
PISTES :
1. Hello World (5:03)
2. Stick Around (4:53)
3. Call It Chance (4:14)
4. Square One (4:36)
5. Wonder (8:37)
6. Berlin Wall (5:30)
7. Us (4:10)
8. Falling Asleep (2:23)
9. Billy (5:49)
FORMATION :
René Bacchus
(basse)
Peter de Jong
(claviers)
Hans van Lint
(chant)
Edwin Roes
(guitares)
Ed Wernke
(batterie)
INVITÉ
Christian Décamps
(chant [9])
EXTRAITS AUDIO :
FOR ABSENT FRIENDS
"Square One"
Pays-Bas - 2006
Muséa - 45:14
Voilà bien longtemps que nous ne vous avions plus entretenu de ce groupe de néo-prog néerlandais, éminent représentant de la seconde division de notre mouvement (voir les Big Bang 6 et 12). Ce nouvel album, le huitième, mérite pourtant des éloges, de par la qualité de sa production et l'inspiration véhiculée par ses huit compositions. Certes, aucune démonstration technique ici, pas de virtuosité qui laisse pantois, simplement une musique véhicule d'émotions sincères, interprétée tout à fait honorablement. La section rythmique assure plus que le minimum syndical, tandis que la guitare mène parfois la danse, comme sur le rock et entraînant «Hello World», le clavier ne faisant ici que souligner les choses.
Mais la plupart des compositions font preuve de davantage d'équilibre entre les musiciens et sont plus délicates et proches d'Asia, comme «Stick Around» et ses arrangements de piano et de percussions électroniques, sans oublier son refrain fort plaisant et un bon petit solo de clavier, ou l'enjoué «Us» et sa mélodie grand public, avec quelques notes trop isolées de guitare sèche. Plus émouvant encore, les ballades, pour lesquelles For Absent Friends semble avoir un talent particulier. «Falling Asleep» est aussi brève et dépouillée qu'agréable, «Berlin Wall» très romantique dans sa première partie (la seconde étant dominée par une guitare habitée, digne du meilleur IQ), tandis que «Call it Chance», avec sa belle complémentarité entre le chant et le piano, ainsi qu'une guitare lyrique en diable, se rapproche du talent des Allemands de Sylvan. On retrouve une atmosphère proche de ces derniers sur le morceau éponyme, en particulier sur les couplets, à la beauté sombre. Celui-ci est d'ailleurs enchaîné à la composition la plus aboutie de l'album, «Wonder». Durant ses huit minutes et quelques, la profondeur mélodique est maximale, avec une succession de séquences émouvantes, tantôt au piano, tantôt avec un long solo de clavier à la séduction imparable, sans oublier quelques interventions de guitare, tout en retenue. Toutes ces chansons sont bien évidemment largement portées par la voix pleine de fragilité et de sensibilité de Hans van Lint.
En prime de ces divers titres à la mœlle mélodique souvent épaisse, For Absent Friends a choisi de reprendre «Le ballon de Billy», de Ange, qui figurait sur l'album Les larmes du Dalaï Lama. Ce bon exemple des échanges permis par la taille modeste du microcosme progressif bénéficie en prime de la participation de Christian Décamps lui-même. «Billy» est une réinterprétation qui accentue la place de la guitare électrique, et le duo des voix hollandaise et française rend le titre encore plus plaisant, même si le charisme de Christian Décamps surpasse le chant plus léger de Hans van Lint. Autre bonne idée, l'ajout du saxophone, en lieu et place des soli de guitare, ou en duel avec cette dernière. Résultat, une version plus riche et réussie que l'original. Un disque qui ne révolutionnera donc pas le genre, mais s'impose incontestablement comme une bonne galette de néo, avec suffisamment de moments forts pour séduire à coup sûr tous les amateurs de ce genre musical.
Jean-Guillaume LANUQUE
(chronique parue dans Big Bang n°64 - Hiver 2006-2007)


