
PISTES :
1. Let The Play Begin... (7:37)
2. Dejá Vù (4:36)
3. A New Beginning (10:10)
4. The Battle Of Thalÿma (5:31)
5. ...And Enter The Game (9:44)
6. Fjärilshonung (0:51)
7. Mesmerizing Enterprize (15:20)
FORMATION :
Hansi Cross
(guitares, claviers, chant, percussions)
Lollo Andersson
(basse)
Tomas Hjort
(batterie, chœurs)
INVITÉS
Olov Andersson
(claviers, chœurs)
Lizette von Panajott
(chœurs [1,5,7])
Göran Johnsson
(percussions, chœurs [4,5,7])
Göran Fors
(taurus, chœurs [3,7])
Hannah
(violon électrique [4])
Linus Kåse
(saxophone soprano [3,5])
Robert Iversen
(percussions [5])
Alex
(percussions [4,5])
EXTRAITS AUDIO :
CROSS
"Playgrounds"
Suède - 2004
Progress Records - 54:02
Hansi Cross est un type formidable ! Non seulement, il dirige avec efficacité et passion (deux termes pas toujours compatibles...) le label Progress, mais il a également su créer une scène musicale à part entière. Autour de musiciens (et des groupes auxquels ils appartiennent : Galleon, Grand Stand, Spektrum,... Cross bien sûr) portés par une même dynamique, s'articule ainsi une musique parfaitement balisée, tant d'un point de vue géographique (la Suède donc) que structurel (un néo-progressif symphonique). Acteur, dans tous les sens du terme, de cette musique, Hansi Cross endosse ainsi avec un incroyable naturel différents costumes, pour autant de personnages d'un spectacle ayant aujourd'hui atteint une forme achevée.
Car si Progress est une affaire qui tourne, Cross n'est pas pour sa part le résultat d'une génération spontanée. La maturation de son art a pris de longues années avant d'aboutir à cet enthousiasmant Playgrounds. En sept compositions (de 1 à 15 minutes), Cross développe donc un progressif tout à la fois typé, fluide, énergique et d'une brillance mélodique certaine... La bonne volonté du groupe recensée sur ses premiers albums s'est drapée aujourd'hui d'une indéniable rigueur, donnant à sa musique une intensité jusqu'alors inédite.
Playgrounds réponds ainsi pleinement aux attentes des amateurs de ce néo-progressif typiquement Suédois, joué par les formations évoquées plus haut, et enclin à développer des ambiances spatiales. Dans le genre, Cross a pondu une œuvre quasi «parfaite», tant au niveau de sa structure (alternance de titres instrumentaux et chantés - le chant, manquant d'amplitude, étant d'ailleurs l'élément à travailler) que de son inspiration. Evidemment, Cross n'a pas pour vocation de réunir autour de son art tous les amateurs de musiques progressives. Mais quelle formation pourrait de toute façon se prévaloir de cette capacité !?
Au delà de la quête d'une unanimité bien utopique, Playgrounds séduira donc avant tout les amateurs de Eloy (sur «Déjà Vu», des réminiscences de Colours se font d'ailleurs clairement entendre), de Galleon (les précurseurs du genre) ou de certaines formations anglaises (comme Pendragon). Cross offre de plus la particularité de mettre très souvent au premier plan les claviers de Olov Andersson, et d'élargir sa palette sonore à des instruments plus inattendus ici comme le violon ou le saxophone.
Que demander de plus à cette formation ? De réinventer un genre, qu'il vient de passer dix ans à apprivoiser, à maîtriser puis à marquer de son empreinte en l'enrichissant de sa personnalité !?... Pour ma part, je me contente (et me délecte) de voir Cross grimper petit à petit au sein de la hiérarchie progressive grâce à un genre qu'il maîtrise dorénavant parfaitement...
Olivier PELLETANT
(chronique parue dans Big Bang n°55 - Octobre 2004)


