-ci est composé de dix titres oscillant entre 3:11 et 6:13. Le groupe quant à lui est constitué d'une base somme toute classique (guitares, basse, batterie, clavier, chant) avec l'adjonction récente d'un saxophoniste qui a officiellement rejoint la troupe en cours de route.
La jeunesse des musiciens contraste totalement avec la maturité tout à fait étonnante de leur musique. Il est en effet impressionnant d'observer avec quelle facilité ces Norvégiens parviennent à véhiculer leurs idées. Circles End a ainsi réussi à ingurgiter certaines références qui auraient pu être très encombrantes chez certains pour nous livrer une version moderne vraiment réjouissante. Cette musique nous renvoie en effet à des réminiscences «canterberiennes» (Hatfield and the North, voire Caravan) et à d'autres plus contemporaines (Flower Kings ou Spock's Beard pour les lignes de chant).
Si certains vont se réjouir à l'idée de voir un nouveau groupe sous l'influence de l'école de Canterbury, d'autres vont peut-être prendre un peu peur. Que ces derniers se rassurent, car le propos de Circles End est on ne peut plus mélodique. Même si les parties instrumentales (ah ce Fender Rhodes !) nous renvoient immanquablement aux plus belles heures de ce mouvement, les chaudes mélodies, égrainées par Karl Riis Jacobsen au chant, apportent une composante tout à fait personnelle et rafraîchissante à la musique des Norvégiens. Celui-ci me fait d'ailleurs fortement penser à Hasse Fröberg des Flower Kings, en moins «propre» tout de même.
Si la faible durée des compositions pouvait faire craindre un manque d'espaces pour les escapades en solitaire des musiciens, ceux-ci arrivent néanmoins à trouver l'équilibre salvateur avec les lignes de chant de Jacobsen, comme l'atteste d'ailleurs le morceau «Echoes» qui ouvre l'album. Je vous conseille aussi de vous arrêter plus particulièrement sur les deux instrumentaux, «Charlie» (3:56) et «The Dogfather Has Entered The Lift» (4:36). Vous vous retrouverez ainsi face à une musique légèrement plus groovy et jazzy qu'à l'accoutumée. Les chaudes sonorités des percussions, de la guitare et des claviers auront du mal à ne pas vous faire décocher un sourire béat tant ces deux passages sont maîtrisés. A ce titre l'arrivée du saxophone sur «The Dogfather» nous laisse entrevoir de grands moments à venir grâce à l'embauche définitive de Jon Trygve Oldsen à cet instrument.
Vous aurez donc compris que Hang On To That Kite s'adresse finalement à beaucoup de monde : que ce soient les amateurs de l'école de Canterbury, les amateurs d'un prog plus symphonique, voire ceux qui ne jurent que par le néo-prog et la mélodie parfaite. Aussi n'hésitez pas à franchir le pas pour découvrir ces jeunes musiciens. Et même si la faible durée de l'album aurait pu être un inconvénient majeur pour certains, ce simple fait nous invite simplement à appuyer plus facilement sur la touche Repeat en attendant impatiemment des nouvelles de la Norvège.
Julien GOARNISSON
(chronique parue dans Big Bang n°55 - Octobre 2004)


