BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques


PISTES :

1. Money Talks (5:32)
2. Wrong Man (4:52)
3. Girls Like That (4:00)
4. Rapture Of The Deep (5:56)
5. Clearly Quite Absurd (6:25)
6. Don't Let Go (4:32)
7. Back To Back (4:02)
8. Kiss Tomorrow Goodbye (4:17)
9. MTV (4:54)
10. Junkyard Blues (5:30)
11. Before Time Began (6:39)

FORMATION :

Steve Morse

(guitare)

Ian Gillan

(chant)

Roger Glover

(basse)

Don Airey

(orgue, claviers)

Ian Paice

(batterie)

DEEP PURPLE

"Rapture Of The Deep"

Royaume-Uni - 2005

Edel Records - 55:50

 

 

En tant que pionnier du hard prog, ce que nous ne manquerons pas de rappeler lors d'une rétrospective future, Deep Purple a toute sa place dans les pages de Big Bang. D'autant qu'il concurrence Yes sur le terrain de la formation ayant connu le plus grand nombre de remaniements dans son histoire ! Blague à part, ce nouvel album, au packaging original (une boite métallique, avec en bonus un petit documentaire de dix minutes sur l'enregistrement du disque), est un fort bon cru, et par ses sonorités, nous renvoie aux glorieuses années 70 et aux fleurons de la discographie du groupe. Il faut dire que la production, signée de l'étatsunien Michael Bradford, est particulièrement claire, mettant en exergue chaque instrument à égalité, la voix de Ian Gillan survolant très distinctement le tout.

Certes, les musiciens n'innovent plus, déclinant un style qui leur est propre, mais avec un brio, une énergie et une constance qui forcent le respect. On a ainsi droit à de bons morceaux hard-rock bien balancés, du «Money Talks» d'ouverture (évocateur de «Perfect Strangers») au lourd «Wrong Man», en passant par le rythmé «Kiss Tomorrow Goodbye» ou le plus léger «Girls Like That», au thème accrocheur, tout comme le bluesy «Don't Let Go», au refrain plus pop. «MTV» rappelle pour sa part plutôt la période avec David Coverdale et Glenn Hugues. Une ballade est même présente. «Clearly Quite Absurd». efficace sans être originale pour deux sous. Sur tous ces titres, Steve Morse décoche des soli inspirés dont il a le secret, mais c'est surtout Don Airey qui attire l'attention. En tant que successeur de Jon Lord, il était attendu au tournant. Si, sur Bananas, le précédent disque, il paraissait plus effacé, il fait preuve ici d'une forte présence et d'une grande diversité, allant du traditionnel orgue hammond («MTV») au piano («Don't Let Go», «Junkyard Blues»), en passant même par des interventions évoquant le moog de Rick Wakeman (sur l'excellent «Back to Back»). On retrouve également quelques duels entre lui et Morse, comme sur «Kiss Tomorrow Goodbye».

Deux compositions se hissent enfin au dessus de cette nouvelle livraison de titres pêchus et mélodiques. Le titre éponyme, tout d'abord, qui combine avec talent une ambiance légèrement arabisante et un thème vocal prenant (malgré quelques arrangements de claviers sur la dernière partie un peu hors sujet). L'ultime morceau, ensuite, «Before Time Began», le plus long du disque avec un peu plus de six minutes, qui présente un début et une fin acoustiques attachantes, enchâssant une section centrale nettement plus débridée, Ian Gillan poussant sa voix et Morse ainsi qu'Airey nous gratifiant chacun d'un solo fort agréable. Au final, un album réussi qui invite à se replonger dans les nombreux succès discographiques de Deep Purple !

Jean-Guillaume LANUQUE

(chronique parue dans Big Bang n°60 - Décembre 2005)