
PISTES :
1. Disobey (6:45)
2. Jekyll (5:12)
3. Prelude, Riff And Fugue (4:41)
4. Carousel (9:57)
5. American Rodeo (4:09)
6. Could Have Been Yesterday (5:55)
7. Ailsa's Lullaby (1:36)
8. Joke (4:22)
9. The Student Prince
Part 1- When Will I See You Again (9:11)
Part 2- And So To Bed (5:57)
Part 3- Foolcircle (7:13)
Part 4- Green Light Coda (3:31)
FORMATION :
Joe Cairney
(chant)
Jim Johnston
(claviers, guitares additionnelles, choeurs)
Mark Spalding
(guitare, basse, choeurs)
INVITÉS
Bruce Levick
(batterie)
Hew Montgomery
(basse [9])
EXTRAITS AUDIO :
COMEDY OF ERRORS
"Disobey"
Royaume-Uni - 2011
ACH Media - 68:40
Le rock progressif a le don des improbables retours. Si on peut comprendre ceux qui concernent des groupes ayant une certaine renommée, on est plus dubitatif lorsqu'il s'agit de la trempe de formations telles Ark récemment ou leurs compatriotes ici présents de Comedy Of Errors. Rendez vous compte que ce groupe britannique n'a produit que quelques mini-albums au milieu des années 80, avant de voir certains de ses titres démos compilés sans son assentiment sur un album éponyme paru en CD en 1988. Une bien maigre histoire discographique, qui a peut-être poussé certains de ces musiciens (le chanteur Joe Cairney, le claviériste Jim Johnston et le guitariste-bassiste Mark Spelding) à se retrouver et offrir à la postérité une véritable trace musicale digne de ce nom.
Formé à l'école néo-progressive anglaise typique des années 80, le groupe s'amuse d'ailleurs dès les premières secondes à nous renvoyer vers cette époque à coups de sons de synthés bien datés. Mais c'est pour ensuite mieux se dévoiler sous un jour nouveau nettement plus intéressant. Sans renier le passé (le goût des solos de synthés virevoltants, une base rythmique plutôt simple, l'accent mis sur des mélodies limpides portées par de belles envolées de guitare), le groupe a su apporter une dynamique plus actuelle à ses compositions et lui permettre ainsi de sortir enfin de son lointain anonymat.
Très franchement, même ceux qui connaissaient le groupe ne pouvaient espérer un retour aussi concluant. Car tout au long des 9 compositions (du petit intermède au piano très "Banksien" d'1:30 à la suite épique de plus de 25 minutes «The Student Prince» découpée en 4 parties et remontant aux débuts du groupe), le groupe fait preuve de beaucoup d'inspirations pour proposer des mélodies prenantes et des joutes instrumentales longues et passionnantes. Les sons sont variés, tant aux claviers (Moog, piano, orgue, synthés) qu'aux guitares (électrique, acoustique), et le chant module de l'aigu au plus grave, en passant par quelques passages plus théâtralisés. Les titres évoluent du rock diablement efficace («American Rodeo») à une inspiration plus médiévale (l'instrumental «Prelude, riff & Fugue»), en passant par une pop plus assagie (le plaisant mais quand même trop linéaire «Could Have Been Yesterday»), le rock progressif à la mode néo demeurant toutefois le cheval de bataille favori du groupe. Mais cette diversité bienvenue permet de ne pas lasser sur la longueur Une (re)naissance inespérée pour ces écossais de Glasgow qui profitent certainement du regain d'intérêt porté au genre progressif depuis quelques années, en particulier au Royaume-Uni.
Souhaitons leur de continuer sur cette belle voie.
Christian AUPETIT
(chronique parue dans Big Bang n°81 - Novembre 2011)


