
PISTES :
1. The Day Before The Harvest :
Lágada (8:30)
2. Virginal (2:26)
3. To Die In Avalon (10:00)
4. The Year of The Dream: Limiar (Winter's Request) (1:26)
5. Landahl's Cross (20:04)
6. Summit (11:27)
7. Nunca De Noche (2:20)
FORMATION :
Manolo Macia
(guitare)
Manolo Pancorbo
(guitare, basse)
David Aladro
(claviers)
Cidon Trindade
(batterie, percussions)
Jesús Filardi
(chant, percussions)
Alfredo Garcia
(violon [1])
Pablo Molina
(basse [5,6])
Angel Romero
(chœurs, percussions [5])
----------------------------------------------

PISTES :
1. Senshi (9:16)
2. Passport To Tora (2:19)
3. Alveo (Bolero) (7:56)
4. Under A Full-Coloured Sky (3:09)
5. Merciless Tides (6:36)
6. The Gray Stones Of Escalia (18:40)
FORMATION :
Manolo Pancorbo
(guitare, claviers, percussions)
Alfredo G. Desmestres
(claviers, violon)
Alcides Trindade
(batterie, percussions)
Jesús Filardi
(chant, claviers, percussions)
Marco Do Santos
(basse)
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PISTES :
1. The Probe (6:54)
2. On The Verge Of A New World (5:23)
3. Soft As A Feather (9:19)
4. Mindscapers (16:01)
5. Homeland (7:57)
6. Run For Cover (11:37)
7. Last Train To Wonderland (3:29)
FORMATION :
Jesús Filardi
(chant, claviers)
Jose Bautista
(basse, guitare)
Nacho Serrano
(guitares électrique et acoustique)
Alex Roman
(piano, claviers)
Renato di Prinzio
(batterie)
EXTRAITS AUDIO :
GALADRIEL
"Muttered Promises From An Ageless Pond"
Espagne - 1988 - Muséa - 55:00
"Chasing The Dragonfly"
1992 - Muséa - 47:56
"Mindscapers"
1997 - Muséa - 61:08
Si l'Espagne fut par le passé un pays particulièrement réceptif aux valeurs progressives, il faut avouer que depuis les années 80, rares sont les formations ibériques à perpétuer cette tradition, et a fortiori à durer. Le cas de Galadriel est d'autant plus remarquable dans ce contexte. Le groupe mené par Jesús Filardi sort enfin, après une longue absence et maintes péripéties, un troisième album qui confirme son importance sur la scène progressive internationale.
«Je me rappelle avoir découvert le rock progressif à l'âge de 17 ans, grâce à un ami... et cela a totalement bouleversé ma vie», raconte Jesús Filardi, l'âme et la voix du futur Galadriel, alors bien loin de soupçonner la carrière qui l'attend ! En 1982, il monte son premier groupe, The Magic Of Fire. A ses côtés, on trouve déjà le guitariste Manolo Pancorbo, ainsi qu'un bassiste et un claviériste. Totalement inexpérimentés, mais munis d'une détermination à toutes épreuves, les musiciens donnent leur premier concert en 1983. La leçon principale qu'ils en tirent est d'apprendre, encore et toujours apprendre... «Quant j'ai écouté l'enregistrement de ce concert, c'était terrible, je ne supportais pas ma voix, et nous avions tous l'air d'être perdus dans notre bulle, sans nous préoccuper de ce que faisaient les autres».
Ce soir-là, The Magic Of Fire partage la scène avec un autre groupe, Algor, qui bénéficie d'un petit succès local. A la suite du départ de son chanteur au service militaire, Jesús est sollicité pour le remplacer. C'est pour lui une occasion inespérée de se perfectionner. Hélas, ses compagnons de Magic Of Fire ne voient pas ça d'un très bon œil, et décident d'arrêter, une attitude que Jesús juge rétrospectivement «très immature»... Pourtant, lorsqu'il quittera Algor, trois ans plus tard, il retrouvera Manolo Pancorbo. Et les deux amis, sans rancune, partageront à nouveau leur passion pour la musique.
C'est la rencontre fortuite, lors d'un concert de Marillion en 1985, avec un certain Angel Romero, qui va précipiter les choses. C'est en effet lui qui va présenter à Jesús et Manolo les trois musiciens avec lesquels ils vont former Galadriel : le claviériste David Aladro, le bassiste Pablo Molina et le batteur Oscar Perez, bientôt suivis par un second guitariste, Manolo Macia. Autant dire que Romero est presque un membre à part entière du groupe !
