BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques

Colosseum Lives pochette

PISTES :

1. Those About To Die
2. Skellington
3. Elegy
4. Tanglewood 63
5. The Valentyne Suite a) January’s Search
6. The Valentyne Suite b) February’s Valentyne
7. The Valentyne Suite c) The Grass Is Always Greener
8. Rope Ladder To The Moon
9. Theme For An Imaginary Western
10. The Machine Demands Another Sacrifice
11. Solo Colonia
12. Lost Angeles
13. Stormy Monday Blues
14. Walking In The Park

FORMATION :

Chris Farlowe

(chant)

Dave Greenslade

(orgue, claviers, vibraphone)

Mark Clarke

(basse, chant)

Dave "Clem" Clempson

(guitare, chant)

Dick Heckstall-Smith

(saxophones)

Jon Hiseman

(batterie, production)

EXTRAIT VIDEO :

COLOSSEUM

"Lives - The Complete Reunion Concert,
Cologne 1994" (DVD)

Royaume-Uni - 2003

Angel Air Records - 200mn

 

 

Difficile pour moi d'aborder le commentaire d'un DVD d'un groupe comme Colosseum sans m'appesantir sur tout le bien que j'en pense, sur, oh combien, il a été en son temps novateur, sur l'impact qu'il a eu dans les débuts du rock progressif, sur l'incroyable potentiel technique de ses musiciens etc... oui, difficile, sans me lancer dans le dithyrambe, aussi vais-je essayer de me contenter d'une analyse formelle de cette œuvre... ceci dit, d'une importance capitale ! Aussi, je vous demande d'ores et déjà de fermer les yeux si je m'enflamme quelque peu. Après la reformation du groupe - sous sa dernière mouture, celle de 1970-71 - en 1994, Colosseum nous gratifia d'un album live (de bonne facture) une année plus tard : Colosseum Lives, The Reunion Concerts 1994. Une importante partie de cet album provenait d'enregistrements vidéo de leur second concert... à Cologne. C'est la totalité de ces enregistrements qu'il nous est donné de voir sur ce DVD. La qualité d'image et de son (proposé en 5.0 stéréo ou en 5.1 Dolby Surround) est exceptionnelle. La réalisation est ad hoc, chaque plan est en parfaite adéquation avec les (nombreux !) temps forts délivrés par chacun des musiciens (ce qui n'est pas toujours le cas dans les DVD musicaux, n'est-ce pas ?) et le montage évite d'être épileptique comme c'est tant la mode depuis quelques années (ceci dit, j'imagine mal Colosseum sur MTV !). Un nombre conséquent de caméras est en place dont une, montée sur grue, permettant des vues d'ensemble ainsi que de jolis travellings; elle nous fait également remarquer que le public est tout à fait acquis à la cause du groupe... on le serait à moins !

Maintenant, si on est en droit d'être impressionné par la musique de Colosseum, le spectacle visuel offert par le groupe n'en est pas moins stupéfiant : il faut voir Jon Hiseman derrière ses fûts pour le croire ! Comme si cela n'était pas suffisant, il se permet un jonglage à trois baguettes lors de son solo («Solo Colonia» : 12 minutes, ça fait long sur disque, mais lorsque l'image est à l'appui...). Saviez-vous que sur l'introduction du dantesque «Valentyne Suite», Dave Greenslade jouait de l'orgue et du vibraphone en même temps ?! Dans le même registre, Dick Heckstall-Smith se sert souvent de ses ténor & soprano saxes ensemble. La célérité des doigts de Clem Clempson sur son manche de guitare lors de l'un des plus impressionnants soli du groupe (et du rock en général !), celui de «Lost Angeles», est inouïe. A côté de cela, les prestations de Mark Clarke, Victor Mature de la basse, et de Chris Farlowe (réputé le meilleur chanteur soul blanc...) sont plus sages. Il est tout de même amusant de constater que ce dernier reste présent sur scène lors des longs épanchements instrumentaux de ses confrères, alors qu'on le présentait à l'époque comme un invité de luxe. Tous les grands classiques du groupe ont leur place sur ce DVD, avec une préférence, bien sûr, pour «The Valentyne Suite» (pas une ride après toutes ces années !), «Those About To Die», avec ses breaks au cordeau, et «Lost Angeles» (qui valait déjà à lui seul l'achat de Live, en 1971 !). Les autres titres combinant de façon moins subtile les différentes influences des musiciens ou s'apparentant un peu trop au blues de luxe. (Tiens ! Blues Deluxe, c'est aussi le titre du dernier album du nouveau prodige américain du blues-rock, Joe Bonamassa, si des amateurs de ce style se sont égarés en ces pages, je leur conseille vivement !).

Voici donc près de deux heures de concert donnant à ce DVD un intérêt plus que conséquent, pourtant le meilleur reste à venir : un documentaire d'une 1h30 sur le groupe, comportant de nombreuses images d'époque (concerts, scopitones, passages à la télé, mais aussi archives personnelles de Jon Hiseman) ainsi que des interviews de membres actuels et passés, soient Tony Reeves (quel bassiste !) et James Litherland (le premier guitariste-chanteur du groupe, il créera plus tard Mogul Thrash, rock cuivré avec John Wetton), de leur manager, de leur producteur, du patron de Vertigo etc. Si ce documentaire commence par des manifestations évidentes de langues de bois, - «on s'est séparé, on ne sait pas pourquoi...», «on a jamais aussi bien joué que maintenant....» - et finit par un pur exercice d'auto promotion, puisqu'il a été conçu lors de l'enregistrement de Bread And Circuses (1997), il fourmille cependant d'anecdotes et d'infos en tout genre (non traduites, il est vrai, mais le modeste anglophone que je suis a compris les grandes lignes, alors...).

Bon... voilà-voilà.... vous savez ce qu'il vous reste à faire... Sinon dans le genre, vous avez toujours la Starac («Il m'a dit d'ôter ma culotte, mais moi, pas sotte, j'avais bien vu qu'il n'y avait pas de caméra...»).

Fabien CLAIR

(chronique parue dans Big Bang n°51 - Novembre 2003)