
PISTES :
1. Neander Valley Chase (4:32)
2. Peace of Mine (3:28)
3. Virelai (4:27)
4. Serenade (3:20)
5. Marine Myth (5:07)
6. Etnoid (7:30)
7. Haiku I (1:36)
8. Haiku II (3:11)
9. Witches' Sabbath (4:33)
10. Tales about Modesty (1:36)
11. Hoquetus (2:50)
12. Joke (2:06)
13. Neander Variations I (2:52)
12. Neander Variations II (3:36)
13. Neander Variations III (5:55)
FORMATION :
Alpár Balázs
Ujszászi Kinga
Kutas Beatrix
Radics
Ádám
Bazsa Diána
Puss Ferenc
(violon)
Jekl Dóri
Tóth Dávid
(violon alto)
Radványi Anna
Lelovich
György
Zétényi Tamás
(violoncelle)
JVeisz Gábor
(basse)
Bartányi Réka
(contrebasse)
Marschall Lívia
Lukács Kriszti
Valentiny Gábor
(flûte)
Hargitai Péter
(trompette)
Széki Gyõzõ
(hautbois)
Szénási Mónika
(guitare)
Delov Jávor
Jelenlegi
Helyettese
Nagy Zsolt
(batterie, percussions)
Papp Dániel
Kugyelka Zsolt
(percussions)
Györfi Anna
(chant)
Alpár Balázs
(claviers)
EXTRAITS AUDIO :
FUGATO ORCHESTRA
"Neander Variation"
Hongrie - 2004
Periferic records - 56:39
L'utilisation de synthés dans le prog, et dans la musique en général, palliait à l'origine l'incapacité des groupes à s'offrir les services d'un orchestre symphonique pour donner de l'ampleur à leurs œuvres. A ce titre, pour un Jimmy Page, le Mellotron n'était rien de moins que l'orchestre du pauvre, idéal pour tout groupe sans le sou. Ce que réalise Balazs Alpar avec son Fugato Orchestra va évidemment faire des envieux. En effet, cet artiste Hongrois a réussi à s'assurer la collaboration d'un orchestre pour mettre en lumière ses propres compositions, et nous proposer le fruit de cette rencontre dans un premier album baptisé Neander Variation.
La première version du groupe s'est montée en 1997 dans le lycée de Balazs Alpar, pour un concert de fin d'année dans lequel le jeune homme voulait mettre en exergue, avec différents musiciens issus du classique, une musique intransigeante mais proche du public. L'idée de mélanger rock progressif et musique classique est restée l'un des leitmotivs du groupe, et après divers tâtonnements et expérimentations, le Fugato Orchestra a fini par se stabiliser, publiant cette année ce Neander Variation.
Cet album est en quelque sorte une compilation des compositions de ce jeune groupe Hongrois, écrites entre 1995 et 2004. L'agencement apparemment chronologique de l'opus permet de constater l'évolution et la maturation de ces titres, tous enregistrés dans leur version définitive en octobre 2004.
De par la composition propre du groupe, les Hongrois se démarquent légèrement de la configuration instrumentale généralement en vigueur dans le rock progressif. En effet, là où certains partent d'une instrumentation plus conventionnelle type guitare, basse, batterie et claviers en y ajoutant des éléments plus symphoniques grâce à des cordes et des instruments à vent, le Fugato Orchestra préfère se baser sur une musique symphonique proche du classique et ensuite rajouter une rythmique un peu plus rock pour donner de la puissance à l'ensemble. Ce schéma donne une cohérence fort bienvenue à la musique et confère à la musique pratiquée par les Hongrois une réelle ampleur.
A ce stade d'avancement, la chronique aurait pu suivre tranquillement son cours sans faire une seule fois allusion à un certain After Crying. Malheureusement, il sera difficile de passer à côté d'une comparaison évidente tout en évitant avec soin de parler d'une attitude similaire. Car finalement, là où se rejoignent les deux groupes, ce n'est pas que l'un copie l'autre, c'est seulement que les deux partagent les mêmes sources d'inspiration, à savoir musique classique et rock progressif. Par contre, là où After Crying pêche par des passages chantés pas toujours follichons, Fugato Orchestra résout ce problème en ne s'aventurant que rarement sur le terrain des chansons. Et les rares fois où il le fait, c'est en se référant à de très beaux chants lyriques issus du répertoire classique, plutôt qu'à des parties plus rock comme chez ses célèbres compatriotes.
Mis à part deux pièces qui voient l'utilisation de synthés au son très difficilement supportable (à vous de trouver les morceaux en question), cette «fanfare» Hongroise arrive à tenir l'auditeur en haleine de bout en bout. Evitant le danger du sirupeux, ces symphonies sonnent juste à tous les coups. Le prog symphonique égrené ici tout au long de ces 56 minutes va du bucolique à l'emphatique, sans jamais tomber dans l'outrancier et le pompiérisme comme savent si bien le faire certains (à vous de trouver ici les groupes en question).
Au jeu de la sélection, nous mettrons plus particulièrement en lumière «Virelaï», avec son folk symphonique évoquant les plus belles heures de l'ami Patrick Broguière et de son Mont Saint-Michel, ou encore les trois derniers morceaux, «Neander Variation I, II et III», qui sont les pièces les plus récemment composées par Alpar. Ici, l'utilisation des synthés se fait plus fine, on a droit d'ailleurs à des envolées d'anthologie, les solos de trompette sont parfaits, et la rythmique ne se la joue pas trop. En plus d'être une très belle carte de visite pour le groupe, ces morceaux concluent d'une bien belle manière un album qui effectue un quasi sans-faute.
A supposer que le Fugato Orchestra ait de nouvelles compositions dans son panier (ce premier album étant, je vous le rappelle, une sorte de compilation), il est à espérer que l'orchestre va accoucher d'un petit frère tout aussi attachant que son aîné. Quoi qu'il en soit, sa naissance est attendue impatiemment par un parterre de fans transis...
Julien GOARNISSON
(chronique parue dans Big Bang n°57 - Avril 2005)


