
PISTES :
1. Lamentation & Fantasia
Gamelantronique (8:14)
a) Lamentation
b) Fantasia Gamelantronique (for J. S.)
2. For This Love (6:18)
3. Doc's Tune (7:47)
4. Condissonance (trio for violin, bass clarinet & 21-string
Harpguitar) (5:54)
5. Dua Cermin (5:41)
6. Wujudkan! (4:39)
7. Violin Metaphysics (music for violin & digital delay) (5:40)
8. Anugerah (4:11)
9. Contrasts (incl. the traditional theme "Gambang Suling") (12:57)
a) Opening & Meditation
b) Gambang Suling
c) Q/A & Odd Time Improvisations
d) Ostinato (Metal Attack!)
e) Lydian Piano Theme & Minor Dance
f) Gambang Suling
FORMATION :
Iwan Hasan
(guitare, guitare harpe, rindik balinais, percussions électroniques, chant)
Anto Praboe
(flûte, saxophones soprano, alto & ténor, clarinette, clarinette basse)
Eko Partitur
(violon)
Fadhil Indra
(claviers, chœurs)
Hayunaji
(batterie, percussions électroniques)
Kiko Caloh
(basses 5 cordes et fretless)
Krisna Prameswara
(claviers, programmations rythmiques)
Noonie
(chant)
DISCUS
"1st"
Indonésie - 1999
Mellow Records - 61:36
Difficile d'envisager, de prime abord, cet album autrement que sous l'angle de ses origines, tant celles-ci sont inhabituelles en matière de rock progressif. Certes, l'Indonésie, on le sait, n'est pas totalement hostile aux représentants de notre genre de prédilection (Colin Bass n'y a-t-il pas trouvé la gloire en solo... il est vrai dans un style musical un peu différent), mais tout de même...
La surprise est telle qu'on doute un instant du possible caractère progressif de la musique en question, craignant quelque bizarrerie exotisante... Pas du tout : cet hybride, puisque c'en est un, s'avère plus qu'intéressant. Et ce grâce à l'authenticité que véhiculent aussi bien les références de Discus à sa propre culture musicale que les caractéristiques typiquement progressives de sa musique; grâce aussi au fait que les premières demeurent discrètes - pas insignifiantes, mais intégrées harmonieusement au discours général.
L'ensemble, basé à Djakarta et mené par le compositeur et multi-instrumentiste Iwan Hasan (guitares, percussions, guitare-harpe à 21 cordes (!) et chant), comprend huit musiciens couvrant un panorama instrumental particulièrement large (flûte, violon, clarinettes, saxophones, claviers divers... en plus de la section rythmique rock), avec une compétence technique impressionnante. L'éclectisme affiché évite ainsi le risque d'une dispersion stylistique trop marquée, l'album étant imprégné d'une réelle personnalité.
Les interventions du chant, alternativement - ou conjointement - masculin et féminin, sont tout aussi bienvenues, car assez parcimonieuses pour laisser comme il se doit la vedette aux parties instrumentales. Celles-ci, tour à tour nourries de références aux musiques folkloriques, au jazz ou au classique, opèrent une fusion chaleureuse et très contemporaine, proche dans l'esprit de ce qu'a pu faire récemment un groupe comme Eclat (parmi les influences citées dans les crédits, on notera celles de Yes, Genesis, John Coltrane et Frank Zappa). La suite de 13 minutes qui conclut le CD, la bien-nommée «Contrasts», est logiquement l'apogée des festivités.
Bien plus qu'une simple curiosité, Discus affiche un potentiel considérable qui ne tient pas au seul métissage culturel qui nourrit sa musique. Celui-ci n'est que l'une des richesses à sa disposition, la principale demeurant la capacité de son leader à l'exploiter pleinement dans ses compositions, qui à leur tour prennent vie grâce au talent du groupe qu'il a réuni autour de lui. Du «rock progressif», dans tous les sens du terme...
Aymeric LEROY
(chronique parue dans Big Bang n°31 - Juillet 1999)