En septembre 1986, Galadriel réalise son premier enregistrement, une cassette de 15 minutes, intitulée La Escalinato. Il en envoie des copies un peu partout et, un beau jour de 1987, une réponse plus intéressante que les autres lui parvient : Steve Wilson (oui, celui de Porcupine Tree !), instigateur des compilations Exposure, leur propose d'enregistrer un morceau pour l'inclure dans la deuxième édition : «Summit», un 'épic' de onze minutes. A ce moment-là, Cidon Trindade a remplacé Oscar Perez, parti au service militaire.
La prestation du groupe sur Exposure suscite de nombreux éloges. Galadriel se met donc au travail, afin d'élaborer un répertoire suffisant pour constituer un album. Faute de moyens, celui-ci mettra plus d'un an à se concrétiser. Entre-temps, le bassiste Pablo Molina déclare forfait; il ne sera pas remplacé. Muttered Promises From An Ageless Pond sort en septembre 1988, d'abord au seul format vinyle.
Si ce premier opus fut acclamé en son temps (n'oublions pas que Galadriel était bien isolé à l'époque !), il faut bien reconnaître aujourd'hui qu'il s'apparente davantage à un document qu'à un album réellement construit. Fait de bric et de broc, enregistré dans quatre studios différents, compilant des morceaux de diverses époques, il est loin d'une réussite majeure. Jesús Filardi ne conteste pas ces défauts. Même la qualité sonore n'est pas la meilleure qui soit. Un certain charme opère pourtant. L'empreinte de Jesús Filardi, pourtant cantonné au chant et à l'écriture des textes, est nettement sensible sur l'ensemble des compositions. Féru de littérature fantastique, il utilise le registre de l'heroic-fantasy (cf. le nom du groupe qui est bien sûr inspiré du «Seigneur des Anneaux» de Tolkien) pour conférer à la musique, déjà baroque et colorée, un surcroît de souffle épique. Mais son chant n'est pas encore à son meilleur niveau (à noter sa façon de rouler les «r» sur «Summit», à la manière de Peter Gabriel), et les effets sur la voix sont loin d'être maîtrisés, si l'on en juge par la très moyenne prestation des chœurs «yessiens» de «Lageda» !
La grande compétence des musiciens (auxquels on peut ajouter le violoniste Alfredo Garcia) camoufle mal, sur des titres comme «Lageda» ou la longue suite de vingt minutes, «Landhal's Cross», une absence de véritable construction. Encore très imprégné du Genesis des années 70, Galadriel lorgne sur «Supper's Ready», mais ne parvient pas à assembler ses thèmes de façon coulée. Tour à tour calme ou nettement plus rock, parfois à coloration médiévale, la musique manque d'unité, même si l'on peut apprécier cet agréable jeu d'oppositions aux multiples rebondissements.
L'omniprésence du piano, dans un registre classique contemporain, reste la seul dérogation notable aux conventions du genre. David Aladro tente d'explorer des contrées novatrices, entre harmonies et dissonances. Partiellement réussie, cette expérimentation génère plusieurs passages intéressants. On lui doit notamment l'atmosphère oppressante qui émane de «To Die In Avalon» (10:00), et surtout, sur «Summit» (titre, avec le court «Nunca De Noche», chanté en espagnol, qui sera rajouté sur la version CD sortie par Muséa en 1990), un saisissant effet de contraste entre les parties chantées, mystérieuses et lyriques, et le développement instrumental torturé.
Ce morceau demeure d'ailleurs le plus réussi de l'album (qui comporte également deux courts instrumentaux). Globalement, la musique ne décolle pas assez, et même si ce trait particulier est l'une des caractéristiques fondamentales du style Galadriel, il n'est pas encore parvenu à un stade de maturation suffisamment probant. Ce premier album a néanmoins l'avantage d'être une oeuvre sans concessions, véritable reflet du travail de musiciens passionnés. Un engagement artistique qui porte en lui les germes des réussites à venir...
Alors que Muttered Promises... est en cours de fabrication, Manolo Macia annonce son départ. Alfredo G. Demestres, multi-instrumentiste (guitare, claviers et violon), le remplace, et Marco do Santos, un brésilien, intègre le groupe au poste de bassiste resté vacant pendant plusieurs mois. Au même moment, Galadriel entame une fructueuse collaboration avec l'équipe Muséa, qui prend en charge la version CD de l'album.
