
PISTES :
DVD 1
:
ELP in Pictures :
1. Take A Pebble (1970, The Beat Club TV show)
2. Knife Edge (1971, Brussels concert)
3. Rondo / Pictures At An Exhibition (1970, montage from Isle of Wight
performances)
4. Rondo (1971, Brussels concert)
5. Tarkus - Eruption (1972, Tokyo concert)
6. Hoedown (1973, Milan concert)
7. Tank (1973, Milan concert)
8. Lucky Man (1974, California Jam)
9. Karn Evil 9, 3rd Impression (1974, California Jam)
10. Toccata (1974, Aquarius TV show)
11. I Believe In Father Christmas (1975, promo video)
12. Honky Tonk Train Blues (1976, Oscar Peterson Piano Party TV show)
13. Fanfare For The Common Man (1977, promo video)
14. Pirates (1977, Montreal concert)
15. Tiger In The Spotlight (1977, Pop Rock TV show)
16. Watching Over You (1978, Memphis concert)
17. Tarkus (1992, Royal Albert Hall concert)
18. Touch And Go (1997, Budapest concert)
Promo Videos :
1. America (THE NICE) - 1968 Beat Club TV show
2. Fire (THE CRAZY WORLD OF ARTHUR BROWN) - 1968 Beat Club TV show
3. 21st Century Schizoid Man (KING CRIMSON) – 1969 Hyde Park
concert (edit)
Bonus Footage :
1. ELP in rehearsal 1973
2. “The story of the album covers” documentary
3. ELP at Brands Hatch 1973
4. Interview with Bob Moog
DVD 2
:
California Jam 1974 (44mn) :
1. Toccata
2. Still You Turn Me On
3. Lucky Man
4. Piano improvisations
5. Take A Pebble
6. Karn Evil 9, 1st impression part 2
7. Karn Evil 9, 3rd impression
8. Spinning Piano
9. Great Gates of Kiev
"Beyond the beginning" documentary (60mn)
FORMATION :
Keith Emerson
(claviers)
Greg Lake
(chant, guitare, basse)
Carl Palmer
(batterie, percussions)
EMERSON, LAKE & PALMER
"Beyond The Beginning" (DVD)
Royaume-Uni - 2005
Sanctuary - 241mn
La DVD-thèque du fameux trio britannique est à la fois copieuse et désordonnée, et la mission que se fixe ce nouveau double-DVD est au départ plutôt louable : en proposer une sorte de synthèse définitive, qui dispense d'acquérir l'intégrale à moins d'être un fan absolu. Au sommaire donc : plus d'une heure et demie de prestations scéniques et/ou télévisées du groupe, captées entre 1970 et 1997; un documentaire d'une heure retraçant les principales étapes de sa carrière, témoignages des principaux intéressés à l'appui; l'intégralité des images disponibles du mythique California Jam, festival (où, le 6 avril 1974, ELP partageait l'affiche avec Deep Purple et les Eagles) marquant l'apogée de la popularité du trio; sans oublier des bonus en tous genres, dont un entretien avec le regretté Bob Moog et un document montrant Emerson initiant ses deux collègues aux subtilités rythmiques du deuxième mouvement de «Karn Evil 9».
Evidemment, un tel sommaire (détaillé dans un livret élégant et joliment illustré) est plus qu'alléchant. Tient-il ses promesses ? Hélas, pas complètement. Les morceaux proposés le sont rarement dans leur intégralité (cf. les extraits frustrants de «Karn Evil 9» ou «Tarkus», dont le plus étonnant est que les parties les plus «connues» sont rarement celles à avoir été immortalisées), et la qualité de l'image et du son laisse souvent à désirer. Certes, le groupe est victime de la mauvaise conservation d'archives filmées pour beaucoup en vidéo, support notoirement fragile, mais un minimum de remasterisation et de resynchronisation du son et de l'image auraient été les bienvenues, tout en sachant que le budget disponible ne pouvait en aucun cas être du même ordre que celui du coffret DVD de Led Zeppelin, qui demeure la référence absolue en la matière.
Ainsi, «Pirates», issu du fameux concert orchestral de Montréal en 1977, évoque un médiocre transfert VHS. Les images du concert de Tokyo en 1972 sont d'une qualité encore moins bonne, en plus de rarement nous montrer le trio sur scène... A l'inverse, on relèvera quelques pépites bienvenues, comme une version endiablée de «Hoedown» filmée à Milan en 1973 (on se demande par contre pourquoi le seul autre extrait de ce concert est le solo de batterie de Palmer sur «Tank»), un long «Take A Pebble» dans la mythique émission allemande Beat Club en 1970 (avec effets psychédéliques garantis d'époque), ou une interprétation solo (assez passionante, contre toute attente) de «Toccata» par Palmer dans une émission de télé anglaise en 1974.
Les quelque 44 minutes de la California Jam, malgré un montage désordonné et charcuté, constituent un document précieux, que l'on aurait toutefois aimé un peu moins centré sur les exploits individuels des trois musiciens. Quant à la qualité du son et de l'image, correcte sans plus, on peut se demander pourquoi Deep Purple a réussi à publier, lui, un DVD tiré des bandes masters du concert, alors qu'ELP a manifestement dû se contenter d'une copie vidéo endommagée par endroits...
Quelques fondus prématurés achèvent d'exaspérer l'amateur exigeant, qui pensait pourtant que la formule adoptée par Beyond The Beginning était garante de sa satisfaction : en effet, séparer les archives de la partie documentaire est a priori un bon choix. Mais encore aurait-il fallu donner à la succession de ces archives un semblant de cohérence et de fluidité. De ce point de vue, il n'est pas certain que Masters From The Vaults (dont on retrouve ici deux extraits, parfois tronqués, et pas forcément les meilleurs) ou même Pictures At An Exhibition, malgré ses effets visuels horripilants, ne constituent pas une alternative préférable. Et l'on continue d'espérer découvrir un jour les concerts de 1974 et 1977 en version intégrale, avec un son et une image dignes des standards actuels.
Le documentaire (illustré d'images issues pour la plupart de l'autre DVD) n'apprendra rien de nouveau aux amateurs chevronnés, mais constitue une assez bonne initiation à l'histoire d'ELP et aux personnalités contrastées de ses membres : Emerson le surdoué aussi réservé à la ville qu'extraverti sur scène, Lake le troubadour imbu de sa personne, et Palmer le brave type toujours enthousiaste. L'évocation par Emerson et Lake de leurs désaccords passés est d'autant plus franche que, manifestement, toute perspective de nouvelles retrouvailles semble désormais exclue.
On ne détaillera pas davantage les suppléments, sinon pour noter l'inclusion de trois vidéos présentant les groupes dont Emerson, Lake et Palmer faisaient partie avant d'unir leurs talents. La plus intéressante est assurément celle montrant The Nice interpréter «America», mais le petit montage effectué à partir des rares images existantes du premier King Crimson (filmées au concert de Hyde Park de juillet 1969) s'avère assez émouvant quoique forcément frustrant. Pour Palmer, on devra se contenter de le découvrir masqué (!), accompagnant Arthur Brown (en play-back !) dans son mythique «Fire».
Faute de mieux, les amateurs d'ELP pourront difficilement se dispenser d'acquérir ce DVD, mais force est de constater que celui-ci ne s'imposera pas comme un modèle du genre.
Aymeric LEROY
(chronique parue dans Big Bang n°60 - Décembre 2005)

