BIG BANG - Magazine de Musiques Progressives

Chroniques

Impressionable Sounds Of The Subsonic pochette

PISTES :

1. Novaja Xemelja (8:22)
2. Utan Att Veta (8:02)
3. Mean Spacemachine (5:51)
4. Impressionable Sounds Of The Subsonic (10:06)
5. To Be Seen As The Underdog (5:44)
6. Gröna Händer (13:22)
7. Todo Pasara (9:46)
8. Sagarmatha 8848 (7:16)

FORMATION :

Johan From Space

(chant, guitare, synthétiseurs)

Star Fighter Carl

(batterie, percussions, chant)

Space Ace Frippe

(basse, synthétiseurs, percussions, chant)

Moon Beam Josué

(flûtes, chant)

Astro Rille

(chant)

Space Beard Emil

(percussions)

Erki On Mars

(orgue de l'espace)

EXTRAITS AUDIO :

FIRST BAND FROM OUTER SPACE

"Impressionable Sounds Of The Subsonic"

Suède - 2006

Transubstans - 68:34

 

 

Conversation subsonique interceptée par la NASA sur les ondes radiocosmiques entre Deneb et Calypso, l'une des lunes de Saturne, retranscrite ici dans son intégralité.

Johan From Space : Hé, Space Ape Frippe, te voilà de retour vieux space-routier du cosmos ! Comment se sont passés tes congés interstellaires ?

Space Ace Frippe : Ne m'en cause pas, j'ai passé un temps fou à réparer mon spacetruck. Bon, ça ne m'a pas empêché de faire quelques slaloms sur les pistes noires du Mont Olympos sur Mars, de saluer le Captain Beyond et surtout de retourner sur notre bonne vieille Terre grâçe au médaillon de téléportation quantique que l'on m'a offert suite à ma première étoile.

JFS : Heureux veinard intergalactique ! Quoi de neuf sur la planète mère ? Toujours aussi frappadingues, les Terriens ?

SAF : Ne m'en cause pas ! Je n'ai jamais vu un tel bazar depuis le souk sidéral qu'on a mis dans ce bar de Ganymède avec Starfighter Carl gavé de bière plutonienne - bien fraîche, donc. Mais le plus surprenant, c'est une sorte de rapport critique sur notre première œuvre péché dans une parution antédiluvienne écrite sur papier, oui P-A-P-I-E-R, tu te rends compte ?, nommée Big Bang ! Franchement que connaissent ces misérables Terriens du Big Bang ?

JFS : Hmm, ne ressasse pas de vieux et douloureux souvenirs... les nano-chirurgiens n'ont jamais réussi à enlever tous les résidus protéiniques mémoriels de cette triste époqée de mon ADN.

SAF : Bref, au final, ils ont retenu que nous n'étions que de vulgaires bipèdes émules de ces ancêtres barbares d'Hawkwind tout juste sortis de leurs caissons cryogéniques !

JFS : Quoi ! Ils ne savent donc pas que nous sommes la coqueluche des meilleurs clubs de tout l'Univers, que même la célèbre orbito-boîte, le Constellation Dancing Room, nous passe boucle ?

SAF : Non, mon cosmo-pote, ils ont même l'air de nous prendre de haut, eux, pourtant si terre à terre !

JFS : Je n'ose imaginer ce qu'il va ressortir de notre nouvelle œuvre si, par malheur, elle arrivait à leurs tympans sous-développés.

SAF : C'est pourtant facile, je pense qu'ils salueraient dans un premier temps la prise en stop intersidérale de nos nouveaux coéquipiers, Moon Beam Josué et ses volutes de flûte en apesanteur, Erik On Mars et son orgue céleste, Astro Rille et sa voix lactée et Space Beard Emil, l'expert en percussions d'outre espace.

JFS : Mais sauront-ils interpréter certaines des interventions de MBJ comme des clins d'œil au compositeur de musiques de projections filmiques bidimensionnelles, Ennio Motricone ? J'ai peur également qu'ils limitent ses prestations sur les passages les plus enlevés à une sorte de version spatiale de Jethro Tull, alors qu'il étoffe considérablement notre univers subsonique.

SAF : Certes, pourtant, je suppute qu'ils remarqueraient notre désir de nous émanciper du space rock au caractère "heavy' bien trempé de nos débuts, d'incorporer d'autres éléments à notre musique.

JFS : Par les anneaux ! Tu rêves ! Ils vont plutôt se contenter de nommer de vieilles formations oubliées, même de la grande médiathèque interplanétaire, celles-là qui pratiquaient un rock symphonique mâtiné d'influences cosmiques tels ces chevaliers teutoniques d'Eloy ou Wallenstein.

SAF : En prendrions-nous ombrage, vieux bourlingueur d'astres ?

JFS : Non, bien sûr, mais ces relents du passé sont tout de même minoritaires face aux champs d'astéroïdes que nous cultivons en commun avec ces maîtres es psychotropes d'Ozric Tentacles pour nos tentatives d'incorporation électro-ethno-technoïde et ce poids lourds du stoner à dominante planante qu'est Colour Haze.

SAF : De toute façon, ils imploreront un dieu quelconque : la qualité inouïe de notre enregistrement, notamment de ma basse à propulsion atomique, tient du miracle. Et la frappe de Fighter Carl sur ses peaux de lézards neptuniens séchées sur Vénus défie littéralement la pesanteur ! Toute une technologie qui va dépasser n'importe quelle tentative de compréhension issue de leurs encéphales primaires.

JFS : Il est vrai aussi que nous accordons une place désormais accrue aux synthétiseurs commandés par Intelligence Artificielle. Ce qui ne nous a pas empêché quelques écarts acoustiques, pauvres mortels que nous sommes.

SAF : En tout cas, une chose est sûre : il est fort probable qu'ils prennent nos plages chantées en suédois pour un obscure dialecte extra-terrestre !

JFS : Ha, ha ! Alors que c'est là le langage de nos ancêtres vikings, je préférerais qu'ils interprètent cela comme un hommage à ces premiers grands explorateurs, par Odin !

SAF : Ha, ha ! Mais, mais... Dieu du ciel, je vais traverser un champ de météori...

JFS : Ace ? Ace ?

Fabien CLAIR

(chronique parue dans Big Bang n°64 - Hiver 2006-2007)