
PISTES :
1. Tetrabiblos (Ptolemy, 200 AD)
(9:36)
2. Spiral Structure In Virgo (4:50)
3. Flight Of The Rigel Orion (14:02)
a) Approaching Arctana (4:22)
b) Compression (5:51)
c) Spirit Of Sunshine (3:41)
4. Mare Nektaris (6:27)
5. Flash Spectrum Scanning Helium Horizon (9:13)
6. Uniform Expansion And The Perfect Cosmological Principle (19:43)
a) One Hundred Million Years (5:31)
b) Expansion (5:31)
c) So Many Parsecs, So Little Time (6:07)
d) We've Been Here Before (2:13)
7. Delerium's Gate (7:36)
FORMATION :
Chris Fournier
(tous instruments)
FONYA
"Perfect Cosmological Principle"
États-Unis - 1997
Kinesis - 70:58
Tous ceux qui ont aimé le précédent album de Fonya, Earth Shaper (1996), apprécieront sans aucun doute celui-ci. Perfect Cosmological Principle est même plutôt meilleur, Chris Fournier s'y avérant particulièrement brillant sur les plages les plus bouillantes, rehaussées de fiévreuses parties de guitare.
Cependant, si ce musicien semble exceller dans un domaine bien particulier, qu'on qualifiera de «contemplatif», il est un peu vain d'espérer convaincre la grande majorité du public progressif. Fonya semble avoir fait le tour de son domaine, et bute en fait - comme c'était du reste prévisible - sur les mêmes contraintes stylistiques qui limitent son public.
Parvenu à maturité (cet album le démontre), il est désormais temps pour le musicien de monter en première ligne, et de se libérer de ces carcans. J'entends par là qu'il lui est parfaitement possible de conquérir de nouveau adeptes sans pour autant perdre les premiers. Il lui suffira pour cela de mettre enfin en phase ses goûts, ses moyens et ses objectifs.
Ses goûts sont clairement avoués par des reprises progressives (Genesis, Camel et, cette fois, Yes), et même si celles-ci ont tendance à aplatir quelque peu les versions d'origine, elles font un peu figure de référence en matière d'écriture; un objectif que Fournier ne parvient par ailleurs pas à atteindre, car sa méthode de composition, trop proche de l'improvisation, ne l'y autorise pas. Il lui est désormais impératif de penser davantage à la structure de sa musique, et d'accroître ainsi ses contrastes et sa densité.
Qu'on me comprenne bien : je ne demande pas à Chris Fournier de s'aligner sur ses «idoles», mais au contraire de mieux mettre en valeur son originalité. A cette fin, il lui est tout aussi nécessaire de mieux gérer sa dimension «électronique». Plutôt que de s'en remettre à quelques jolis sons, le musicien gagnerait à créer une très large palette, en allant donc au-delà des sons pré-programmés, et ainsi varier davantage les atmosphères.
Ceci est aussi valable pour l'élément rythmique. On lui a reproché pour les premiers albums l'utilisation de rythmes synthétiques trop inhumains. Aujourd'hui, les sons de «batterie» utilisés sont peut-être plus chaleureux, mais n'en sont pas pour autant plus naturels et adaptés. A quoi bon essayer d'imiter la batterie ? Tant qu'à utiliser la machine, autant que ce soit pour ses particularités propres. Mais encore une fois, cela passe par un travail de création dont il est difficile de faire l'économie, autant pour la production des sons que pour une véritable composition des rythmes.
Nous demandons peut-être beaucoup à Chris Fournier, mais après tout, jusqu'à présent ses albums se suivent de très près. Si celui-ci est prêt à relever le défi que nous lui proposons, qu'il sache bien que de notre côté, nous saurons attendre... Car notre exigence, plus importante certainement que celle que nous avons généralement, naît de notre certitude d'être confronté à un artiste dont le potentiel n'a jusqu'ici que partiellement (en dépit du grand intérêt de ce cinquième album) exprimé...
Laurent MÉTAYER
(chronique parue dans Big Bang n°24 - Janvier-Février 1998)

