
PISTES :
2. Sadness (4:34)
3. Jewel (4:30)
4. Candyland (3:40)
5. Green Knees (5:57)
6. Hello (3:56)
7. Points Of View (5:37)
8. Wish It Away (5:80)
9. Wounded (3:12)
10. Nature's Cruelty (2:17)
11. Childhood Dreams (8:50)
FORMATION :
Liselotte Hegt
(chant, basse, claviers)
Rommert van der Meer
(guitares électrique et acoustique)
Kristoffer Gildenlöw
(basse, guitares, claviers, contrebasse, violoncelle, mandoline)
MUSICIENS ADDITIONNELS
Dirk Bruinenberg
(batterie, percussions)
Devon Graves
(chant, guitare électrique)
Eugenia Lackey
(chœurs)
EXTRAITS AUDIO :
DIAL
"Synchronized"
Pays-Bas - 2007
Progrock Records - 52:30
Après son départ de Pain Of Salvation, le bassiste et chanteur Kristoffer Gildenlöw (frère de Daniel, leader du combo suédois) n'aura donc pas tardé à renouer avec la musique puisque le voici à l'origine de cette nouvelle formation suédo-néerlandaise, qu'il a fondé avec deux ex-membres du groupe de métal théâtral hollandais Cirrha Niva : la chanteuse Liselotte Hegt et le guitariste Rommert van der Meer. Les trois musiciens sont accompagnés sur leur premier album du batteur Dirk Bruinenberg (qui a joué avec Elegy entre autres) et du guitariste et chanteur Devon Graves (Dead Soul Tribe), qui produit également l'album. Des musiciens expérimentés réunis avec le désir de "faire de la musique pour le plaisir, sans penser à un style en particulier".
Sorti sur un label plutôt fortement orienté vers le genre progressif, on peut pourtant imaginer que la musique va avoir un petit quelque chose d'attirant pour nous autres ! La réponse est bien évidemment positive, mais ne signifie pas pour autant qu'un nouveau groupe de progressif symphonique est né. Car Dial n'a rien à voir avec les Flower Kings, et sa musique semble encore très éparpillée dans plein de styles différents, et pas spécialement progressifs. Beaucoup de morceaux (il y en a 11 de 2:20 à 8:08) sont donc très éloignés les uns des autres, avec pour seul dénominateur commun une recherche sonore très fouillée, un besoin de triturer des sons, parfois au détriment d'une évidence mélodique prégnante. On aimerait en effet que le groupe ne juge pas utile de constamment user de bidouillages en tout genre, car on ne voit pas vraiment quelle démarche l'y pousse. Volonté de sonner moderne ? Rien de tel pour que l'album paraisse vite daté ! Crainte d'une compromission vers la facilité ? Simplicité ne veut pas forcément dire commercial, et la complexité, surtout lorsqu'elle paraît artificielle, n'est pas gage de qualité ni de réussite !
Si l'album débute plutôt bien sur le fort justement nommé «Beautiful», mélange de sons électro et de rock lyrique porté par la belle voix de Liselotte Hegt, la suite se met vite à brouiller les pistes. L'aspect chanson (globalement cool) domine, mais cette volonté d'user et d'abuser d'effets en tout genre finit par agacer plus que séduire («Hello», «Wish It Away», «Wounded»). De même que si la variété des ambiances peut parfois s'avérer payante («Green Knees», titre assez rock aux riches arrangements, «Points Of View» qui rappelle beaucoup... Pain Of Salvation ou «Childhood Dreams», morceau floydien sauce 70's), elle montre aussi ses limites («Candyland», façon comédie musicale de Broadway un brin poussive, le très atmosphérique et peu passionnant «Nature's Cruelty»). Le but du groupe est peut-être de ne pas se forger une identité immédiatement reconnaissable (et dans ce cas-là, c'est réussi !), mais cet éclectisme n'aboutit pas à une franche réussite dans tous les domaines.
En attendant une suite qu'on aimerait voir recadrée sur les points forts (le chant des trois protagonistes est très bon, la production excellente, les parties rock et celles carrément intimistes sont le plus souvent superbes), Synchronized est une introduction encore un peu tiède qui demande à être confirmée.
Christian AUPETIT
(chronique parue dans Big Bang n°66 - Été 2007)


