
PISTES :
1. El Acueducto
2. La Montaña De Los Encuentros
3. Ottla
4. La Ciudad De Las Mil Columnas
5. La Espiral
6. Remanso
7. El Arbol De Indigo
8. La Huida
9. Relatos Del Agua
10. Motivos Para Perderse
FORMATION :
José Luis Fernandez Ledesma Quintana
(claviers, percussions, mandoline, kalimba, ocarina, voix, guitares électrique et acoustique, programmations rythmiques)
Alquimia
(chant)
Julio Sandoval
(basse, guitares électrique et acoustique)
Germán Bringas
(saxophone soprano [4,10])
Josué Melendez
(flûtes à bec [1])
Francisco Delahay
(guitares acoustique et électrique [1,3])
José Luis FERNANDEZ LEDESMA Q.
"Motivos Para Perderse"
Mexique - 1996
Muséa - 52:30
À peine Nirgal Vallis a-t-il eu le temps de faire connaître son rock progressif doux et serein (cf. Big Bang n°15), qu'il nous est offert de découvrir le premier album solo de son leader. José Luis Femandez Ledesma Q. (difficile de posséder un nom capable de répondre moins que celui-ci aux règles du marketing...) s'émancipe (ponctuellement ?) de sa formation d'origine pour publier Motivos Para Perderse. Multi-instrumentiste (tenez-vous bien : claviers avant tout, mais aussi percussions, mandoline, kalimba, ocarina, guitare acoustique et électrique, ainsi que programmation rythmique... sans oublier la réalisation picturale de la pochette...), cet artiste possède toutes les qualités pour faire parler de lui au quatre coins du monde progressif. Allons-y...
Affublée d'attributs mélodiques chatoyants, la musique que véhiculent les dix compositions (de 1:06 à 10:52) du présent album possède une dimension que les premières écoutes ont bien du mal à révéler pleinement. Voilà donc le genre d'œuvre piège pour d'éventuels chroniqueurs manquant de conscience professionnelle... Car, au bout du compte et pour utiliser une image bien désuète mais tellement adaptée, la magie opère... Nous voilà plongés au cœur d'une végétation musicale bien plus progressive que celle de Nirgal Vallis, et dont les éléments constituants sont en parfaite harmonie. Chaque morceau semble vouloir honorer le mariage de deux cultures progressives, l'une plutôt latine (on pense à de nombreux groupes sud-américains comme Sagrado, Pablo El Enterrador ou Bacamarte) et l'autre plus typiquement européenne (l'ombre fugace du grand Genesis plane constamment sur l'album, Ledesma étant visiblement un grand fan de Tony Banks...).
Avons-nous affaire à l'une des surprises de l'année ? Franchement, je suis tenté de répondre par l'affirmative à cette question, même si j'ai conscience que Motivos Para Perderse, par ses développements tout en nuances de tonalités, ne sensibilisera pas le public progressif d'une manière identique. Il est clair par exemple que certaines séquences d'essence ethniques (qui évoquent d'ailleurs le Gandalf le plus contemplatif) pourront sembler incongrues à certains d'entre nous.
Force est de reconnaître de toute façon que le talent de l'artiste mexicain ne s'exprime pas le mieux au sein de ces structures minimalistes. Non, la réussite de cette œuvre réside dans les ambiances clair-obscures qu'elle nous convie à découvrir sous une forme essentiellement instrumentale (deux titres seulement voient la présence d'une chanteuse, parfaite soit dit en passant...). Quelques petites touches d'expérimentation sur l'avant dernier morceau de l'album viennent nous prouver combien José Luis Femandez Ledesma Q. est sûr de ses compétences pour oser emprunter parfois des routes plus escarpées synonymes de fréquentation plus réduite.
Ne vous méprenez pas néanmoins, Motivos Para Perderse est majoritairement consacré aux Dieux d'un symphonisme pastel (se faisant donc violence de temps à autres), divinités honorées d'ailleurs avec une ferveur de tous les instants. Bien qu'entouré de confrères (Julio Sandoval à le basse et seul membre de Nirgal Vallis ici présent, un saxophoniste sur deux titres et un guitariste), notre multi-instrumentiste confère néanmoins à ses claviers le rôle principal de ce spectacle grand tain. Notez bien effectivement que la guitare électrique ne montre le bout de son manche que sur une unique composition, certes la plus longue et de superbe manière... Mais ces comptes d'apothicaire n'ont que peu d'intérêt, eu égard à l'authenticité qui se dégage de cette œuvre d'une profondeur harmonique et mélodique bien plus importante que les auditions initiales ne le laissent imaginer...
À ne rater sous aucun prétexte !
Olivier PELLETANT
(chronique parue dans Big Bang n°18 - Hiver 1996/97)

