
PISTES :
1. Gazelle
2. Séquestré
3. Rien de moins
4. La résurrection
5. Je te traverserai
6. De toute façon
7. Coucher de nuit
8. L'éclosion
FORMATION :
Marco Paradis
(guitares électrique & acoustique, piano)
Serge Tremblay
(chant, claviers)
Robin Gaudreault
(basse)
Jean-Claude Tremblay
(batterie)
EXTRAITS AUDIO :
DIRECTION
"O"
Canada - 2006
Autoprod. - 53:42
Direction est un nouveau groupe québécois avec déjà à son actif un premier album intitulé sobrement R et sorti en 2002, mais c'est seulement avec son second opus (avec toujours un titre des plus courts !) qu'il nous parvient de ce côté-ci de l'Atlantique. Formé en 2000, Direction est un quatuor classique composé de Marco Paradis à la guitare, Serge Tremblay au chant et aux claviers, Robin Gaudreault à la basse et Jean-Claude Tremblay à la batterie. Tous engagés par ailleurs dans le monde musical et se connaissant depuis de nombreuses années, c'est le désir de composer leur propre musique qui les pousse à s'unir pour former ce groupe. Avec pour objectif de puiser dans toutes les musiques qu'ils aiment pour aboutir à construire un univers musical qui n'appartient qu'à eux. Le résultat, pour intéressant qu'il soit et quelque peu inhabituel dans le contexte actuel (je vais y revenir), révèle deux chemins (directions ?) assez distincts.
L'album, constitué de huit titres, démarre ainsi sur les chapeaux de roue avec cinq morceaux aux durées courtes (moins de 4 minutes en moyenne), fortement orientés rock, tandis que les trois derniers, plus longs (6-7 minutes et une longue suite de 21), dévoilent une facette plus symphonique et progressive. Mais surtout, Direction a fait le choix de chanter en français, et il faut bien avouer que notre belle langue a ses adeptes tout comme ses détracteurs dans le monde de la musique rock. Avec un accent assez typique de sa contrée d'origine (on est quand même loin d'un Serge Fiori d'Harmonium), il y a un côté un peu suranné dans ce chant, qui renvoie à la fin des années 70 ou aux années 80 plutôt qu'à notre époque actuelle. L'intérêt que chacun pourra porter à ce groupe dépendra donc fortement de ses goûts en matière de chant, d'autant qu'il est très présent sur les titres rock. Vous voilà prévenus !
Musicalement, il y a là aussi un parfum d'antan. Les premiers morceaux, dont certains ont un petit parfum du Rush des années 80, misent donc beaucoup sur le chant et une structure couplet-refrain-pont instrumental, avec une prédominance des claviers, ceux-ci évoquant toujours les sonorités synthétiques de la fin des 70's-début des 80's. Sans être renversantes d'originalité, il faut reconnaître qu'à force d'écoutes, on finit par fredonner ces chansons sans même s'en rendre compte... Mais l'amateur de progressif et de musique un peu plus ouvragée trouvera peut-être plus son bonheur avec les trois derniers morceaux. «De toute façon» est une ballade symphonique avec de beaux arpèges de guitare acoustique et des claviers planants; «Coucher de nuit», la pièce de résistance du disque, évoque les fastes du néo-prog des années 80 (on pense souvent à IQ), avec une approche moins linéaire, de nombreux thèmes et des cassures de rythme, des passages de claviers virevoltants, une guitare électrique plus présente en solo; enfin «L'éclosion» est encore une chanson triste traitée en mode mineur, qui décolle sur un thème de guitare proche du Steve Hackett de Spectral Mornings.
On le voit, Direction n'est pas enfermé dans un style (encore qu'avoir deux visages assez distincts n'est pas forcément un atout fédérateur), mais plutôt dans une époque, déjà lointaine. Ce brin de nostalgie ou de passé révolu sera déterminant quant à la chance à donner au groupe compte tenu de la pléthorique production actuelle.
Christian AUPETIT
(chronique parue dans Big Bang n°62 - Été 2006)


