BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques

03 A Trilogy - Part 2 pochette

PISTES :

1. The Monster (8:28)
2. Nowhere To Hide (5:06)
3. Captured (4:16)
4. Greed, The Evil Seed (7:26)
5. School Of Pain (7:23)
6. The Calling (6:29)
7. The Real Life (3:28)
8. The Cop (4:48)
9. A New Hope (6:52)

FORMATION :

Charlie Dominici

(chant)

Brian Maillard

(guitares)

Americo Rigoldi

(claviers)

Riccardo Erik Atzeni

(basse)

Yan Maillard

(batterie)

DOMINICI

"03 A Trilogy - Part 2"

États-Unis - 2007

InsideOut - 54:30

 

 

Dominici est le groupe formé par l'ancien chanteur de Dream Theater, Charlie Dominici, en compagnie de jeunes musiciens encore peu connus. Après sa participation au premier album des ténors du genre, When Dream and Day Unite, en 1989, avant la déferlante d'Images and Words, donc, le vocaliste est resté fidèle au hard-prog, et propose pour sa première réalisation chez InsideOut le second volet d'une trilogie conceptuelle, bruitages à l'appui. Neuf morceaux sont présents, qui dépassent assez souvent les cinq minutes. Le meilleur est incontestablement aussi le plus long et le seul instrumental. «The Monster» allie en effet des thèmes séduisants, à la Symphony X, portés par des claviers très orchestraux, aux sons diversifiés, et une guitare solide, avec des variations juste assez nombreuses pour conserver tous les sens en éveil, les montées en puissance dynamitant l'ensemble.

Pour le reste, une dominante heavy très marquée tend à rapprocher ce disque desœuvres du Consortium Project de Ian Parry (son troisième volet, Terra Incognita, en particulier), les rythmiques y étant toutefois plus complexes. Les sections instrumentales sont cependant souvent plus longues, mais malheureusement, elles oscillent entre des duels guitare claviers plutôt convaincants (sur «Nowhere to Hide» ou pour la section centrale de «The Cop»), grâce à la compétence technique des deux intervenants, et des bavardages solistes nettement plus indigestes («School of Pain», «The Calling»), sans oublier quelques envolées non dénuées d'un certain lyrisme (le final de «A New Hope»). Par ailleurs, sensibilisé à ce parallèle par le CV du leader, on peut noter à diverses reprises des riffs et des ambiances que n'aurait pas renié un Dream Theater, comme sur «Greed, the Evil Seed», «The Calling», «A New Hope» et bien sûr «The Monster», déjà cité. Au rang des ballades, on a droit à un ennuyeux et prévisible «Captured» et à «The Real Life», une complainte au piano plus convaincante.

Quant au chant lui-même, Charlie Dominici, incontestablement, ne possède pas une personnalité vocale aussi affirmée et séduisante que James Labrie, même si occasionnellement, son timbre sait se faire plus grave («School of Pain»), ou même se rapprocher de celui d'Andy Kuntz, de Vanden Plas (le refrain de «Nowhere to Hide» le démontre largement). Cela ne l'empêche pas de rendre certains titres plus accrocheurs et prenants, sans que l'on sache d'ailleurs très bien si cette dimension plus notable est davantage liée à la qualité vocale ou à la force des mélodies («The Calling» ou «Greed, the Evil Seed» en particulier). O3 A Trilogy - Part 2 est donc un album à réserver avant tout aux amateurs du hard-prog le plus musclé, bien ficelé sans être révolutionnaire.

Jean-Guillaume LANUQUE

(chronique parue dans Big Bang n°65 - Avril 2007)