
PISTES :
1. For Starters (2:24)
2. Maureen (11:58)
3. Higher Ground (6:55)
4. Silent Stranger (10:29)
5. Captive Of Fate (8:05)
6. Mantova (8:37)
7. Year After Year (3:12)
FORMATION :
Margriet Boomsma
(chant, flûte traversière, flûte à bec)
Marcel Derix
(basse)
Eddie Mulder
(guitares électrique et acoustique)
Koen Roozen
(batterie, percussions)
Edo Spanninga
(claviers)
FLAMBOROUGH HEAD
"Tales Of Imperfection"
Pays-Bas - 2005
Cyclops - 51:48
Le survol rapide de la discographie de Flamborough Head permet d'affirmer, sans choquer qui que ce soit je pense, qu'elle ne recèle véritablement aucune œuvre majeure. Et pourtant, cette formation néerlandaise jouit d'une renom certain, qui nous invite à découvrir ses albums successifs avec une réelle excitation. Il faut dire que Flamborough Head fait partie de ces groupes qui, à défaut de posséder un talent ostentatoire et universel, n'en demeurent pas moins des artisans sincères, passionnés et offrant un propos de plus en plus abouti et personnel au fil du temps...
Ce quatrième opus confirme parfaitement cette évolution vertueuse, et s'avère très vite au fil des écoutes le meilleur du groupe à ce jour. Le néo-progressif des débuts (les deux premiers albums), bien que de qualité, se voit aujourd'hui remplacé par un progressif symphonique totalement 'seventies', qui sied bien mieux à la personnalité de Flamborough Head. Tales Of Imperfection apparaît ainsi comme une version définitive de son prédécesseur (One For The Crow). Les éléments recensés sont globalement les mêmes sur ces deux opus, mais leur agencement assurément pas, ce qui permet au second de développer un propos d'un tout autre éclat. Et ce n'est pas tout, puisque Tales Of Imperfection offre davantage de séquences instrumentales (3 morceaux le sont d'ailleurs entièrement), le chant de Margriet Boomsma jouant ainsi souvent le rôle d'introduction aux joutes instrumentales qui jalonnent les 7 compositions (2, 12, 7, 10, 8, 9 et 3 minutes) du présent opus. La vocaliste ne se cantone d'ailleurs pas à ce rôle, et augmente le nombre de ses interventions à la flûte, participant alors plus activement que jamais à l'ossature de l'album. Et ce consat pourrait même ressembler à un euphémisme, tant Margriet Boomsma semble avoir fait changer assez radicalement de cap à ses collègues depuis son arrivée au sein du groupe...
Flamborough Head, révélant désormais un symphonisme chic et distingué, évoque plus que jamais des formations comme Camel, Renaissance ou plus encore Earth & Fire. La brillance mélodique, associée à de savoureux dialoges flûte/piano et rehaussée de solos diaphanes de guitare ou aériens de claviers (Eddie Mulder & Edo Spanninga s'avérant toujours aussi efficaces !), fait de Tales Of Imperfection un vecteur d'émotions intenses. Flamborough Head a rendu son propos d'une clarté sans précédent dans sa carrière, permettant aux compositions de s'imposer comme de divines évidences. Ce genre musical, laissé quelque peu en désuétude depuis de longues années, trouve ainsi en Flamborough Head un porte-parole ardent et persuasif. Nul doute alors que les ritournelles duveteuses de Tales Of Imperfection trouveront un écho nostalgique chez tous ceux qui regrettent l'ingénuité ambiante des années 70...
Au final, Flamborough Head tient peut-être là son œuvre majeure, celle qui sera capable de lui faire changer de statut au sein de notre microcosme. Entre artisan et orfèvre, il n'y a souvent qu'une étroite nuance, mais que la plupart des groupes ne parviennent jamais vraiment à dissiper. Imaginer simplement que la formation batave ait pu y parvenir a de quoi faire de Tales Of Imperfection une authentique et excellente surprise !
Olivier PELLETANT
(chronique parue dans Big Bang n°60 - Décembre 2005)

