
PISTES :
1. Begin To Float (intro) (4:44)
2. Sannraijz (9:58)
3. Sometimes Going Too Far Is The Only Way To Go (7:13)
4. Sannraijz 2 (4:43)
5. We´re Only In It For The Spacerock (20:28)
6. Make Yourself Heard For The Sake Of The World (10:47)
FORMATION :
JohanFromSpace
(chant, guitares électrique et acoustique)
SpaceAce Frippe
(basse, guitare acoustique, synthétiseurs, cloches, chant)
Starfighter Carl
(batterie, percussions, chant)
Moon Beam Josue
(silverflute)
FIRST BAND FROM OUTER SPACE
"We're Only In It For The Spacerock"
Suède - 2006
Transubstans Records - 57:25
FBFOS est un trio. Voilà, je pourrais arrêter là tout commentaire et vous laisser traduire, et le patronyme de la formation, et le titre de la galette... Hum ? C'est bon ? Vous avez une idée des motivations de FBFOS ? Donc, oui, nos Suédois sont fans d'Hawkwind. Du bon, de celui produit durant les années 70 (la seconde moitié, dirons-nous, la plus prog), pas la soupe Jean-Michel Jarro-technoïde que le groupe a bidouillé depuis (bon, ben, comme ça, c'est dit. On ne reviendra pas sur Take Me To Your Leader, le dernier opus du faucon en date). Si, dans ce domaine, les Anglais de Litmus (on est passé à côté de ce groupe à l'époque, 2004, désolé, mais il n'est pas trop tard : ça vaut une écoute !) tenaient jusqu'à présent la dragée haute au genre, FBFOS ne va certainement pas tarder à les détrôner.
Pour bien coller au style choisi, c'est simple, il faut un bon cahier des charges et s'y tenir. Tout d'abord, il faut être totalement décomplexé et, avec leur nom, leur intitulé, ça va, ils le sont. Ensuite, il ne faut jamais hésiter à en faire trop. We're Only In It For The Spacerock possède son lot de morceaux de plus de dix minutes et même un titre de vingt, ainsi que des plages en plusieurs parties. Le tout est enchaîné. C'est bon. Et le son ? Ils ont pensé au son ? Parce que dans le genre, si la production est chiche avec un enregistrement du fond de la cave, ça ne colle pas. Il faut de l'espace... dans tous les sens du terme. Bon, là, OK, pas de problème, ça décolle tout de suite : grosse, énorme basse, ce même bassiste (Spaceacefrippe qu'il s'appelle, décomplexé, on vous dit !) triture des volutes de synthés (moog) omniprésentes en fond sonore; pour la dimension spatiale, c'est bien. Excellente prise de son sur la batterie, superbement mise en valeur, c'est clair, délié, ça tape, résonne, rebondit, c'est varié. En plus Starfightercarl (...) s'amuse avec quelques percus. Ça décolle, donc. Bien. Très bien.
Mais il faut aussi que ce soit heavy, un brin de lourdeur pour montrer que ce n'est pas si facile, que ce n'est pas donné à tout le monde de savoir quitter la terre pour la stratosphère. Pour ce faire, quoi de mieux qu'un trio ? La formule rock la plus basique. C'est là qu'entre en jeu ce petit côté stoner, cette rythmique plombée et cette guitare heavy tenue par Johanfromspace (non, non, plus de commentaire) mais jamais trop longtemps, hein, juste un peu, pour accrocher au terrain avant des envolées cosmiques dominées par basse et batterie cycliques, synthés bourdonnants et guitares célestes. Voilà, voilà, on doit être bon, là, qu'est-ce qu'il manque ? Ah ! Oui ! Le chant. Pas transcendant mais pas très présent, avec juste ce qu'il faut de textes qui démontreraient, si on ne l'avait pas encore compris, que les voyages interstellaires, les vaisseaux spatiaux, les sorties en scaphandres dans l'espace, c'est leur truc. Et puis, on le déclame, ce chant, comme si la vie en dépendait, il faut montrer que ce n'est pas si cool d'être un voyageur intergalactique. Bien répartis, ces éléments donnent généralement naissance à un bon album de space-rock.
Maintenant, il faut se démarquer, apporter sa petite touche personnelle à cette qualité formelle. Alors ? Que faire ? Déjà ce serait bien d'inclure des petits intermèdes acoustiques, comme ça, pour casser le rythme. Ensuite, Moonbeamjosue (ces noms, ces noms...), le cosmo-flûtiste, ce serait bien de l'inviter sur un titre avec sa «silverflute» des familles. Tant qu'à faire, il n'a qu'à dorénavant étendre le groupe à un quatuor, parfait, de bon augure pour la suite, tout ça. OK, il ne reste plus qu'à enfoncer le clou avec un méga-instru de vingt bonnes minutes, mais attention pas le genre dilué qui tourne en rond, non, ce qu'il faut, c'est du crescendo, de l'intro planante, de la guitare échappée de chez A Saucerful Of Secret et une montée en puissance dévastatrice bien remuante, genre Ozric Tentacles dans ses moments de purs pétages de plombs. Ben voilà ! On a tout, allez hop les gars, on vient fissa chercher sa couronne de «Kings of Space-rock». Et on ne se repose pas sur ses lauriers, hein ? On espère que votre deuxième album, Impressionable Sounds Of The Subsonic, sera à la hauteur. Parce que Litmus annonce le sien pour l'été, et on ne le manquera, pas cette fois-ci !
Fabien CLAIR
(chronique parue dans Big Bang n°61 - Avril 2006)