Les ventes de l'album seront satisfaisantes (2000 albums à l'époque), et les perspectives d'avenir paraissent prometteuses. Quelques concerts sont donnés en Espagne, et un nouveau répertoire est mis en chantier. A une formation fortement remaniée (puisque seuls Filardi et Pancorbo sont là depuis le début) va correspondre une orientation musicale plus diversifiée. Galadriel ne veut pas se répéter, et souhaite affirmer une personnalité propre, qui se démarque davantage des références trop marquées de son galop d'essai (les ténors «anglais» des années 70). Quand, en 1992, sort son second album, c'est vraiment un tout nouveau visage que présente le groupe espagnol.
Chasing The Dragonfly représente en effet une œuvre notable par sa maîtrise et son équilibre. Il se compose de deux courts instrumentaux et de quatre morceaux chantés, dont une suite de 19 minutes, «The Gray Stones Of Escalia», qui conclut l'album de la plus brillante des manières.
Pour l'occasion, le quintette madrilène s'est entouré de nombreux invités aux multiples talents, conférant ainsi à sa musique une richesse et une densité supplémentaires. On y retrouve, greffés sur une base classisante, nombre d'emprunts au jazz et au folklore ethnique. Une fusion qui est chère à notre culture progressive, d'autant qu'elle est réalisée avec à-propos et intelligence.
Dès les premiers arpèges, la voix de Jesús Filardi, cette fois parfaitement affirmée (et toujours dans un anglais impeccable) emplit l'espace en se mettant au service de textes d'une indéniable richesse et profondeur poétiques. Le morceau d'ouverture, «Senshi», est également prétexte à un superbe développement instrumental : guitare aérienne façon Pat Metheny, solo de violon et accords de flamenco. Signé également par Manolo Pancorbo, «Alveo» est un exemple réussi de fusion rock/classique sur la base du boléro, avec rythme syncopé et superposition progressive des instruments. L'apparente sensation d'indolence (reproche caractéristique adressé à Galadriel) qui s'en dégage s'efface rapidement devant la richesse des harmonies et la lente montée en puissance au final très énergique. «Merciless Tides», dû à A.G. Demestres, s'avère plus énergique, tout en insérant des passages d'une agréable douceur. Enfin, le morceau de bravoure de l'album est l'œuvre du seul Jesús Filardi, et en dit long sur ses capacités de compositeur : «The Gray Stones Of Escalia». Illustration presque biblique, cette musique semble provenir d'une authentique inspiration mystique, et possède une réelle puissance incantatoire. Ambiances lourdes et pesantes, déchaînements passionnés et passages empreints de plénitude créent une tension presque palpable, et libèrent tout un flot d'émotions intenses. Voilà une musique qui, sans être difficile d'accès, demande un effort d'attention; mais pour qui veut s'en donner la peine, il y a au bout du chemin un plaisir véritable.
Avec ce second album, très différent du précédent, Galadriel affiche une nouvelle ambition et se crée un univers bien particulier, assez éloigné des «standards» du rock progressif. Hélas, son horizon va peu à peu s'assombrir, et Jesús Filardi se retrouver bien seul...
Peu après la réalisation de Chasing The Dragonfly, le groupe est sollicité par plusieurs concerts, notamment en France et en Italie. Jesús Filardi se met également au travail sur de nouvelles compositions, mais bien vite ses compagnons le quittent les uns après les autres, pour de multiples raisons (cf. entretien). Pour lui, c'est une période de doute et d'incertitude quant à l'avenir... Galadriel n'est pas loin de cesser d'exister.
Heureusement, la volonté est parfois récompensée, et à force de persévérance, Jesús va petit à petit remonter la pente, trouver de nouveaux musiciens, et s'attacher à peaufiner un répertoire (qu'il avait déjà écrit au moment de la période la plus trouble de l'existence de son groupe).
Nous voici donc en octobre 1997. Dix ans après ses premiers efforts discographiques, Galadriel présente son troisième album, intitulé Mindscapers...
