
PISTES :
1. Monday Morning Apocalypse (3:11)
2. Unspeakable (3:55)
3. Lost (3:14)
4. Obedience (4:14)
5. The Curtain Fall (3:09)
6. In Remembrance (3:34)
7. At Loss For Words (4:14)
8. Till Dagmar (1:40)
9. Still In The Water (5:18)
10. The Dark I Walk You Through (4:20)
11. I Should (4:52)
12. Closure (3:09)
FORMATION :
Jonas Ekdahl
(batterie)
Tom S. Englund
(guitares, chant)
Henrik Danhage
(guitares)
Rikard Zander
(claviers)
Michael Håkansson
(basse)
EVERGREY
"Monday Morning Apocalypse"
Suède - 2006
InsideOut - 45:10
Evergrey, après des albums aussi convaincants que Recreation Day et The Inner Circle (voir les n°49 et 54 de Big Bang), n'avait qu'une chose à prouver : sa capacité de renouvellement. Est-ce dans cette optique que les musiciens ont décidé de s'entourer pour la première fois de producteurs extérieurs ? Toujours est-il que le résultat s'avère pour le moins décevant, et constitue un coup d'arrêt dans la progression artistique du groupe jusque là ininterrompue. Les douze morceaux oscillent la majeure partie du temps entre trois et quatre minutes, ce qui exclut les développements instrumentaux caractéristiques des disques antérieurs. Le son apparaît également moins brut, plus policé, avec des arrangements de claviers un peu trop écrasés à plusieurs reprises. Résultat, un ensemble davantage calibré, comme si on avait rogné les griffes de la bête...
Le style heavy gothique est toujours là, bien sûr, guitares lourdes, avec soli efficaces, et voix unique de Thomas Englund à l'appui, mais la séduction est bien moindre. Si le potentiel mélodique du titre éponyme est réel, des compositions comme «Unspeakable», «The Curtain Fall», ou «Lost» et son refrain sans grande surprise mais facilement mémorisable, surtout, donnent l'impression d'avoir été réalisées sans génie particulier, avec comme objectif de toucher plus directement un large public, un pari assez risqué. Sans parler d'une tenace impression de redite, à l'image de «The Dark I Walk You Through». Si une telle démarche ne réduira probablement pas l'assise du groupe, elle risque de ne pas contribuer à l'élargir en édulcorant par trop un style bien affirmé.
Il reste heureusement des morceaux à la densité supérieure, comme «Obedience», où l'on retrouve des arrangements orchestraux et de claviers plus convaincants, «In Remebrance» et ses chœurs bien graves, «Still In The Water», grâce à son thème envoûtant et sa trop brève voix féminine, «I Should» qui équilibre davantage guitares et claviers, voire «At Loss For Words», sans oublier le court «Till Dagmar», délicate partition de piano à la tristesse mesurée. En bonus, InsideOut a seulement inclus un titre inédit, le bien nommé «Closure», un agréable duo intimiste entre piano et voix qui prouve une nouvelle fois le potentiel remarquable du chanteur. Cela ne suffira malheureusement pas à rendre cet album incontournable, car trop inégal. Souhaitons que la bande à Thomas Englund se reprenne et nous surprenne davantage, en plus progressif, pour leur prochain disque...
Jean-Guillaume LANUQUE
(chronique parue dans Big Bang n°62 - Été 2006)

