
PISTES :
1. Jonny Had Another Face (10:30)
Parallel Lines (1:07)
2. Junk And Donuts (9:19)
An Afterthought (0:21)
3. To Dance The Enamel-faced Queen (10:24)
Beyond The Boundaries (1:03)
4. Somewhere But Yesterday (25:40)
i) Owls (1:47)
ii) Obsessions (5:41)
iii) The Ballad Of Creepy John (3:52)
iv) Echoes-The Labyrinth Penumbra (4:47)
i) All The Sin's Men (4:44)
vi) Farewell (2:31)
vii) A Word In Your Ear (2:18)
5. Strange Barbarians (11:48)
The Mother's Shroud (2:24)
FORMATION :
Nick Arless
(batterie)
Stuart Bell
(claviers)
George 'Cyrus' Scott
(chant)
Andy Gilmour
(basse)
Alistair MacGregor
(guitare)
CITIZEN CAIN
"Somewhere But Yesterday"
Royaume-Uni - 1994
SI Music - 67:48
"Des spots ! Des spots !...", vociféraient des publivores frustrés après l'annulation d'une "nuit de la pub". Curieux hasard, je désire aujourd'hui m'associer phonétiquement à leur courroux et crier à mon tour : "Despote ! Despote !... ".
Mon mécontentement est bien sûr d'une autre nature. L'objet de cette contrariété peut d'ailleurs se résumer à l'évocation d'un nom : George 'Cyrus' Scott. Plongeons-nous au préalable dans l'obscurité afin d'aiguiser notre sens auditif, et Dieu sait s'il en a besoin au regard de l'imbroglio dans lequel nous place Somewhere But Yesterday. En effet, et j'en reviens à notre dictateur vocal, 'Cyrus' asphyxie chacune des compositions de son chant omniprésent. Et encore, c'est un euphémisme ! Le livret du CD est d'ailleurs éloquent, dans la mesure où il répertorie treize pages de paroles !... La confusion s'installe alors dans l'esprit de l'auditeur qui ne comprend pas bien les tenants et aboutissants d'une telle stratégie musicale.
Et pourtant, la découverte de l'album était des plus prometteuse, en nous annonçant cinq morceaux aux durées affriolantes : 10 minutes pour quatre d'entre eux, et 25 pour le dernier !
En fait, Citizen Cain s'enferme lui-même dans des ghettos en exacerbant des inclinations défendables seulement quand elles sont modérées. Ainsi, après avoir été blâmé pour sa trop forte ressemblance avec Genesis (le chant) ou Marillion (les claviers) sur son premier album (Serpents In Camouflage), la formation écossaise a aujourd'hui déplacé le foyer des critiques qui lui seront inévitablement adressées. Celles-ci porteront donc sur la trop rare présence de passages instrumentaux dignes de ce nom... Quelques ponts musicaux orchestrés comme d'antan par le jeu flamboyant de Stuart Bell (claviers), sont bien évidemment disséminés ci et là pour entretenir l'illusion d'un agencement équitable. Mais le stratagème ne demeure efficace qu'un temps, et on finit par conclure (paradoxalement à la longueur de ses compositions) que Somewhere But Yesterday est avant tout un album de chansons...
J'évoquais à l'instant Stuart Bell; il me faut préciser que 'Cyrus' et lui sont les seuls rescapés de la formation officiant sur le premier album. Sans vouloir pour autant corroborer mon impression initiale par de sombres rapprochements d'idées, j'en arriverais presque à me demander si notre exubérant vocaliste et sa prolixité apparemment illimitée ne seraient pas tout bonnement à l'origine d'un tel remaniement. Mème si on ne sait pas ce qu'elle peut valoir concrètement, cette question se devait d'être posée. Sa réponse n'est-elle pas en effet la clef de voûte de la carrière future de Citizen Cain ? Car, en dépit de son indubitable talent (dont la suite de 25 minutes nous livre malgré tout de larges démonstrations), Citizen Cain a bâti un édifice bien fragile qu'un léger tremblement de terre (un échec commercial par exemple) risquerait de faire s'effondrer...
Au terme de cette chronique, je propose ardemment de rallumer les lumières afin qu'à l'avenir notre (malgré tout sympathique) despote soit au moins... éclairé...
Olivier PELLETANT
(chronique parue dans Big Bang n°9 - Janvier-Février 1995)

