
PISTES :
1. Why (6:02)
2. Open Letter (3:37)
3. Corporate Ladder (1:37)
4. Introspection (1:37)
5. Train Wreck (5:48)
6. Xeno’s Paradox (16:51)
7. Intrigue (6:06)
8. Nothing Changed (6:43)
FORMATION :
David Hoover II
(chant)
Kent Herman
(guitare)
D.R. Burkowitz
(basse, Chapman stick)
Jeff Konkol
(claviers)
Andy Jimenez
(batterie)
DIMENSION X
"So... This Is The Earth"
Etats-Unis - 2005
Unicorn Digital - 51:45
Nouvelle formation en provenance du pays de l'oncle Sam, Dimension X se compose de David Hoover II au chant, Kent Herman à la guitare électrique. D.R. Burkowitz à la basse, Jeff Konkol aux claviers et Andy Jimenez à la batterie, ce dernier ayant quitté le groupe depuis l'enregistrement de So... This is Earth. Si le choix de leur nom peut évoquer, en dehors d'un attachement indéniable à la science-fiction (la pochette en forme de couverture de sérial le montre bien), leurs compatriotes de Symphony X, la musique qu'ils interprètent en est foncièrement différente, en dehors d'un son metal évident. Le hard prog de Dimension X lorgne en effet plutôt du côté de Magellan.
De solides riffs de guitare mais qui s'expriment à égalité avec les claviers, des changements de tempos nombreux, une rythmique recherchée, l'ensemble est dense et équilibré, avec toutefois des accalmies qui sont autant d'occasions supplémentaires pour la basse ou le piano de briller davantage. Le piano, justement, est extrêmement présent et mélodique, comme sur le court «Introspection», qui lui est entièrement consacré, tandis que le bassiste, en plus d'être toujours vivace, sait varier ses sonorités. La plupart des morceaux dépassent les cinq minutes (six sur huit), permettant aux musiciens de s'accorder des plages instrumentales étendues. A cet égard, cependant, les soli ne sont pas toujours d'une pertinence ou d'un intérêt extraordinaire. C'est particulièrement vrai pour la guitare, alors que le claviériste s'en sort généralement beaucoup mieux, entre autre par la grâce de son piano (jazzy sur «Open Letter», plus classisant sur «Xeno's Paradox»). De même, les thèmes musicaux passent parfois à côté de l'émotion, d'autant que la voix de David Hoover II semble à plusieurs moments manquer de justesse et se déconnecter de l'accompagnement («Open Letter» en est une bonne démonstration).
C'est ce qui rend cet album en partie inégal, en plus de générer une certaine lassitude au fil de l'écoute. «Corporate Ladder», avec sa basse slappée, sa douce choriste féminine et son solo de clavier à la Rick Wakeman, est ainsi une vraie réussite, tout comme le contrasté «Intrigue» ou «Nothing's Changed» et son chant plus prenant, alors que «Train Wreck», par exemple, qui commence pourtant bien avec une introduction alléchante, se trouve desservi par une guitare d'apparence trop brouillonne et un chant irrégulier. Un épique est également au programme, et les seize minutes de «Xeno's Paradox», sans être exemptes de tous défauts (dont une relative aridité), proposent globalement la meilleure face de Dimension X. Si ce premier disque est encourageant, il reste au groupe à parfaire son art, en particulier sur les arrangements, pour être véritablement incontournable au sein du hard prog états-unien.
Jean-Guillaume LANUQUE
(chronique parue dans Big Bang n°59 - Octobre 2005)

