
PISTES :
1. Shine (08:30)
2. Move Along Home (04:41)
3. Centennial Legend (05:16)
4. Wild Chase (05:32)
5. And The Road Goes On (08:10)
6. What You Leave Behind (04:41)
7. Elsewhere (02:18)
8. October Sky (05:11)
9. The Canterville Prophecy (01:49)
10. The Canterville Ghost (07:45)
11. On Sacred Ground (Bonus Track Europe lim.Digibook) (06:04)
12. Anthem (Bonus Track Japan) (04:41)
FORMATION :
Sabine Edelsbacher
(chant)
Lanvall
(guitares, basse, piano, claviers, bouzouki, saz)
Andreas Eibler
(guitare)
Roland Navratil
(batterie)
INVITÉS
Dennis Ward
(chœurs)
Astrid Stockhammer
(violon solo)
EDENBRIDGE
"Shine"
Autriche - 2004
Replica - 66:20
Depuis quelques années, le metal symphonique, principalement avec chanteuse, connaît un engouement certain auprès du public, dépassant même souvent le cadre du «metal». Nombre de groupes se sont donc engouffrés à la suite de Nightwish et consorts, et il faut bien avouer qu'on a eu vite fait de se perdre parmi la multitude des suiveurs en mal d'identité bien affirmée. A ses débuts il y a cinq ans, Edenbridge faisait partie de cette cohorte de groupes un tantinet opportunistes. Son leader, Arne Stockhammer alias Lanvall, avait déjà à son actif trois albums en solo plutôt orienté rock symphonique, mais on peut se douter que le public restreint auxquels ceux-ci s'adressaient ne comblait pas totalement l'appétit de notoriété de notre guitariste-claviériste. Etant tout de même un grand amateur de metal, Lanvall opte donc pour une formule en groupe, plus musclée, et bénéficiant du concours d'une charmante chanteuse, Sabine Edelsbacher. Au fil du temps et des albums, le style de la formation autrichienne va notablement évoluer, pour passer d'un speed metal symphonique passe-partout à une musique plus personnelle, mélange de romantisme symphonique puissant et de brûlots rocks pêchus.
Shine, sorti d'abord à l'automne 2004, puis de nouveau en février 2005 (sur un autre label et dans une édition comprenant deux titres supplémentaires) est donc le quatrième opus studio du quatuor autrichien. Et sans conteste celui qui devrait intéresser autant les amateurs de metal symphonique que de rock progressif versant mélodique. Car les compositions (13 de 1:47 à 8:29 en comptant les 2 bonus) mêlent plus généreusement qu'auparavant les genres, et se focalisent sur les points forts du groupe, à savoir sa chanteuse et une guitare aux solos limpides, tout en délaissant les parties de batterie mitraillette et les passages un peu bourrins juste là pour faire beaucoup de bruit (pour rien). Les titres sont donc variés dans les tempos, des rapides «Move Along Home» et «October Sky» aux ballades teintées de romantisme «Elsewhere» et «Centennial Legend», en passant par les épiques et symphoniques «Shine» (au refrain accrocheur et dont une version «edit» figure justement en bonus), «The Canterville Ghost» et «And The Road Goes On». Lanvall insère encore des influences orientales et celtiques (l'excellent «Wild Chase», avec renfort d'un violon), tout comme des clins d'oeil marqués à Queen (le motif de clavier en intro de What You Leave Behind est celui de «The Show Must Go On») et aux films d'Hitchcock ! Aucun titre n'est ainsi totalement linéaire dans sa construction, et l'album s'écoule sans réelle baisse de régime ou temps mort.
Si la guitare rythmique qui donne la couleur «metal» est plutôt l'œuvre du second guitariste, Andreas Eibler, Lanvall se lâche lors de nombreux et superbes solos très mélodiques, et il réussit à conserver une place non négligeable aux claviers, avec des solos percutants et pas simplement de l'accompagnement en arrière-plan. La batterie de Roland Navratil n'étant pas particulièrement mise en avant, c'est véritablement l'aspect mélodique des compositions qui est mis au premier plan, avec bien sûr la voix de Sabine Edelsbacher (qui a gagné en assurance et en chaleur, sans copier la lyrique Tarja de Nightwish, mais sans atteindre non plus la pureté d'une Sharon den Adel de Within Temptation).
Shine s'affirme donc comme le meilleur album à ce jour d'Edenbridge, et il peut sans conteste figurer en très bonne place parmi les meilleurs albums de metal symphonique. Le soleil brille pour Lanvall et ses acolytes...
Christian AUPETIT
(chronique parue dans Big Bang n°57 - Avril 2005)