Composé presque exclusivement par Jesús Filardi (à l'exception de certains arrangements et du dernier titre, en forme de clin-d'oeil, dû au bassiste José Bautista), ce nouvel opus respire le Galadriel à pleins poumons, tout en innovant et en se renouvelant. Les sept compositions (de 3:10 à 16:08, pour un total de plus d'une heure) alternent en effet les passages fiévreux et les accalmies très douces, ces fameux moments où l'on a de prime abord l'impression qu'il ne se passe rien de particulier. Plusieurs titres sont d'ailleurs composés et joués avec humilité, sans fioritures, sans effets excessifs, sans remplissage intempestif. Le meilleur de ceux-ci est sans doute «Soft As A Feather» (9:12), qui culmine en un somptueux dialogue final piano/guitare. Le nouveau claviériste, Alex Roman, pianiste avant tout, utilise son instrument de prédilection avec beaucoup de délicatesse et de raffinement. C'est (avec l'orgue, néanmoins) le principal clavier de l'album, les synthétiseurs (utilisés en accompagnement orchestral) demeurant plus discrets. Quant au guitariste, Nacho Serrano, c'est la vraie révélation de l'album, et son jeu au toucher très 'latimerien' devrait en ravir plus d'un.
Mindscapers s'ouvre sur un titre plus rock, «The Probe» (6:54), qui met en lumière la richesse des arrangements concoctés par Jesús Filardi. Hélas, il fait aussi apparaître un «trop-plein» d'idées pas toujours suffisamment exploitées, et les trop nombreux thèmes, exposés sur quelques secondes seulement, ont bien du mal à s'imposer et à laisser un souvenir bien acquis. Ce défaut (qui n'est pas sans rappeler ce qu'on disait du second album des italiens de Moongarden) est heureusement gommé sur le morceau-titre, longue suite à la structure similaire, mais cette fois les bruitages, évoquant des atmosphères d'expédition spatiale, et l'enchevêtrement des thèmes, parviennent à créer des climats très prenants et pour tout dire passionnants. La voix de Jesús Filardi, excellente dans les parties les plus calmes (où il va jusqu'à évoquer subrepticement Steve Hogarth !) reste l'élément central du morceau, mais les parties instrumentales sont également nombreuses. On n'a pas affaire à un chanteur envahissant, et il sait que la musique doit respirer (d'ailleurs, il faut bien avouer que dans les moments les plus rock, sa voix est un peu plus quelconque). De plus, il use d'effets sonores (comme le brouillage violent sur «Run For Cover») qui lui permettent de varier sa palette et donc d'éviter toute lassitude.
L'autre morceau de bravoure de l'album est ce fameux titre, «Run For Cover» (11:37), très surprenant au premier contact, mais véritablement excellent. Galadriel n'a jamais été aussi violent, aussi tendu, et la guitare de Nacho Serrano fait à nouveau des merveilles. La section rythmique (José Bautista, qui joue de la Warr Guitar, instrument similaire au stick dont joue également Trey Gunn dans King Crimson, et Renato di Prinzio à la batterie) a elle aussi l'occasion de s'exprimer plus librement ici, après sa relative discrétion sur les titres plus calmes. La production impeccable (c'est le meilleur album de Galadriel de ce point de vue) renforce l'impression d'un travail d'écriture peaufiné, d'arrangements et d'interprétation. Voilà une musique bien difficile à rattacher à une quelconque référence (on est bien loin de Muttered Promises...), mais fondamentalement progressive.
Ce troisième album arrive à un moment clé pour le groupe. Les musiciens n'ont jamais paru plus soudés, plus fiers de leur travail, et sont prêts à tout pour le promouvoir. Avec tous les instrumentistes qu'il a rassemblés, Jesús Filardi peut espérer de beaux lendemains pour son groupe (NB : la suite de l'histoire nous aura malheureusement donné tort, puisqu'il aura fallu attendre plus de dix ans pour voir enfin parître le successeur de Mindscapers, Callibrated Collision Course, paru fin 2008). Surtout si tous participent activement à l'écriture musicale. En attendant, ne manquez pas cet album superbe réalisé par des esthètes donnant vie à un art, certes hétérodoxe, mais en tout point véritable...
Christian AUPETIT et Olivier CRUCHAUDET
Entretien avec Jesús FILARDI :
Peux-tu nous revenir sur les années qui séparent le précédent album de Galadriel, Chasing The Dragonfly, et le nouveau ?
