BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques

Cryptic Vision - Live At ROSFest

PISTES :

1. Introspective - Contemplation - Grand Design (14:36)
2. In A World (16:07)
3. Ascension (5:27)
4. Keyboard Solo (2:08)
5. Shock Value (4:09)
6. The Progledy (13:55)
7. In A World - Studio Demo (16:29)

FORMATION :

Todd Plant

(chant, guitare, claviers)

John Zahner

(claviers, chant)

Rick Duncan

(batterie)

Sam Conable

(basse, pédalier de basses, chant)

Tim Keese

(guitare, chant)

Steve Lamagna

(guitare [7])

CRYPTIC VISION

"2005 - Live At ROSFest"

États-Unis - 2006

Progrock Records - 72:55

 

 

Cryptic Vision est un groupe encore peu connu des mélomanes progressifs, auteur d'un seul album studio remarqué, Moments Of Clarity, en 2004 (voir le Big Bang n°54). Issu de l'association du producteur et multi instrumentiste Rick Duncan (ici en charge seulement de la batterie) et du chanteur Todd Plant (vocaliste entre autre du combo de hard FM Millenium, dont fit également partie Jorn Lande), Cryptic Vision s'est enrichi pour l'occasion d'un claviériste, John Zahner, devenu membre permanent, d'un bassiste, Sam Conable, et d'un guitariste, Timothy Keese.

Enregistré lors d'un concert donné le 1er mai 200S dans le cadre du Rites of Spring Festival, en Pennsylvanie, ce premier et copieux live fait évidemment la part belle au seul opus studio paru, avec cinq extraits : «Introspective», «Contemplation», «Grand Design» (assemblés sur une seule piste), «Ascension» et le rock «Shock Value», à la percutance plus immédiate. Pour les autres titres, on a droit à un court mais réussi solo de clavier (sons tour à tour inquiétants et pompeux à la Toshio Egawa, puis un piano très sensible), et à «The Progledy», un medley de treize minutes rendant hommage aux groupes de progressif que les musiciens affectionnent (leurs «prog fathers» dans le texte) en faisant se succéder des extraits de morceaux classiques : les débuts enchaînés jusqu'aux premiers chants de «The Water» de Spock's Beard, «Yours is no Disgrace» de Yes, «Song for America» de Kansas, «Erotomania» de Dream Theater, «Turn it on Again» de Genesis et «Karn Evil 9» de ELP, tout au moins son second mouvement, le plus abordable, d'ailleurs mal relié au précédent. Tout cela confirme clairement le bon niveau du nouveau claviériste du groupe.

Les musiciens délivrent une performance plutôt bien en place, et on peut difficilement résister à ce progressif typiquement américain, qui évoque les premiers albums de Spock's Beard ou surtout aînés de Kansas (dont ils ont d'ailleurs assuré la première partie), en particulier les épiques de ceux-ci, y compris ceux de leurs réalisations les plus récentes comme Somewhere to Elsewhere. On trouve en effet de longues séquences instrumentales très mélodiques (avec un clavier alternant le piano, le moog ou l'orgue, remplaçant même le violon présent sur le studio), un certain sens du grandiose, des soli de guitare et de claviers, ainsi que des refrains entraînants avec quelques chœurs en canon.

Tous ces ingrédients, dans la grande tradition du progressif symphonique à l'américaine, sont également ce qui fait la force de l'inédit proposé sur ce disque, «In a World», de surcroît en deux versions; l'interprétation en concert et la démo studio. Morceau de quinze minutes, pourvu d'un thème vocal fort sans être très original, avec en prime un passage hispanisant, il augure du meilleur pour le second album de Cryptic Vision, qui portera d'ailleurs ce titre et qui devrait être sorti au moment où vous lirez ces lignes. Les seuls bémols que l'on peut faire à ce live concernent la production, moins luxueuse qu'en studio, et des voix qui ne sont pas toujours placées de manière très juste. Un disque en tous les cas vivement recommandé à tous les amateurs de prog américain et des groupes sus-cités !

Jean-Guillaume LANUQUE

(chronique parue dans Big Bang n°62 - Été 2006)