Après la sortie de l'album et les concerts que nous avons donné, notamment en France à Paris et Bordeaux, j'ai commencé à travailler seul sur de nouveaux morceaux, principalement à l'aide de séquenceurs. Puis les problèmes sont arrivés : certains musiciens devaient déménager, d'autres étaient trop pris par leur travail, d'autres encore se sentaient désormais trop âgés pour continuer... Bref, le groupe a été «kaput» en moins de temps qu'il ne faut pour le dire ! Je me suis donc retrouvé seul, assez désemparé. En 1994, je me suis rendu au Progfest à Los Angeles, en compagnie des responsables de Muséa, et assister à ce festival m'a redonné envie de faire de la musique. Je me suis dit que Galadriel devait continuer, coûte que coûte !

Tu as donc recruté de nouveaux musiciens...
Oui. Petit à petit, les musiciens venaient, jouaient un peu, restaient ou repartaient. Peu à peu, un noyau dur s'est constitué. Nous nous sommes mis à répéter les morceaux que j'avais composés, et puis nous avons reçu cette invitation à jouer au Progday'96 en Caroline du Nord. Peter Renfro, l'organisateur, était un grand fan, et malgré les problèmes techniques que nous y avons eu, ce concert reste un grand moment pour moi et les autres membres du groupe. Surtout, une fois rentrés en Espagne, nous nous sommes dit : «Bon, maintenant, il faut y aller, c'est le moment ou jamais !». Nous avons donc acheté de l'équipement, et commencé a répéter sans relâche pour préparer l'enregistrement de l'album. Les séances ont eu lieu en mars dernier.
Pourquoi les autres musiciens n'ont-ils pas participé davantage à l'écriture ?
C'est vrai, les textes et la musique sont de moi à 90%. Il n'y a que José qui ait composé un titre, le dernier. C'est un morceau très doux, une sorte d'hommage à un vieil ami à moi. C'est l'histoire d'un vieux train du Far West, et il y a la voix de ce type qui annonce le départ, et le prochain arrêt qui est un arc-en-ciel. C'est un peu triste, car lorsque le train finit par partir, il n'y a plus personne, les gens sont partis ailleurs, vers quelque chose qu'ils espèrent être meilleur... Mais pour revenir à la question, les autres musiciens ont pu amener leurs propres idées, car mes morceaux n'étaient pas toujours complètement finis. Les arrangements ont donc été conçus de façon collective. Il n'y avait pas volonté de mainmise de ma part, c'est simplement que l'initiative de cet album est née de moi seul. A l'avenir, ce sera sûrement différent.
Contrairement aux albums précédents, on ne trouve pas sur Mindscapers de morceaux instrumentaux. Par contre, les compositions sont toutes assez longues, un peu comme s'il s'agissait de mini-épopées...
Il n'y a rien de calculé là-dedans. Mais il est vrai que j'aime développer de vraies histoires, et il est difficile d'y parvenir en trois ou quatre minutes. Beaucoup de sujets très différents m'inspirent, qu'ils soient spirituels ou sociaux. J'aime m'évader mentalement, en inventant des histoires, parfois belles, parfois un peu moins...
Quelles sont tes influences en tant que compositeur et chanteur ?
Oh, un peu tout, et pas seulement le rock progressif. Evidemment j'adore le prog anglais des années 70, mais aussi le jazz, le classique, l'opéra, le rock... oui, tout ! Aujourd'hui, je crois que Galadriel est un groupe beaucoup plus mature, et beaucoup plus original. Tout ce que nous avons en nous est assimilé, pour tenter de produire la musique que nous aimons, sans essayer de ressembler à quelqu'un d'autre... ou le faire sans le vouloir !
Comment situes-tu, du point de vue du style général, Mindscapers par rapport à ses deux prédécesseurs ?
Je le trouve beaucoup plus homogène, plus «clair»... Je crois vraiment que nous sommes bien meilleurs aujourd'hui, c'est là que je vois la différence principale ! Nous sommes tout à fait libres de produire la musique que nous voulons, et c'est un avantage énorme. Personne n'est là pour nous dire «non, ça c'est trop long», ou «ça ne va pas». Muséa nous fait confiance, et nous leur en savons gré.
Dernière question : penses-tu qu'un autre album pourrait rapidement voir le jour... enfin, d'ici moins de cinq ans ?
Cela dépend un peu du succès de Mindscapers. S'il marche, tout le monde sera motivé pour continuer. Et si nous pouvons donner des concerts, ils n'auront pas l'impression d'avoir perdu leur temps, et nous serons tous plus enclins à nous investir et partir vers de nouvelles aventures musicales...
(chroniques et entretien parus dans Big Bang n°22 - Septembre/Octobre 1997)


